Politique industrielle : le gouvernement remet un peu d'ordre

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Emmanuel Macron compte rapprocher les objectifs des pôles de compétitivité de ceux de la Nouvelle France industrielle
Emmanuel Macron compte rapprocher les objectifs des pôles de compétitivité de ceux de la Nouvelle France industrielle (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Lundi, lors du Conseil des ministres, Emmanuel Macron a annoncé le rapprochement prochain des pôles de compétitivité et du programme de la Nouvelle France industrielle.

Un peu de cohérence ne saurait nuire. Ce lundi, lors du Conseil des ministres, Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie a annoncé que les pôles de compétitivité se rapprocheraient bientôt des objectifs poursuivis par la Nouvelle France industrielle.
Concrètement, cette réforme, qui sera détaillée avec plus de précisions dans quelques semaines, consistera à rapprocher les objectifs des 71 pôles, créés en 2005 par Dominique de Villepin alors à Matignon, avec ceux de la politique de la Nouvelle France industrielle, notamment l'Industrie du Futur.

Une meilleure lisibilité

Le ministre souhaite également une " meilleure lisibilité " de l'organisation des pôles de compétitivité en identifiant les pôles les plus en lien avec chacune des neuf solutions industrielles, parmi lesquelles " les nouvelles ressources ", " les villes durables ", " les objets intelligents "... Ce n'est pas tout. Cette organisation sera adaptée aux nouvelles compétences des régions en matière de développement économique, " ce qui leur permettra de mieux s'impliquer dans cette action " et devra " s'articuler étroitement avec les acteurs de l'enseignement supérieur et de la recherche, notamment les groupements d'universités et d'établissements ", explique le compte-rendu du Conseil des ministres.

" C'est cette articulation entre les compétences nationales et régionales qu'il reste à définir ", explique Jean-Luc Beylat, le président de l'Association française des pôles de compétitivité (AFPC) qui rêve de coopérations interrégionales efficaces dans le futur, certains secteurs comme la santé, l'agroalimentaire ou l'aéronautique ayant des pôles de compétitivité répartis dans plusieurs régions

Évaluation des performances

Parallèlement à cette réforme d'envergure, un cabinet d'experts indépendants évaluera les performances des pôles au premier semestre. Ce n'est pas une surprise. Cet audit était prévu lors du lancement de la troisième phase des pôles, qui s'étend de 2013 à 2018, dont l'objectif est de de renforcer les retombées économiques de leurs actions.

Ce n'est pas vraiment la première fois qu'ils passeront au banc d'essai. En 2011 et en 2012 déjà, la politique publique des pôles avait été auditée avec, à la clé, quelques délabellisations qui avaient fait grincer des dents. En effet, la perte du statut de label est susceptible de nuire à l'attractivité d'un territoire.

" Avec cet alignement des objectifs dans le domaine industriel, le gouvernement consacre l'importance cruciale des pôles dans le renouveau industriel tricolore ", estime Jean-Luc Beylat. Ce ne fut pas toujours le cas. En 2015, il s'en est fallu de peu pour que les crédits de fonctionnement accordés aux pôles par l'Etat, proche de 22-23 millions d'euros, soient réduits.

Un grand ménage

Ce n'est pas la première fois que le ministre de l'Economie fait le ménage. En septembre 2014, quelques semaines après son arrivée à Bercy, Emmanuel Macron avait déjà procédé à de sérieuses retouches. Sur les 34 plans initialement prévus par son prédécesseur à Bercy, Arnaud Montebourg, il n'en reste plus que 9. " Neuf solutions industrielles pour neuf marchés prioritaires ", martelait alors Emmanuel Macron. Il n'y a désormais plus qu'à attendre et à espérer que cette politique industrielle, renforcée par les pôles de compétitivité, produise enfin ses effets. Pour l'instant, seule la baisse des cours du brut permet à l'industrie de sortir la tête de l'eau.

