Pour l'OFCE, 2016 sera la vraie année de la reprise

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Selon l'OFCE, le taux de chômage pourrait baisser de 10% fin 2015 à 9,7% fin 2016, puis 9,4% en 2017
Selon l'OFCE, le taux de chômage pourrait baisser de 10% fin 2015 à 9,7% fin 2016, puis 9,4% en 2017 (Crédits : © Giorgio Perottino / Reuters)
Dans ses dernières prévisions, l'Observatoire des conjonctures économiques table sur une croissance française de 1,8% en 2016 puis de 2% en 2017. L'investissement des entreprises devrait - enfin- croitre de 4% l'année prochaine et le taux de chômage tomberait à 9,7%.

La croissance revient mais lentement, très lentement. Les nouvelles prévisions économiques de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFE) sont plutôt positives pour la zone euro en général et la France en particulier. Mais ce retour de la croissance n'est pas très vigoureux, notamment en raison du poids du passé récent : la France paie toujours et encore sept ans de désinvestissement. Ainsi, en 2015,  l'investissement total en volume est encore 9,3% en-dessous de son niveau d'avant crise fin 2007. Dit autrement, actuellement, la France investit annuellement près de 40 milliards d'euros de moins qu'au cours des quatre trimestres qui ont précédé la faillite de Lehmann Brothers.

L'année 2015 plombée par l'absence d'investissements...

Du côté du marché du travail, les sureffectifs dans les entreprises, analysés au regard du cycle de productivité, sont de l'ordre de 100.000 salariés au 2ème trimestre 2015 et les taux d'utilisation des équipements ne sont pas encore revenus à leur moyenne de long terme. Dit autrement, les entreprises disposent donc de réserves de productivité, ce qui ne les incitent pas du tout à embaucher. C'est l'une des principales causes du chômage, beaucoup plus primordiale que le poids du code du travail...

Mais, promis juré selon l'OFCE, la tendance va se redresser en 2016 et surtout en 2017. Pour 2015, avec un taux de croissance du PIB de 0,3% au troisième trimestre, puis de 0,4% au quatrième, soit des rythmes équivalents à ceux de la croissance potentielle, la progression du PIB devait atteindre in fine sur l'année 1,1%. Ce qui permettrait de stabiliser le taux de chômage à son niveau actuel de 10% de la population active.

Mais l'investissement des ménages en baisse de 3,6% et celui des administrations publiques (en diminution de 2,6%) continuent de plomber l'activité et expliquent en grande partie cette croissance molle insuffisante pour faire baisser le chômage.

... qui devraient rebondir en 2016

Pour l'OFCE, 2016 serait donc la vraie première année de la reprise avec un PIB en croissance de 1,8%, soit le même niveau que celui de la zone euro. Surtout, on devrait assister à un vrai redémarrage des investissements des entreprises non financières. Alors que leur taux d'investissement atteignait un petit 1,5% en 2015, il devrait grimper à 4% l'année prochaine. Selon Mathieu Plane, économiste à l'OFCE, en effet, « tous les facteurs d'une reprises de l'investissement sont réunis ». D'abord le taux de marge des entreprises se redresse sans discontinuité depuis la mi-2014 : il était de 29,5% fin 2014, il grimperait à 31,1% de la valeur ajoutée en 2015, puis à 31,8% en 2016 et à 32% en 2017. Et ce grâce à la baisse des prix du pétrole, à la montée en charge du CICE et au pacte de responsabilité. Ensuite, les taux d'intérêt restent à des niveaux faibles et les perspectives d'activité s'améliorent. La consommation des ménages resterait également soutenue en 2016 (+1,6%), notamment grâce aux créations d'emplois. Car, c'est la bonne nouvelle selon l'OFCE, l'emploi total progresserait de 200.000 postes en 2016. Or, comme la population active ne croîtrait naturellement « que » de 135.000 personnes, le chômage commencerait à réellement diminuer. Le taux de chômage descendrait ainsi fin 2016 à 9,7% contre 10% en 2015. Et en 2017, ce sont 239.000 postes qui seraient créés et le taux de chômage régresserait encore à 9,4%.

