Pouvoir d'achat : l'inflation en France ralentit à 1,6% en décembre

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(Crédits : Benoit Tessier)
Parce qu'elle dégrade le pouvoir d'achat, l'inflation est au centre des revendications du mouvement des "gilets jaunes". De fait, alors qu'en 2017, elle s'était établie à 1% en moyenne, en 2018 son taux a fortement progressé, grimpant jusqu'à 2,2% en octobre dernier. Le ralentissement des deux derniers mois provient principalement de la baisse des prix de l'énergie, qui jusqu'ici ont plus que compensé l'accélération continue des prix de l'alimentation.

La hausse des prix à la consommation en France s'est élevée à 1,6% sur un an au mois de décembre, contre 1,9% en novembre et 2,2% en octobre, selon un chiffre provisoire publié vendredi par l'Insee.

Sur un mois, les prix à la consommation devraient être stables, après un repli de 0,2% en novembre, a indiqué l'Institut national des statistiques, qui impute le ralentissement de l'inflation à la baisse des prix de l'énergie, dans le sillage de ceux du pétrole, mais aussi des services et du tabac, et d'un recul plus prononcé de ceux des produits manufacturés.

Accélération continue des prix de l'alimentation

En revanche, les prix de l'alimentation ont continué à accélérer avec 2,5% d'augmentation sur un an en décembre, tandis que ceux des produits manufacturés sont en baisse de 0,5% et que ceux des services progressent de 0,9% sur la période, relève dans le détail l'Insee.

La hausse des prix à la consommation en décembre sur un an est différente de l'inflation moyenne pour l'année 2018, dont le chiffre n'a pas encore été communiqué. Pour mémoire, en 2017, l'inflation s'était élevée à 1,0% en moyenne annuelle.

10 milliards d'euros de mesures de soutien au pouvoir d'achat

L'inflation dégrade le pouvoir d'achat, au centre des revendications du mouvement des "gilets jaunes", qui a perturbé l'économie française de la mi-novembre jusqu'avant les fêtes de fin d'année.

Lire aussi : Gel du taux du livret A : 3,6 milliards d'euros de perte de pouvoir d'achat pour les épargnants

Face à la colère d'une partie de la population, le gouvernement a pris pour plus de 10 milliards d'euros de mesures de soutien au pouvoir d'achat, allant d'une revalorisation de la prime d'activité à l'annulation de la hausse de la CSG sur les retraites jusqu'à 2.000 euros, en passant par la défiscalisation des heures supplémentaires.

Des retraites revalorisées... mais bien en dessous de l'inflation

On se souvient notamment qu'en octobre l'Assemblée nationale avait voté de nuit, une mesure très contestée : L'assemblée nationale a voté dans le courant de la nuit de vendredi à samedi 27 octobre une "revalorisation" de certaines prestations sociales, dont les retraites, mais à un taux de 0,3% par an, soit un taux bien inférieur à celui de l'inflation.

"Cette mesure est sûrement la plus contestable du projet de loi du point de vue du pouvoir d'achat d'un grand nombre de nos concitoyens. Plutôt que de revalorisations, on doit parler d'un quasi-gel, l'inflation se situant entre 1,7 et 2% en 2019. Il y aura beaucoup de perdants parmi les retraités", avait alors dénoncé Gisèle Biémouret (PS).

Lire aussi : Sécu: l'Assemblée revalorise les retraites en deçà de l'inflation

L'Insee livrera les chiffres définitifs le 15 janvier

L'Insee indique encore que sur un an, l'indice des prix à la consommation (IPC) harmonisé, qui sert de référence pour les comparaisons européennes, "ralentirait nettement à +1,9 %, après +2,2 % en novembre. Sur un mois, il augmenterait de 0,1 %, après un repli de 0,2 % le mois précédent."

L'institut avertit enfin que ces chiffres provisoires "ne doivent pas être utilisés pour des revalorisations contractuelles" et que le chiffre définitif de l'évolution des prix à la consommation en décembre sera communiqué le 15 janvier.

L'estimation provisoire de l'inflation en zone euro pour le mois de décembre sera publiée à 10h00 GMT.

(avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 07/01/2019 à 7:21 :
C'est pas le cas pour l'alimentaire.
a écrit le 05/01/2019 à 21:27 :
Suite à une discussion avec des amis sur la définition de l'inflation :
Avant le passage à l'euro, c'est à dire il y a 20 ans, une personne gagnant 6000 francs pouvait acheter 6000 baguettes à 1 franc.
Maintenant une personne gagnant 1 000 euros peut acheter 1000 baguettes à 1 euro.
Je crois que c'est clair, c'est ça l'inflation, bien sur l'INSEE embauche trop de personnes qui ne savent pas compter. On voit le résultat. L'euro ayant pour but de spolier tous les pays d'Europe et en particulier les Français, d'où cette inflation galopante. CQFD
Réponse de le 06/01/2019 à 10:52 :
un disciple de Steve Bannon, comme bourdiga ou Emplois précaires ci-dessous.
Réponse de le 06/01/2019 à 19:53 :
le pain était à 4F avant l'euro, certains ont mémorisé 1franc.
La personne qui gagnait 6000F y a 20 ans ne gagne que 1000€ de nos jours ? C'est de la stagnation !!
En 1980 j'ai commencé à 5300F dans une SCSI puis 7400F/mois comme jeune ingénieur (chimiste), ensuite, ça a augmenté euro ou pas.
Celui qui gagnait 6000F y a 20 ans gagne 6000€ de nos jours. L'inflation cumulée sur 20 ans fait combien ?
Bizarres vos comparaisons.
Prenez le carburant, là on en achète plus en 2019 qu'avant (deux fois ?).
a écrit le 05/01/2019 à 19:01 :
les retraités sont les grands perdants de cette politique qui consiste à prendre dans la poche des uns (pas les plus riches ) pour donner aux autres
Réponse de le 06/01/2019 à 9:45 :
Le problème de départ, c’est la faiblesse de notre PIB, 15% inférieur au PIB par habitant de l’Allemagne et tout juste dans la moyenne Européenne !!! D'où le nombre de chômeurs qui ne se réduit pas, le poids excessif de la dépense publique exprimée en %age du PIB, le poids excessif de la fiscalité, et le poids excessif de la dette.......
Réponse de le 06/01/2019 à 19:56 :
j'avais cru comprendre que la priorité était de permettre aux gens en age de travailler d'avoir un emploi, se qualifier, monter dans les échelles, gagner plus AFIN de cotiser plus et permettre de mieux servir (€€) les retraités (1,7 cotisant par pensionné, c'est critique, à quand 1 pour 1 ?)(et accessoirement collecter plus d'IR car salaires plus forts).
a écrit le 05/01/2019 à 14:15 :
voir l'article du Financial Times d'il y a quelques jours sur les travailleurs pauvres ("The rise of poverty among EU workers since the financial crisis - in charts", FT, 27/12/2018).
la France est le pays qui s'en sort le mieux parmi les grands pays européens, alors que la pauvreté des travailleurs allemands a grimpé bien plus vite.
et l'Hexagone est parmi les pays du G7 ayant connu les plus fortes hausses des salaires réels depuis 2007, avec Canada et Allemagne.
Réponse de le 05/01/2019 à 17:14 :
La France deuxième pays en Europe avec le plus grand nombre d'emplois précaires derrière la Croatie.
Arrêter de dire que en France tout va bien et que les gens sont heureux.
La France Championne du monde de consommation de Médicament anti-Dépressif
Une jeunesse une des plus pauvres en Europe.
La vérité fache ce qu'il ne veulent pas voir la réalité comme depuis plus de 30 ans.
C'est pas avec quelques Euros que le peuple Français va se satisfaire et surtout se laisser avoir.
Réponse de le 05/01/2019 à 20:11 :
je sais, je sais, l'ami : tu es un expert en pipeau.
Réponse de le 06/01/2019 à 10:14 :
encore un disciple de Steve Bannon, comme maxou et bourdiga ci-dessus.
a écrit le 05/01/2019 à 10:54 :
"Le panier de la ménagère " de l'INSEE qui date des années 50! Un téléphone portable ... c'est quoi ? connaît pas ? ordinateur... c'est quoi ce truc? Inter... net une radio publique ?... Bon, je remets ma blouse "pour ne pas dire saro" pour cueillir les choux! Ouf ... pour 2019 y' a pas eu d’automobiles brûlées. La drôlerie 2019, les 20 ans de l'euro, seule monnaie sans gouvernement, c'est vraiment unique. ps : je ne suis pas contre l'euro... garde fou politique pour nous.
a écrit le 05/01/2019 à 10:40 :
Les chiffres de l'inflation sont maquillés depuis des décennies comme très bien expliqué dans le livre "le grand mensonge" de Philippe Herlin. Vous remarquerez que dans l'article l'alimentation monte de 2.5% après 4.5% en 2017 et les produits manufacturés eux baissent pour compenser selon le mécanisme décrit dans le livre.
En vrai, depuis l'Euro, les Fr n'ont jamais été aussi contraints
a écrit le 05/01/2019 à 10:29 :
avec une retraite qui se degrade il faut deconsommer. (a commencer par la voiture)avec les effets secondaires on peut aller jusqu'a la deflation
a écrit le 05/01/2019 à 9:23 :
L'inflation est toujours le double de ce qui est annoncé. Le panier de la ménagère est un grand témoin.
a écrit le 04/01/2019 à 14:23 :
meme pour l epargnant il n est pas tenu compte de l inflation ! a quoi bon épargner pour se voir taxer les pertes pour certains ! l entreprise France va mal . confiance ébranlée par amateurisme de l équipe
a écrit le 04/01/2019 à 14:22 :
meme pour l epargnant il n est pas tenu compte de l inflation ! a quoi bon épargner pour se voir taxer les pertes pour certains ! l entreprise France va mal . confiance ébranlée par amateurisme de l équipe

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