En 2018, les défaillances d'entreprises ont bondi dans le monde

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Les mauvaises nouvelles s'accumulent pour l'économie mondiale. Après la révision à la baisse de la croissance planétaire par la Banque mondiale pour 2019, les défaillances d'entreprises ont bondi durant les douze derniers mois. Selon une étude publiée par le cabinet Euler Hermes ce mercredi 9 janvier, les défaillances d'entreprises ont bondi de 10% en 2018 contre 6% en 2017 dans le monde après sept années de repli. Sur les 43 pays étudiés, 20 pays devraient connaître une hausse des défaillances supérieures à 2017.
D'après les auteurs de cette enquête, qui prend en compte des pays représentant 83% du PIB mondial, les défaillances devraient se poursuivre cette année (+6%). Pour les entreprises, les perspectives s'annoncent nettement moins favorables que lors des deux années précédentes. De multiples risques s'aggravent sur la croissance mondiale alors que la plupart des institutions internationales prévoient un ralentissement de l'activité et un resserrement des conditions financières.
Au niveau global, la hausse moyenne masque de fortes disparités entre les régions. Parmi les pays les plus concernés par ce phénomène figurent la Chine (+20%), la Slovaquie (+16%), le Danemark (+15%), le Chili (+12%) ou encore la Suède (+6%).
À l'opposé des pays comme le Brésil (-6%), la Grèce (-6%), la République tchèque (-10%) ou la Hongrie (-11%) vont connaître une diminution relativement importante. Entre ces groupes de pays apparaissent des États qui devraient connaître une stabilité des défaillances comme l'Allemagne, la Corée du Sud ou les Pays-Bas. De son côté, les chiffres pour la France devraient légèrement se dégrader avec 2% de défaillances supplémentaires.
Les mauvaises performances de la Chine peuvent s'expliquer par plusieurs facteurs rappellent les experts du cabinet d'assurance-crédit. En 2018, le géant asiatique a connu un boom des défaillances de 60% après une année 2017 encore plus forte (74%). Ces chiffres impressionnants résultent des ajustements de l'économie chinoise tels que la croissance du crédit, l'initiative de la route de la soie et le conflit commercial avec les États-Unis.
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Les grandes institutions internationales ont baissé leurs projections de croissance pour la deuxième puissance économique mondiale. L'OCDE anticipe, par exemple, une diminution du produit intérieur brut (PIB) passant de 6,9% en 2017 à 6,6% en 2018 et 6% en 2019. La Chine a ralenti ses investissements dans les infrastructures et ses exportations ont marqué le pas. Par ailleurs, l'étude rappelle que le régime a décidé de supprimer les entreprises "zombies" détenues par l'État. Ce qui a pu gonfler le chiffre des entreprises liquidées à Pékin.
La hausse des défaillances d'entreprises pourrait intervenir dans le contexte d'une décélération de l'activité économique mondiale. En effet, la majorité des projections économiques prévoient un coup de frein de l'activité dans la plupart des grandes régions du monde. Le PIB mondial devrait passer de 3% en 2018 à 2,9% en 2019 et 2,8% en 2020, selon les derniers chiffres de la Banque mondiale.
« Rapidement, le rythme de croissance de l'économie va être insuffisant pour un nombre grandissant d'entreprises, dans un nombre croissant de pays, au regard de leurs coûts de production, leurs coûts de financement » précise Maxime Lemerle, responsable de la recherche sectorielle d'Euler Hermes.
Outre le durcissement des conditions de financement, la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis suscite toujours des incertitudes. Si Donald Trump et Xi Jinping ont décidé de faire une pause dans l'escalade des tensions pendant quelques semaines, les possibles revirements de Donald Trump suscitent toujours de vives interrogations.
En zone euro, les deux premières puissances économiques que sont l'Allemagne et la France voient leurs croissances marquer le pas. Les derniers chiffres de la production industrielle outre-Rhin signalent un nouveau recul, cédant 1,9% sur un mois alors que les économistes misaient sur un rebond. Ce nouveau repli a ravivé le risque d'une "récession technique". « Attention aux chiffres du commerce extérieur » publiés le 9 janvier. « Une autre déception (...) augmenterait nettement la probabilité d'une récession technique », soit deux trimestres consécutifs de contraction du PIB, estime Carsten Brzeski, de la banque ING Diba cité par l'AFP.
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Du côté de la France, l'Insee et la Banque de France ont révisé à la baisse leurs prévisions de croissance pour 2018. Et pour 2019, si les économistes de l'Insee prévoient un rebond de la consommation au premier semestre, grâce notamment à la baisse de l'inflation et aux mesures en faveur du pouvoir d'achat annoncées le 10 décembre dernier, le ralentissement de ses voisins européens pourrait jouer en défaveur de l'économie tricolore. Cet infléchissement de la croissance pourrait plomber la démographie d'entreprises dans l'Hexagone après un long cycle très favorable.
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