En 2018, les défaillances d'entreprises ont bondi dans le monde

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Sur les 43 pays étudiés par le cabinet Heuler Hermes, 20 devraient connaître une hausse des défaillances supérieures à 2017.
Sur les 43 pays étudiés par le cabinet Heuler Hermes, 20 devraient connaître une hausse des défaillances supérieures à 2017. (Crédits : DR)
Les défaillances d'entreprises ont augmenté de 10% en 2018 selon le cabinet Euler Hermes. Pour 2019, le rythme devrait légèrement ralentir (6%) malgré le coup de frein prévu de l'économie mondiale.

Les mauvaises nouvelles s'accumulent pour l'économie mondiale. Après la révision à la baisse de la croissance planétaire par la Banque mondiale pour 2019, les défaillances d'entreprises ont bondi durant les douze derniers mois. Selon une étude publiée par le cabinet Euler Hermes ce mercredi 9 janvier,  les défaillances d'entreprises ont bondi de 10% en 2018 contre 6% en 2017 dans le monde après sept années de repli. Sur les 43 pays étudiés, 20 pays devraient connaître une hausse des défaillances supérieures à 2017.

D'après les auteurs de cette enquête, qui prend en compte des pays représentant 83% du PIB mondial, les défaillances devraient se poursuivre cette année (+6%). Pour les entreprises, les perspectives s'annoncent nettement moins favorables que lors des deux années précédentes. De multiples risques s'aggravent sur la croissance mondiale alors que la plupart des institutions internationales prévoient un ralentissement de l'activité et un resserrement des conditions financières.

Lire aussi : La Banque mondiale baisse à son tour ses prévisions de croissance

Des disparités marquées

Au niveau global, la hausse moyenne masque de fortes disparités entre les régions. Parmi les pays les plus concernés par ce phénomène figurent la Chine (+20%), la Slovaquie (+16%), le Danemark (+15%), le Chili (+12%) ou encore la Suède (+6%).

À l'opposé des pays comme le Brésil (-6%), la Grèce (-6%), la République tchèque (-10%) ou la Hongrie (-11%) vont connaître une diminution relativement importante. Entre ces groupes de pays apparaissent des États qui devraient connaître une stabilité des défaillances comme l'Allemagne, la Corée du Sud ou les Pays-Bas. De son côté, les chiffres pour la France devraient légèrement se dégrader avec 2% de défaillances supplémentaires.

Le boom des défaillances en Chine

Les mauvaises performances de la Chine peuvent s'expliquer par plusieurs facteurs rappellent les experts du cabinet d'assurance-crédit. En 2018, le géant asiatique a connu un boom des défaillances de 60% après une année 2017 encore plus forte (74%). Ces chiffres impressionnants résultent des ajustements de l'économie chinoise tels que la croissance du crédit, l'initiative de la route de la soie et le conflit commercial avec les États-Unis.

Les grandes institutions internationales ont baissé leurs projections de croissance pour la deuxième puissance économique mondiale. L'OCDE anticipe, par exemple, une diminution du produit intérieur brut (PIB) passant de 6,9% en 2017 à 6,6% en 2018 et 6% en 2019. La Chine a ralenti ses investissements dans les infrastructures et ses exportations ont marqué le pas. Par ailleurs, l'étude rappelle que le régime a décidé de supprimer les entreprises "zombies" détenues par l'État. Ce qui a pu gonfler le chiffre des entreprises liquidées à Pékin.

De multiples risques sur la croissance

La hausse des défaillances d'entreprises pourrait intervenir dans le contexte d'une décélération de l'activité économique mondiale. En effet, la majorité des projections économiques prévoient un coup de frein de l'activité dans la plupart des grandes régions du monde. Le PIB mondial devrait passer de 3% en 2018 à 2,9% en 2019 et 2,8% en 2020, selon les derniers chiffres de la Banque mondiale.

« Cette décélération de l'activité économique accroît la vulnérabilité économique des entreprises, qui sont coincées entre des coûts fixes élevés, des stocks qui peinent à s'écouler et plus généralement des problèmes de besoins en fonds de roulement. Dans le même temps, le resserrement des conditions de financement fragilise les secteurs et les entreprises les plus endettés », ajoute les auteurs de l'étude.

« Rapidement, le rythme de croissance de l'économie va être insuffisant pour un nombre grandissant d'entreprises, dans un nombre croissant de pays, au regard de leurs coûts de production, leurs coûts de financement » précise Maxime Lemerle, responsable de la recherche sectorielle d'Euler Hermes.

