Pour ou contre : Faut-il une Grande Sécurité sociale ? Jean-Charles Simon (économiste) face à Eric Chenut (président de la Mutualité)

Fanny Guinochet
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Après deux ans de pandémie, la question du financement de notre santé est plus vive que jamais. Et pour cause, le déficit de Sécurité sociale s'est élevé à 25,5 milliards d'euros en 2021 et un retour à l'équilibre n'est pas attendu avant... 2030, selon Olivier Véran. En octobre dernier, à l'occasion du 76ème anniversaire de la Sécurité sociale, le ministre des solidarités et de la santé a jeté un pavé dans la mare en évoquant la possibilité de mettre en place une « Grande Sécu », c'est-à-dire d'étendre le champ d'action de l'assurance maladie, qui couvre aujourd'hui près de 80% des dépenses de santé, au détriment de celui des « complémentaires » (mutuelles, assurances, institutions de prévoyance), qui viennent en complément des remboursements en endossant les dépassements d'honoraires et les tickets modérateurs à hauteur de 12 %. Le solde constituant le reste à charge.
Une provocation pour les organismes complémentaires menacés de disparition, mais aussi pour les syndicats de médecins, inquiets pour leurs dépassements d'honoraires. La menace s'est accentuée en janvier quand le sujet s'est retrouvé propulsé dans la campagne présidentielle avec la publication du rapport du Haut conseil pour l'avenir de l'assurance-maladie (HCAAM), commandé par le ministre. Détaillant les avantages et les inconvénients d'un tel système, l'instance consultative a assuré en effet que l'impact d'une « Grande Sécu » serait plutôt bénéfique, notamment pour les retraités !
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Il n'empêche, les questions d'une telle réforme sont nombreuses. A commencer par sa soutenabilité financière alors que la Sécu restera durablement dans le rouge « au-dessus de 10 milliards d'euros par an », selon Olivier Véran. Faudra-t-il couper dans les dépenses de santé, ou augmenter les impôts ou les cotisations ? Difficile à porter pour le prochain locataire de l'Elysée. Au-delà de l'équation financière se pose également la question des avantages réels d'une tel système nationalisé à 100%% pour un meilleur accès aux soins des Français. Alors faut-il une « Grande Sécu » ?
Fanny Guinochet