Reprise du travail, écoles, transports... jour J d'un déconfinement à haut risque

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Près de 86% des 50.500 écoles de France vont ouvrir, pour accueillir plus de 1,5 million d'enfants, sur un total de 6,7 millions d'écoliers en maternelle et élémentaire, a assuré au Journal du Dimanche le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer.
"Près de 86%" des 50.500 écoles de France vont ouvrir, pour accueillir "plus de 1,5 million d'enfants", sur un total de 6,7 millions d'écoliers en maternelle et élémentaire, a assuré au Journal du Dimanche le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer. (Crédits : CHARLES PLATIAU)
La France entame, ce lundi, son déconfinement partiel. Entre les difficultés à faire respecter la distanciation physique dans les transports en commun, le casse-tête du retour à l'école, mais aussi l'assouplissement des règles sanitaires, le risque d'un reconfinement plane au-dessus de l'Hexagone, tandis que trois nouveaux foyers d'infection ont déjà fait leur apparition, dans des zones pourtant classées en "vert".

La France se remet en mouvement ce lundi après un confinement inédit de 55 jours, avec port du masque obligatoire dans les transports et casse-tête sanitaire à l'école, sur fond de crainte que la reprise déclenche une nouvelle flambée de l'épidémie de coronavirus.

"Grâce à vous, le virus a reculé. Mais il est toujours là. SAUVEZ DES VIES RESTEZ PRUDENTS", a tweeté le président Emmanuel Macron dimanche soir, à quelques heures de l'échéance.

Dans les transports en commun, difficile d'appliquer la distanciation

Dès 06H00, le métro parisien affichait déjà quasi complet. À Châtelet - Les Halles, l'un des principaux nœuds de transports du centre de Paris, l'affluence était quasiment celle des jours d'avant le confinement, a constaté une journaliste de l'AFP. Les RER A et B arrivaient remplis de passagers tandis que des hauts-parleurs une voix douce demandait, en vain, de garder "un mètre de distance".

"Si à 6H00 c'est comme ça, imaginez dans deux heures, ça va être impossible", explique Brigitte, une voyageuse de la ligne 2 du métro.

Lire aussi : Lundi, jour de tous les dangers dans les transports d'Ile-de-France

Sur le réseau routier en revanche, ce n'était pas l'affluence des grands jours, avec seulement 11 km de bouchon recensés en Île-de-France vers 06H30.

Appel au "sens de la responsabilité des Français"

Le bilan quotidien des morts du Covid-19 est retombé dimanche à 70, au plus bas depuis la mise sous cloche d'une bonne partie de la population le 17 mars. Mais le bilan total reste lourd, avec au moins 26.380 décès, dont 9.738 dans les maisons de retraite. Même si la pression sur les urgences se réduit toujours.

Avec la levée progressive des restrictions, des centaines de milliers de personnes reprennent le chemin du travail, bientôt suivies par une partie des écoliers.

Toutefois, la loi d'état d'urgence sanitaire n'a pas été promulguée dimanche soir comme espéré par le gouvernement, le Conseil constitutionnel devant l'examiner seulement ce lundi. Dès lors, l'exécutif fait appel "au sens de la responsabilité des Français" pour respecter certaines de ses dispositions dans l'intervalle, ont annoncé l'Élysée et Matignon dans un communiqué.

Apparition de nouveaux foyers d'infection

Ceci repousse à lundi soir, sous réserve de cet aval, l'entrée en vigueur de deux dispositions phare: la limitation des déplacements à 100 km et l'attestation obligatoire dans les transports en commun.

Cette remise en mouvement, vitale pour relancer une économie plongée dans une récession jamais vue depuis la seconde guerre mondiale avec un chômage partiel touchant plus de 12 millions de personnes, inquiète au plan sanitaire.

Lire aussi : Chômage : le nombre de demandeurs d'emploi a explosé avec la pandémie

D'autant que l'apparition de trois nouveaux foyers d'infection dans des zones de l'ouest du pays, classées en "vert", souligne les dangers de ce retour. L'un a justement été enregistré dans un collège où des personnels préparaient la reprise. Un autre dans une entreprise.

Ministres et responsables politiques ont donc redoublé d'appels à la prudence et à la responsabilité.

"Ce n'est pas parce qu'on parle de zone verte qu'il n'y a pas de virus qui circule", a averti Olivier Véran dimanche soir sur TF1. "Nous allégeons les conditions du confinement mais la vie ne peut pas reprendre comme elle était auparavant", a insisté le ministre de la Santé.

