Retraites: des avancées insuffisantes, estiment les syndicats
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Durant son discours à Matignon, Édouard Philippe a notamment promis une prise en compte "plus généreuse" de la pénibilité.
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Durant son discours à Matignon, Édouard Philippe a notamment promis une prise en compte "plus généreuse" de la pénibilité.
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Après deux jours de discussions à Matignon avec les partenaires sociaux, Édouard Philippe a affirmé, jeudi, que "des avancées sont actées" sur la réforme des retraites, mais les syndicats ont jugé ces "ouvertures" insuffisantes, qu'ils réclament le retrait de l'"âge d'équilibre" ou du projet dans son ensemble.
Pour le Premier ministre, ce nouveau round de concertation n'a pas été vain.
Il a ainsi promis une prise en compte "plus généreuse" de la pénibilité, en jouant sur les seuils du travail de nuit (110 nuits par an au lieu de 120 aujourd'hui) ou en "trois-huit" (30 nuits par an au lieu de 50).
Main tendue également sur la retraite progressive pour les fonctionnaires "à laquelle [il] souscrit totalement" et qui fera l'objet d'une concertation à part "dès le mois de janvier", de même que "l'aménagement des fins de carrière à l'hôpital".
Sur la pension minimum, d'autres "améliorations" sont envisagées: d'une part pour "aller au-delà" des 85% du Smic déjà promis à ceux qui auront travaillé "toute leur vie", d'autre part pour "offrir cette protection aux travailleurs précaires, dont le temps partiel est bien souvent subi".
Enfin, pour les régimes spéciaux, M. Philippe a évoqué un possible accord "dans les heures ou les jours qui viennent" à la SNCF afin de "favoriser la progressivité de la mise en oeuvre de la réforme", et affirmé que "le gouvernement en sera le garant".
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Il a aussi énuméré les échanges en cours à la RATP, le secteur de l'énergie, et promis que "le futur système universel reconnaîtra les spécificités" des marins.
Autant de "nouveaux droits" auxquels "personne ne croira si nous ne disons pas comment nous les finançons", a nuancé le Premier ministre, défendant la création d'un "âge d'équilibre" en plus de l'âge légal de départ en retraite, avec un "bonus-malus" pour inciter chacun à travailler plus longtemps.
Cependant, "il y a des marges de manœuvre" pour parvenir à l'équilibre financier, a-t-il ajouté, laissant la porte ouverte à d'autre options permettant notamment "d'individualiser davantage les trajectoires de départ à la retraite" et "d'éviter le caractère aveugle" d'une borne d'âge uniforme.
Le patronat a accueilli ces propositions favorablement, Geoffroy Roux de Bézieux (Medef) se disant "ouvert à discuter des modalités de l'âge d'équilibre" et François Asselin (CPME) considérant que ce dispositif serait "une mesure plutôt de bon sens".
Mais pour les syndicats favorables à la réforme, le compte n'y est pas. La CFDT reste ainsi "fermement opposée à cet âge d'équilibre", a rappelé Laurent Berger, pour qui la "recherche de l'équilibre à court terme" est "un point dur".
"L'équilibre doit se travailler", a insisté Laurent Escure, regrettant que le gouvernement n'accepte "pas de nouveaux critères" de pénibilité. Le secrétaire général de l'Unsa a néanmoins indiqué que sa fédération cheminote avait décidé d'une "pause pour les vacances" après deux semaines de grève dans les transports.
Philippe Martinez (CGT), lui, a au contraire affirmé que "la grève n'est pas levée pendant les fêtes" et annoncé une nouvelle journée de mobilisation interprofessionnelle le 9 janvier contre une réforme qu'il "ne partage pas".
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Un appel lancé conjointement avec Yves Veyrier (FO), qui considère que "c'est au gouvernement d'appuyer sur le bouton stop" et de "mettre de côté cette très mauvaise idée" de système universel à points.
Un "mauvais projet", à la fois "inutile" et "dangereux", a renchéri François Hommeril (CFE-CGC), qui va lui aussi "peut-être appeler au 9 janvier".
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