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ÉconomieFrance

Retraites, dette, gouvernement : ce qu'il faut retenir de la première interview de Michel Barnier

Coline Vazquez et Maxime Heuzé

Publié le 06 septembre 2024 à 18:27 - Mis à jour le 07 septembre 2024 à 00:58

Michel Barnier était l'invité du JT de 20 heures de TF1 ce vendredi 6 septembre.

Michel Barnier était l'invité du JT de 20 heures de TF1 ce vendredi 6 septembre.

La Tribune

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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Michel Barnier, nommé Premier ministre jeudi par Emmanuel Macron, a accordé sa première interview au JT de TF1 ce vendredi. L'occasion pour l'ancien commissaire européen d'affirmer sa volonté d'« ouvrir le débat sur une amélioration de la réforme des retraites ».

Au lendemain de sa nomination à Matignon, l'ancien commissaire européen Michel Barnier a donné sa première interview sur TF1 ce vendredi.

L'objectif : en dire davantage sur ses priorités à la tête du gouvernement et quel chemin il souhaite faire prendre à la France après avoir promis « des changements et des ruptures » lors de sa passation de pouvoir jeudi.

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Comment Michel Barnier prépare sa feuille de route économique

Un débat sur la réforme des retraites

L'occasion surtout d'aborder les sujets économiques qui ont animé la campagne. À commencer par la réforme des retraites tant contestée : « Je m'exprimerai devant l'Assemblée nationale et devant le Sénat, mais on ne va pas tout remettre en cause », commence-t-il, admettant que « c'est celle que j'aurais votée probablement à la fin de la route ».

Et d'ajouter néanmoins :« Je vais ouvrir le débat sur l'amélioration de cette loi pour les publics les plus fragiles avec les partenaires sociaux ».

Michel Barnier n'a toutefois pas souhaité se prononcer sur une possible remise en cause des 64 ans, mais s'est dit soucieux de « respecter le cadre budgétaire ». Il était, initialement, favorablement à une retraite à 65 ans.

« Je ne veux pas augmenter la dette »

Au sujet de la dette, « je ne m'interdis pas une plus grande justice fiscale », indique-t-il, sans préciser ce que cela signifie. La veille, il avait déjà prévenu qu'« il faudra dire la vérité sur la dette financière et écologique » lors de sa passation de pouvoir avec l'ex-locataire de Matignon Gabriel Attal.

Selon de récentes notes de Bercy transmises aux parlementaires, le déficit en 2024 serait bien supérieur à celui attendu (5,6% contre 5,1%). Or, pour rappel, le déficit ne doit pas dépasser 3% du produit intérieur brut (PIB) selon le Pacte de stabilité européen, qui limite aussi la dette à 60% du PIB. Face à cette dégradation des comptes publics, l'Union européenne a formellement lancé fin juillet une procédure pour déficit public excessif.

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Interrogé également sur la croissance en berne de la France, il estime qu'elle « vient des entreprises, des pêcheurs, des agriculteurs, de l'étranger, de nos départements et régions d'Outre-mer ». « Je dirai la vérité », martèle-t-il à nouveau, « mais il y a aussi des raisons d'espérance ».

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Passé l'euphorie des Jeux Olympiques, l'économie française pourrait brutalement marquer le pas au dernier trimestre. En effet, l'Insee table sur un repli de la croissance du PIB à -0,1% au dernier trimestre. Sur l'ensemble de l'année 2024, la croissance du produit intérieur brut (PIB) pourrait néanmoins être révisée à 1,1%, selon l'Insee. Pour rappel, le consensus des économistes pariait sur une croissance à 0,7% au printemps et le projet de loi de finances 2024 tablait sur 1,4%.

«Maîtriser les flux migratoires»

Michel Barnier mentionne également parmi ses priorités le fait de « maîtriser les flux migratoires. »

Une idée de longue date pour ce vieux routier de la politique. Déjà en 2021, alors candidat à la primaire LR, pour la présidentielle de 2022, dont le programme prévoyait notamment un « moratoire » sur l'immigration. Interrogé par La Tribune en novembre 2021, il avait alors détaillé sa volonté d'instaurer « un référendum (...) pour pouvoir consulter le Parlement tous les ans pour qu'il décide du quota de personnes qu'on souhaite accueillir chez nous ».

Mais ce virage droitier, alors qu'il avait longtemps été positionné sur une ligne centriste du gaullisme, ne lui avait pas permis de convaincre les militants qui lui ont préféré Valérie Pécresse.

Un gouvernement « pas seulement » de droite

Avant de mettre en place son projet, cependant, le nouveau Premier ministre va d'abord devoir nommer un gouvernement.

Àce sujet, il affirme :«Ce ne sera pas seulement un gouvernement de droite.Il y aura des gens de ma famille politique, des hommes et des femmes de la majorité sortante», tout en ne s'interdisant pas de nommer des ministres de l'ancien gouvernementni même à des gens de gauche.

Concernant de possibles concessions au Rassemblement national, Michel Barnier assure « respecter le vote » des électeurs en faveur de ce parti tout en se distançant de ce dernier : « Je n'ai rien de commun ou pas grand chose de commun avec les thèses ou les idéologies du Rassemblement national ».

« J'ai un parcours assez long, toujours appuyé par le suffrage des citoyens », avance-t-il, interrogé sur sa décision d'occuper ce poste, mettant également en valeur « son engagement européen » notamment en tant que Commissaire européen, mais aussi son rôle dans la négociation du Brexit et sa « capacité de négocier, de mettre des gens ensemble, de les respecter, de les écouter ».

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« Je sais que c'est difficile », admet-il néanmoins au sujet de cette mission qui lui a été confiée, la veille, par le chef de l'Etat. A propos de ce dernier, il dit : « Le gouvernement est responsable, il y a une indépendance. Le gouvernement gouvernera et je le ferai en bonne intelligence avec le président de la République naturellement », tout en promettant de « nouvelles méthodes ». « Je me suis toujours fait une certaine idée de mon pays et je pense que c'est le moment que chacun, à sa place, retrousse ses manches et je vais le faire », assure-t-il. « Il y a plein d'idées qui viennent des gens sur le terrain ».

Coline Vazquez et Maxime Heuzé

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