Élection présidentielle : et si tout n'était pas joué ?

Marc Endeweld
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Pour lancer un peu plus sa campagne, et présenter enfin son programme, le président Macron a décidé de convoquer une conférence de presse... aux Docks d'Aubervilliers situé dans le département populaire de Seine-Saint-Denis. Histoire de rappeler qu'en 2016 il avait annoncé sa candidature à Bobigny ? Une petite touche de « populaire » donc pour annoncer un programme à droite toute. Car sur le fond, en dehors de quelques gadgets comme des « voitures électriques en leasing » et des « amendes anti harcèlement » à l'encontre des femmes, le candidat Macron pour sa réélection tend l'élastique du « en même temps » au maximum au risque de casser définitivement son joujou préféré. Nouvelle réforme des retraites avec un passage « progressif » à un nouvel âge légal de 65 ans, RSA conditionné à une « activité » de 15h à 20h (un temps partiel payé en dessous du SMIC ?), de nouvelles baisses d'impôts... Décidément, Valérie Pécresse va avoir du mal à se différencier !
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Ces mesures particulièrement néolibérales pour les citoyens français seront associées à un interventionnisme étatique dans certains domaines comme la mise sous tutelle par l'État d'EDF ou les fameux 30 milliards d'investissements dans les filières stratégiques. « J'assume d'avoir une volonté de planification », a affirmé Emmanuel Macron lors de la présentation de son « projet ». Un mot tabou remis au goût du jour il y a déjà cinq ans par un certain Jean-Luc Mélenchon, et aujourd'hui repris en boucle par le patron des patrons, Geoffroy Roux de Bézieux. On retrouve pourtant le « en même temps » sur le dossier de la Corse (voir chronique de la semaine dernière), où Emmanuel Macron se paye le luxe de rassembler autour de lui deux anciens ministres de Lionel Jospin historiquement opposés sur la question, l'ancien ministre de l'Intérieur Jean-Pierre Chevènement et l'ancienne Garde des Sceaux Elisabeth Guigou. « Ce n'est pas le candidat Netflix, c'est le candidat Salto, Salto avant et arrière », persifle un ancien macroniste.
Marc Endeweld