Record de créations d'entreprises en 2018

 |   |  683  mots
Les créateurs d’entreprises individuelles ont en moyenne 36 ans en 2018. Quatre créateurs d’entreprises sur dix sont des femmes selon l'Insee.
"Les créateurs d’entreprises individuelles ont en moyenne 36 ans en 2018. Quatre créateurs d’entreprises sur dix sont des femmes" selon l'Insee. (Crédits : GONZALO FUENTES)
Les créations d'entreprises ont battu un nouveau record en 2018, dépassant les 691.000 sur l'année contre 591.000 en 2017. Cet envol est principalement dû aux créations de micro-entreprises (+28%) et d'entreprises individuelles (20%), tandis que les créations de sociétés ont progressé de 2%.

Les chiffres records des créations d'entreprises en 2018 se confirment. Plus de 691.000 entreprises ont vu le jour l'année dernière, selon les résultats publiés par l'Insee ce mardi. Ce chiffre, en hausse de 17% par rapport au total des créations pour l'année 2017, est le plus haut niveau jamais relevé depuis l'introduction du statut d'auto-entrepreneur en 2009 (transformé depuis en statut de micro-entrepreneur).

C'est d'ailleurs cette catégorie qui contribue le plus aux bons chiffres de 2018, avec une augmentation de 28% des créations de micro-entreprises par rapport à 2017 ; selon l'Insee, "ce succès peut s'expliquer par les évolutions législatives entrées en vigueur depuis le premier janvier 2018, et notamment le doublement des seuils de chiffre d'affaires permettant d'accéder au régime fiscal simplifié de la micro-entreprise". Ces seuils avaient été porté de 82.800 euros par an à 170.000 euros pour les activités de vente de marchandise ou de denrées, et de 33.200 à 70.000 euros pour les services.

créations d'entreprises

Dans le même temps, la hausse des créations s'est établie à 20% pour les entreprises individuelles, plus classiques, et seulement à 2% pour les sociétés, qui nécessitent un apport en capital. Ainsi, 45% des entreprises créées en 2018 sont des micro-entreprises, soit quatre points de plus qu'en 2017, tandis que la part des entreprises individuelles reste stable à 26%, et que celle des sociétés régresse de 33% à 29%.

Transport, conseil et commerce en tête des créations

Ces bons résultats confirment l'attractivité de l'entrepreneuriat en France. Ils renseignent également sur ses déterminants : le secteur à marquer la plus forte hausse en 2018 est celui du transport et de l'entreposage, avec 68% de créations supplémentaires par rapport à 2017 (dont 80,5% de plus pour les micro-entreprises et 104,9% de plus pour les entreprises individuelles).

La livraison à domicile et les services de coursier contribuent largement à cet envol, avec une progression de 116%. En part absolue, ce sont cependant les secteurs du conseil et du commerce qui restent en haut du classement, avec respectivement 121.000 et 107.000 créations en 2018 (en hausse de 18% et 9%). Plus généralement, la hausse des créations a concerné tous les secteurs d'activité, et toutes les régions, ce qui indique la dimension générale de la tendance. L'Île-de-France parvient cependant à se distinguer, en contribuant pour plus du tiers à la hausse des créations d'entreprises, notamment dans les secteurs de la livraison et du conseil.

Des entreprises nouvelles peu employeuses

Si les créations d'entreprises s'envolent, rares sont celles qui génèrent de l'emploi pour d'autres que leur fondateur. Ainsi, l'Insee relève que "seules 3 % des nouvelles entreprises emploient au moins un salarié au moment de leur création, contre 4 % en 2017". Hors micro-entrepreneurs, la part des entreprises employeuses à la création progresse légèrement, à 6 %, mais reste en légère baisse par rapport à 2017 (7 %). Ces chiffres rappellent ainsi qu'avec la libéralisation de l'entrepreneuriat, permise par l'apparition du statut d'auto-entrepreneur, créer son entreprise est de plus en plus une stratégie individuelle, permettant de s'essayer à de nouveaux domaines, ou tout simplement de retrouver une activité.

Lire aussi : La vie compliquée des petits entrepreneurs au quotidien

Ainsi, selon une étude menée par Pôle Emploi en 2018 auprès des chômeurs ayant créé leur entreprise, 32% d'entre eux considéraient que lancer leur activité était "le seul moyen de trouver un emploi dans [leur] domaine". Cette étude relevait cependant la bonne santé des entreprises créées par les demandeurs d'emploi, dont les trois quarts étaient encore en activité trois ans après leur fondation, et dont les revenus des créateurs avaient sensiblement augmenté (bien qu'ils soient restés inférieurs à 1.000 euros pour 47% de ceux-ci après trois ans).

40% d'entrepreneuses

Enfin, concernant le profil sociologique des créateurs d'entreprises, l'Insee relève que ceux-ci sont plutôt jeunes, avec une moyenne de 36 ans (28 ans pour les transports et l'entreposage, 32 ans pour l'information et la communication). L'entrepreneuriat continue sa féminisation, 39% des entreprises nouvelles ayant été fondées par des femmes. Si cette part reste stable par rapport à 2017, elle a connu une augmentation régulière depuis une trentaine d'années, étant passée de 29% en 1987 à 33% en 2000.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 29/01/2019 à 19:23 :
bien
j'aime quand ce que je dis se confirme! plus personne ne veut creer de boite, et embaucher des gens! faut etre con ou fou pour faire ca!
ce qui se cree c'est des entreprises unipersonnelles ( parfois des creations par des multinationales, notamment via le credit impot recherche)
de la deux types: 1 le gars competent qui ne veut pas gerer des pbs qui n'existent pas pour se faire traiter de nazi negrier sans rien gagner de plus net apres impots, 2 le gars qui n'a pas le choix et ne trouve plus personne pour l'embaucher, vu que ceux qui peuvent vont en categorie 1!
la boucle est bouclee!
au passage, attali disait un truc equivalent dans son bouquin sur marx revisite......
a écrit le 29/01/2019 à 17:33 :
Combien de ces micro entreprises, auto entrepreneurs survivront dans le temps ? Pour quelle protection sociale... Quelle retraite ?
Le revenu universel pour tous est inévitablement la prochaine étape.
Plus de très pauvres, mais beaucoup de moins pauvres sans espoir.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :