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ÉconomieFrance

Pourquoi l’activité ne redémarre pas

Photo de Fabien Piliu

Fabien Piliu

Publié le 31 mars 2015 à 10:08 - Mis à jour le 31 mars 2015 à 13:05

L'essentiel de l'actualité

vendredi 5 juin

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Un certain nombre de signaux macro-économiques sont passés au vert. Pourtant, en dépit de la dépréciation de l’euro et du recul des cours de matières premières, les chefs d’entreprises n’ont pas l’intention d’investir. L’activité reste donc plombée.

C'est une double aubaine pour les entreprises. Enclenchée depuis le début du second semestre 2014, la dépréciation de l'euro face au dollar et le repli des cours des matières premières et plus notamment du brut sont une jolie bouffée d'oxygène pour les entreprises françaises et en particulier l'industrie.

Et pourtant. Les effets sur l'activité tardent à se produire. " Ils seront étalés dans le temps et pourront même courir jusqu'en 2016 ", estime Denis Ferrand, le directeur général de COE-Rexecode. Il ne faudrait donc pas que ces tendances s'inversent...

Seuls bénéfices immédiats : un gain du pouvoir d'achat, gain qui permet à la consommation de rebondir, et une amélioration de la compétitivité relative des produits français dans la zone dollar, ce qui permet de stimuler les exportations. Ce second bénéfice est malheureusement à minorer, compte tenu du nombre limité d'entreprises exportatrices recensées en France. Elles sont à peine 121.000, dont seulement une sur deux exporte de façon régulière.

L'investissement est en panne

Bien que plus vaillant que ces derniers mois, ces deux moteurs sont insuffisamment puissants pour permettre à la croissance d'accélérer. Sans une reprise de l'investissement, le PIB français ne devrait pas progresser à un rythme supérieur à celui anticipé par le gouvernement, c'est-à-dire 1%. Or, pour réduire le nombre de demandeurs d'emplois, l'activité doit au moins augmenter de 1,5% s'accordent les économistes.
Pour expliquer cette panne de l'investissement, le Groupe des fédérations industrielles (GFI) avance plusieurs explications. " Les chefs d'entreprises n'ont pas encore une pleine confiance en l'avenir. Les soubresauts de la crise de 2008-2009 ont marqué les esprits ", explique Philippe Darmayan, le président du GFI.

Par ailleurs, si elle est bien palpable, l'augmentation de la demande intérieure n'est pas assez forte pour entraîner des goulots d'étranglements dans le système productif. Concrètement, le taux d'utilisation des capacités de production reste faible.
Dans ce contexte, rien ne permet d'envisager une reprise des embauches. Interrogés par le GFI, la plupart des secteurs prévoient de nouvelles destructions de postes cette année. En 2014, ce sont 39.000 emplois qui ont été détruits dans l'industrie. Le bâtiment affiche des perspectives particulièrement maussades.

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Le gouvernement appelé à la rescousse

Pour pérenniser la reprise, le GFI avance plusieurs solutions. La première : « conforter la confiance ». Reste à savoir comment, sachant qu'elle ne se décrète pas... Il souhaite également que le gouvernement confirme les engagements contenus dans le Pacte de responsabilité, notamment la transformation du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), qui a déjà permis de redresser le taux de marge des entreprises , en un simple allégement de cotisations.. Après avoir chuté sous les 30% en 2014, ce qui constitue un plancher inédit, le taux de marge des entreprises françaises atteindrait actuellement 34,3% selon les calculs de COE-Rexecode.

À lire également

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  • Les chefs d'entreprises ne croient pas aux prédictions du gouvernement !
  • France: la production industrielle a continué de croître en janvier

Les industriels placent également beaucoup d'espoirs sur la prochaine loi Macron 2, qui pourrait consiste en une série d'amendements gouvernementaux intégrés à la loi pour la croissance et l'activité en deuxième lecture avant l'été. Le GFI espère la mise en place de plusieurs mesures parmi lesquelles l'abaissement à 28% du taux de l'impôt sur les sociétés pour les PME-ETI réinvestissant tout ou partie de leur résultat pour moderniser leur parc industriel, la création d'accords offensifs permettant de revenir notamment sur la politique salariale et les accords sur la durée du travail pour redresser la compétitivité ou encore et la possibilité accordée aux entreprises d'amortir de façon accélérée certains investissements susceptibles d'améliorer la productivité .

Fabien Piliu

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