Fin connaisseur des arcanes de Bruxelles, l'ancien commissaire est rompu à l'exercice de la négociation. Une compétence cruciale pour Emmanuel Macron, alors que l'exécutif bruxellois menace de sanctionner, dans les prochaines semaines, les dérapages budgétaires répétés de Paris.
Ce n'est un secret pour personne, la France affiche un déficit public colossal qui s'est encore creusé ces douze derniers mois. Loin de redresser la barre en matières de dépenses publiques, le gouvernement Macron risque de plomber le déficit à 5,6% du PIB en 2024, contre 5,1% attendus. La dette publique atteint plus de 3.100 milliards d'euros, soit plus de 110% de la richesse nationale créée. Un scénario noir qui risque de peser, in fine, sur les foyers français et qui n'est pas du goût de l'Union européenne qui a fixé des règles pour empêcher qu'un Etat se retrouve en situation de banqueroute. A ce titre, la nomination de Michel Barnier est loin d'être anodine.
Dès 2013, alors commissaire européen, ce routier de la politique dénonçait déjà la lourdeur de l'endettement public en affirmant que la France « dépense pour sa dette plus que pour l'éducation de ses enfants ».
Ce gaulliste convaincu fait toutefois plus tard, en même temps, la différence avec « les bonnes dettes », c'est-à-dire « tout ce qui permet d'investir dans l'avenir, comme l'éducation ou la santé », expliquait-il en 2020 dans une interview à Atlantico.
Revoir la règle des 3%
En campagne ensuite pour l'investiture pour Les Républicains (LR) en 2022, la dette revient à nouveau dans son argumentaire. « Si rien n'est fait, nous allons tout droit vers 3000 milliards de dette. Il va falloir trouver une trajectoire de bonne gestion des finances publiques. Nous n'avons pas le droit de faire des chèques en bois sur la tête de nos enfants ! », écrivait-il en 2021 sur X (Twitter à l'époque). Il multiplie alors les sorties pour séduire l'électorat de droite : « en France, on est trop taxé. Pour rembourser la dette, il ne faut pas augmenter les impôts, il faut bien gérer les finances publiques et faire repartir notre pays », confiait-il encore à la chaîne Public Sénat.
Dans cette interview de 2021 pour la chaîne publique, il va même encore plus loin. Le candidat à la primaire de la droite n'exclut pas l'idée de renégocier au niveau européen la sacro-sainte règle des 3% de déficit public par rapport au PIB. Une piste qui, au vue de son expérience européenne, risque d'être au coeur de son nouveau mandat de Premier ministre d'Emmanuel Macron. Pour rappel, dans le cadre du Pacte de stabilité, les règles européennes imposent aux Etats que le déficit public ne dépasse par les 3% du PIB et que la dette publique reste inférieure à 60% du PIB.
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