Le risque d'un reconfinement

Le maintien de la "distanciation sociale" s'annonce périlleux, et la RATP comme la SNCF ont prévenu: il y aura des interruptions de service si besoin.

"On n'est pas à l'abri d'un reconfinement si les règles ne sont pas respectées", a même estimé la présidente de la région, Valérie Pécresse.

Les craintes semblent en tout cas largement partagées: 53% de Français disent avoir personnellement plus peur pour leur santé ou celle de leurs proches que des conséquences économiques, selon un sondage Ifop pour le cabinet de conseil No Com dans Le Parisien.

Le casse-tête de la reprise de l'école

Autre dossier brûlant, le retour à l'école qui inquiète élus locaux, profs et parents.

Lundi verra une pré-rentrée des enseignants pour organiser la reprise. Les élèves sont attendus à partir de mardi, voire plus tard selon les communes.

"Près de 86%" des 50.500 écoles de France vont ouvrir, pour accueillir "plus de 1,5 million d'enfants", sur un total de 6,7 millions d'écoliers en maternelle et élémentaire, a assuré au Journal du Dimanche le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer. Les collégiens doivent retrouver plus tard en mai le chemin des classes (selon que leur zone est verte ou rouge), et une décision sera prise à la fin du mois pour les lycées.

Mais de nombreux maires rechignent à rouvrir les écoles face au casse-tête des règles sanitaires à faire respecter, notamment par les plus jeunes. Mêmes préoccupations pour les profs, dont certains envisagent un droit de retrait. Et de nombreux parents craignent de remettre leurs enfants en contact potentiel avec le virus.

Des règles assouplies

Le déconfinement marque aussi la fin des attestions à remplir pour tout déplacement. Et la distance dont on peut s'éloigner de son domicile passe de 1 à 100 kilomètres (une raison "impérieuse", notamment familiale ou professionnelle, sera nécessaire pour aller au-delà). L'interdiction de socialiser est également assouplie et les rassemblements jusqu'à dix personnes autorisés, dans le respect des "gestes barrières".

Quatre régions (Île-de-France, Hauts-de-France, Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté) et 32 départements, dont Mayotte, où vivent quelque 27 millions de Français au total, restent classées "rouge" en raison de la circulation toujours rapide du virus et du risque de saturation des hôpitaux.

Par Alain Jean-Robert avec les bureaux de l'AFP

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Commentaires
a écrit le 12/05/2020 à 0:10 :
Déconfinement nickel chrome sans aucun risque selon vos confrères du Monde (c'est une demie surprise ) et de... BFM (là, c'est pas du tout une surprise). C'est beau la propagande quand même.
a écrit le 11/05/2020 à 13:33 :
restez prudents, consommez le juste nécessaire sinon surconsommation, surproduction, surpollution donc accélèration changement climatique et là, la pandémie paraîtra une légère blague....
Réponse de le 11/05/2020 à 22:32 :
Malheureusement, c'est impossible, car beaucoup trop tard. C'est là toute la force du capitalisme, et de son avatar le libéralisme.
a écrit le 11/05/2020 à 12:36 :
une petite erreur ou oubli pour les Français c'est 135 euro
pour le ministre de la santé et le 1er ministre
le retard de promulgation de la loi état d'urgence c'est combien
l'amende ( en deux mois cela fait beaucoup d'oubli ou de retard de décision)
Réponse de le 11/05/2020 à 13:06 :
Il faut bien bordé juridiquement l'amnistie générale de tout le gouvernement. Ça prend un peu de temps, si on veut bien faire les choses ! 😁
Réponse de le 11/05/2020 à 17:10 :
et pendant ce temps combien de décès et puis les huit jour de retard dans le confinement pour satisfaire l'ego du 1er ministre combien de vie aurions nous sauver les masques les test que des promesses
la aussi combien de vie a les masques sont inutile pendant deux mois
avec le ministre de la santé
une honte ce gouvernement
a écrit le 11/05/2020 à 10:30 :
Si vous êtes contagieux sans le savoir mais avez un motif accepté vous pouvez faire plus de 100km . Si vous n'avez aucun symptôme , même avec des motifs personnels importants vous êtes bloqué à 100 km. Il reste une solution prendre un hélicoptère.
a écrit le 11/05/2020 à 10:11 :
"Appel au "sens de la responsabilité des Français""

"La notion de libre arbitre a été inventée par les classes dirigeantes." Nietzsche

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