Le déficit public, lui, se réduirait de 0,5 point de PIB (passant de 3,7 à 3,2 points de PIB), sous l'effet de la remontée des recettes fiscales avec la reprise de l'activité mais aussi en raison des économies réalisées sur la dépense publique dans le cadre du plan de réduction de 50 milliards d'euros sur trois ans. A cet égard, effet notamment de la baisse des dotations aux collectivités locales, les investissements publics reculeraient  encore de 2,6% en 2016.

Attentions aux facteurs de croissances très volatils !

Des données encourageantes donc... Mais qui ne constituent pas encore une réalité. Car de nombreux facteur sur lesquels reposent ces perspectives s'avèrent très volatils. De fait, l'OFCE a basé ses prévisions sur un prix de baril de pétrole stable à 50 dollars en 2016 et 2017 et un taux de change de l'euro à 1,05 dollar, toujours sur ces deux années. Enfin, il ne faudrait pas que se produise un nouveau tour de vis budgétaire - mais à l'approche des échéances électorales cela paraît peu probable - ou que le ralentissement chinois et la normalisation attendue de la politique monétaire de la Fed (relèvement des taux) déclenche une crise financière.

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a écrit le 16/10/2015 à 13:19 :
Bien sûr, 2016 sera l'année de la reprise, ben tiens ! Entre tous les voyants qui sont passés au rouge et commencent à clignoter à l'internationale et la diminution des dotations de l’État au plan national, sans compter les divers problèmes genre retraites complémentaires à financer d'urgence, tu parles que l'année prochaine va être l'année de la reprise !! Si déjà on arrive à passer Noël sans catastrophe, ça sera déjà pas mal ...
a écrit le 16/10/2015 à 8:10 :
Nous disposons d'outils mathématiques spéciaux , permettant ce type de calculs , et vous ne le savez sans doute pas mais il y a des économistes français extrèmement recherchés à l'étranger.
Balayer d'un revers de main indélicat et compulsif la valeur professionnelle des opérateurs les plus prestigieux du pays , revient à cracher sur Polytechnique , l'Ecole Nationale Supérieure des Techniques Avancées , l'Université Française ( sous-dotée dramatiquement ).
L'auto-flagellation française repose-t-elle sur une réalité de faits ou sur le sentiment de culpabilité ou autre complexe justifié de ceux qui pratiquent cette monomanie onastique ?
a écrit le 16/10/2015 à 5:33 :
Madame Irma a parlé. Elle a donné ses prédictions à son client, notre Président. En 2012, pendant la campagne présidentielle, les prévisions de croissance prévu, avec un pétrole cher, un euro pas au même prix que maintenant, des taux emprunts beaucoup plus haut sont à peu près du même niveau. Quelqu'un peut m'expliquer?
Peuvons nous encore croire ses instituts? Un état peut-il les poursuivre en justice? Pour escroquerie?
Rendez-vous dans dans quelques semaines pour une révision de la croissance mondiale.
a écrit le 15/10/2015 à 20:24 :
L'OFCE est une officine assez partisane. Tout ça ressemble beaucoup plus à l'incantation ou à la méthode Coué qu'à une prévision sérieuse, aucun verrou à la croissance française (droit et coût du travail, 35 heures, règlementation excessive, fiscalité trop lourde...) n'ayant été levé.
a écrit le 15/10/2015 à 20:03 :
C'est exactement ce que j'écrivais ici-même , il y a deux ans.
A l'époque , impressionné par la qualité des articles et intervenants , j'avais adopté un nom bien breton... Le Keradec.
Mon argument principal était le raccourcissement des cycles.
J'avais donc fait une moyenne et sous-pondéré le facteur T , temps. Ce qui donnait un cycle de 6. ( 2010-2016 , Bornes. ). 2007 + 3 pour 3 ans pour la propagation de l'onde.
Habituellement , j'ai trop de travail , mais je savoure ces échanges avec vous , Français , qui êtes pour nous , quoi que l'on en dise , un Peuple Merveilleux...