Outre le durcissement des conditions de financement, la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis suscite toujours des incertitudes. Si Donald Trump et Xi Jinping ont décidé de faire une pause dans l'escalade des tensions pendant quelques semaines, les possibles revirements de Donald Trump suscitent toujours de vives interrogations.

Ralentissement en vue dans la zone euro

En zone euro, les deux premières puissances économiques que sont l'Allemagne et la France voient leurs croissances marquer le pas. Les derniers chiffres de la production industrielle outre-Rhin signalent un nouveau recul, cédant 1,9% sur un mois alors que les économistes misaient sur un rebond. Ce nouveau repli a ravivé le risque d'une "récession technique". « Attention aux chiffres du commerce extérieur » publiés le 9 janvier. « Une autre déception (...) augmenterait nettement la probabilité d'une récession technique », soit deux trimestres consécutifs de contraction du PIB, estime Carsten Brzeski, de la banque ING Diba cité par l'AFP.

Lire aussi : La croissance allemande ralentit pour la première fois depuis 2015

Du côté de la France, l'Insee et la Banque de France ont révisé à la baisse leurs prévisions de croissance pour 2018. Et pour 2019, si les économistes de l'Insee prévoient un rebond de la consommation au premier semestre, grâce notamment à la baisse de l'inflation et aux mesures en faveur du pouvoir d'achat annoncées le 10 décembre dernier, le ralentissement de ses voisins européens pourrait jouer en défaveur de l'économie tricolore. Cet infléchissement de la croissance pourrait plomber la démographie d'entreprises dans l'Hexagone après un long cycle très favorable.

Lire aussi : Croissance : l'économie française s'essouffle

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Commentaires
a écrit le 11/01/2019 à 11:20 :
Encore un coup des gilets jaunes ! :-)
a écrit le 11/01/2019 à 8:03 :
Trump n’arrête pas de secouer le cocotier, c'est pas surprenant.
a écrit le 10/01/2019 à 16:57 :
Plus l'argent est capté par les mégas riches pour en plus les placer dans leurs paradis fiscaux (c'est complètement stupide mais il faut savoir qu'ils franchiront toutes les limites de la stupidité car aliénés), et moins l'argent est disponible pour ceux qui consomment.

Dumping fiscal, dumping social avec des travailleurs que l'on va chercher n'importe où dans le monde pourvu qu'ils soient quasiment gratuits et corvéables à merci, il ne faut pas s'étonner d'une croissance en berne.

UN milliardaire ne peut pas manger dans 10000 restaurants à la fois conduire 1000 voitures simultanément et-c... Il ne fait qu'entasser. Toujours plus ! Sur le dos de tout le monde.

"LE DANGER DE LA RICHESSE:Seul devrait posséder celui qui a de l'esprit: autrement, la fortune est un danger public. Car celui qui possède, lorsqu'il ne s'entend pas à utiliser les loisirs que lui donne la fortune, continuera toujours à vouloir acquérir du bien: cette aspiration sera son amusement, sa ruse de guerre dans la lutte avec l'ennui. C'est ainsi que la modeste aisance, qui suffirait à l'homme intellectuel, se transforme en véritable richesse, résultat trompeur de dépendance et de pauvreté intellectuelles. Cependant, le riche apparaît tout autrement que pourrait le faire attendre son origine misérable, car il peut prendre le masque de la culture et de l'art: il peut acheter ce masque. Par là il éveille l'envie des plus pauvres et des illettrés - qui jalousent en somme toujours l"éducation et qui ne voient pas que celle-ci n'est qu'un masque - et il prépare ainsi peu à peu un bouleversement social : car la brutalité sous un vernis de luxe, la vantardise comédien, par quoi le riche fait étalage de ses "jouissance de civilisé" évoquent, chez le pauvre, l'idée que l'argent seul importe, - tandis qu'en réalité, si l'argent importe quelque peu, l'esprit importe bien davantage.» NIETZSCHE

Voilà de quoi sont responsables nos mégas riches et ce dont ils ne veulent surtout pas entendre parler, par bêtise ? Par avidité ? Par irresponsabilité ? On s'en tape un peu on sait juste que cela nous mène machinalement et irrémédiablement à notre anéantissement. Plus on possède et plus on est possédé.

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