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Commentaires
a écrit le 06/01/2016 à 7:53 :
M. Macron devrait lire et comprendre la note n°6 du conseil d'analyse économique, en particulier la page 12.
a écrit le 05/01/2016 à 19:32 :
Le prophète de l 'industrie française devrait faire la grande lessive chez les fonctionnaires avant de parler du grande ménage de l économie francaise!
a écrit le 05/01/2016 à 15:07 :
Avons nous transféré la majeur partie de nos activités industrielles vers les pays à faible coût, oui ou non ?
Alors la relance de l'activité par "un jeune vieux" qui raisonne comme à la fin du 19° siècle et au 20° siècle, j'ai comme un doute.
a écrit le 05/01/2016 à 14:24 :
Depuis 2010, on a fait des Etats pour l’industrie, l’automobile entre 2012 et 2015 a baissé de 17% par rapport à 2007-2011. L’Etat a-t-il relancé l’industrie et lesquelles. Par exemple, on parle d’une filière bois avec 250 rapports, des exportations de bois ronds et des importations de mobilier en provenance de nos voisins et d’Asie. Avons-nous un souci industriel en particulier la valeur ajoutée, on entend dire qu’on perdrait des emplois par déficit d’investissement ? Peut-on expliquer que depuis 2007, le pib par tête est en baisse et que la consommation au pib est limitée à 55%. On publie que l’industrie financière croulerait sous les liquidités en record de faillites, faisons-nous une politique déflationiste à faible croissance. Par exemple, au Japon, la croissance est plus faible qu’aux usa. De même, conduisons-nous une politique antisémite ou de conflits à certaines populations, fait-on un Edit de Nantes secret ? Ne devrait-on critiquer la politique de discrimination aux diplômés dans l’emploi, en particulier le fort chômage en Europe qui n’existe pas ailleurs. L’euro n’est-il pas inadéquats aux configurations économiques vu les disparités de productivité. On parle d’un sursis pour l’euro, l’Europe n’est-elle pas un boulet pour le monde en termes de croissance, l’indice bigmac n’est-il pas élevé. Ne devrait-on remettre en cause le système économique européen entre laxisme et rigueur sans politique d’offre ? Les biens et services en France ne sont-ils pas en stagnation ? Faisons-nous dans l’idolâtrie de l’Etat et l’application à géométrie variable des droits, par exemple, on recenserait des maltraitances au travail avec des salariés poussés au suicide et peu de droits avant 25 ans. On parle de conflit civils, des pompiers ou militaires seraient pris pour cible, la France ne représente-t-elle pas un danger pour l’économie européenne et mondiale ? Après crise l’Europe est incapable de créer de la croissance et des emplois. La monnaie produite en record de faillites sert à l’investissement improductif dans des logements chers, on parle d’une pénurie d’offre. Nos résultats en termes d’idh ne sont-ils pas moins bons que d’autres ? L’euro n’est-il pas responsable de la désindustrialisation et de la sous compétitivité des pays du sud ? N’est-il pas coupable de production de monnaie qui ne sert à rien en record de faillites et d’alimenter la spéculation ? Les statuts de la BCE ne sont-ils pas détournés quand on subventionne des banques qui ne financent pas la croissance mais des obligations d’une économie de dette qui marche sur la tête en diminuant le produit par tête ?
a écrit le 05/01/2016 à 14:14 :
Avec des fonctionnaires dans ces trucs que voulez vous qu il en sorte ????
Réponse de le 05/01/2016 à 15:16 :
Les obsessions personnelles ne sont pas un facteur d'analyse pertinent.
a écrit le 05/01/2016 à 14:14 :
Avec des fonctionnaires dans ces trucs que voulez vous qu il en sorte ????
a écrit le 05/01/2016 à 14:12 :
Depuis 2010, on a fait des Etats pour l’industrie, l’automobile entre 2012 et 2015 a baissé de 17% par rapport à 2007-2011. L’Etat a-t-il relancé l’industrie et lesquelles. Par exemple, on parle d’une filière bois avec 250 rapports, des exportations de bois ronds et des importations de mobilier en provenance de nos voisins et d’Asie. Avons-nous un souci industriel en particulier la valeur ajoutée, on entend dire qu’on perdrait des emplois par déficit d’investissement ? Peut-on expliquer que depuis 2007, le pib par tête est en baisse et que la consommation au pib est limitée à 55%. On publie que l’industrie financière croulerait sous les liquidités en record de faillites, faisons-nous une politique déflationiste à faible croissance. Par exemple, au Japon, la croissance est plus faible qu’aux usa. De même, conduisons-nous une politique antisémite ou de conflits à certaines populations, fait-on un Edit de Nantes secret ? Ne devrait-on critiquer la politique de discrimination aux diplômés dans l’emploi, en particulier le fort chômage en Europe qui n’existe pas ailleurs. L’euro n’est-il pas inadéquats aux configurations économiques vu les disparités de productivité. On parle d’un sursis pour l’euro, l’Europe n’est-elle pas un boulet pour le monde en termes de croissance, l’indice bigmac n’est-il pas élevé. Ne devrait-on remettre en cause le système économique européen entre laxisme et rigueur sans politique d’offre ? Les biens et services en France ne sont-ils pas en stagnation ? Faisons-nous dans l’idolâtrie de l’Etat et l’application à géométrie variable des droits, par exemple, on recenserait des maltraitances au travail avec des salariés poussés au suicide et peu de droits avant 25 ans.
a écrit le 05/01/2016 à 13:56 :
Après 4 ans déjà ... ! de la création bluffante du Ministère du Redressement Productif....où est ..? le redressement et qu'a t'il produit ...? nous sommes extrêmement anxieux de connaître son bilan ..? et surtout , combien à couter à nos impôts .., cette fumisterie socialiste...
a écrit le 05/01/2016 à 13:53 :
La baisse du pétrole aide l économie mais il y a aussi :
La baisse de l euro face au dollar
Les taux bas pour emprunter
Il faudrait un peu de confiance, une stabilisation de l eco mondiale, libérer un peu l eco nationale ( moins de papiers + moins de textes ... + une petite poussée pour le bâtiment afin de relancer la machine)
Et on pourrait espérer a une sortie de l ornière !
a écrit le 05/01/2016 à 13:30 :
Macron President! Enfin un gars qui a de la suite dans les idées, et qui ne raisonne pas clientélisme et usine à gaz!
a écrit le 05/01/2016 à 13:23 :
En France on croit encore que c'est l'état qui fait l'emploi et la prospérité. Ces fonctionnaires donneurs de leçons et bouffeurs de richesse devraient s'effacer et démissionner. Si la France ne réduit pas sa dépense publique elle ne se redressera pas. Il faut LIBERALISER vite et radicalement.
Réponse de le 05/01/2016 à 14:07 :
En France, nous avons des industriels qui demandent moins de taxes , moins de dépense publique et du libéralisme.
Au moindre problème, le patronat demande des subventions de l'état ( nos impôts) qui creusent le déficit.(exemple Peugeot, le système bancaire etc...)
Sans compter les entreprise qui exigent des collectivités et l'état de construire des autoroutes et ronds - points souvent inutiles (économiquement).

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