Réponse de le 16/10/2015 à 9:00 :
faut quitter les equations differentielles et les gmm et discuter avec les gens vous comprendrez pourquoi ca va pas repartir
par contre ca sera visible expost dans vos modeles sous une forme structural break...
cordialement
a écrit le 15/10/2015 à 18:34 :
l'econometrie, c'est bien pour calculer la croissance au trimestre suivant... s'aventurer a 1 an et demi, c'est comme faire une prevision meteo a 15 jours..... on sait que ca va etre revise fortement dans une grande majorite des cas ( cf theorie du chaos)
le pb c'est qu'ils se basent sur des modeles caeteris paribus, alors que tt le monde a adapte son comportement au desinvestissement massif et a la prise de risque 0, vu la remuneration nette apres impots et les volees d'insultes qui vont bien ( et on ne parle pas de l'instabilite permanente ...)
ca c'est pas dans les modeles macroeconometriques qui seront revises ' a la plus grande stupeur effaree des experts'........... on en reparle en rigolant dans un an et demi..... ( si par hasard la croissance mondiale devait se deteriorer, je reviserai meme mes previsions... a la baisse! ;-))) )
a écrit le 15/10/2015 à 18:27 :
Tout ça est -il basé sur la promesse de Hollande de ne pas augmenter les impôts ?? Parce que si oui... c'est raté ! ...et n'importe quel français peut le prévoir tout seul !
a écrit le 15/10/2015 à 18:24 :
Tous ces espoirs sont basés sur un prix du pétrole maintenu à 50 dollar le baril !
Or la production américaine est en chute libre, les prix ne couvrant pas les couts de production, la demande chinoise a fortement baissé,... mais si reprise de la croissance il devait y avoir, la demande du pétrole suivra, et les prix repartiront à la hausse ! (c'est ce que prévoit l'arabie saoudite... ils sont bien placés pour connaitre ce marché, non ?)
Ces estimations sont basés sur une inaction de la FED sur le marché des changes... ce qui en période électorale est peu probable...
Enfin, tout ça est prévu... si rien ne change dans la croissance américaine, si le marché russe ne s'effondre pas plus, si la crise du moyen-orient ne nous explose pas à la figure, si le Brésil n'entre pas en guerre civile, etc etc etc
Bref, des prévisions qui valent tout autant que ma lecture du marc de café !!!
Réponse de le 15/10/2015 à 20:27 :
si le prix du pétrole relève le nez la production américaine reprendra, stabilisant les cours à un niveau qui selon toute probabilité restera inférieur à 60$.
a écrit le 15/10/2015 à 18:22 :
Comment peut on écrire des conneries pareils. Il ne peut pas y avoir de reprise en appliquant les mêmes recettes qui ne fonctionnent pas.
a écrit le 15/10/2015 à 17:23 :
On croirait les prédictions de Mme Soleil. Maintenant, libre à chacun d'y croire. Comme pour les promesses (électorales ou non).
a écrit le 15/10/2015 à 17:12 :
Mensonge
a écrit le 15/10/2015 à 17:12 :
Une pluie de bonnes nouvelles vient de tous ces organismes qui vivent de l'argent des contribuables. On sent que les élections approchent. La "république" française s'enfonce dans le mensonge et l'irrespect des Français que l'on prend pour des veaux à diriger ou des moutons à tondre selon les nécessités d'état. Il n'y aura aucune croissance en France, pays perdu et vendu au socialisme. Ce pays craquera.
Réponse de le 15/10/2015 à 20:32 :
A propos de mensonge, que pensez-vous de la mise à pied de Philippe Verdier, responsable météo à France 2, qui avait, à l'approche du grand raout hollandais de la COP21, osé émettre une opinion discordante au sujet de la gravité des conséquences du réchauffement climatique ? Cette affaire me rappelle cruellement l'ambiance de grande liberté d'expression qui régnait dans la Pravda à l'époque de l'URSS.

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