La réforme des retraites pourrait rapporter 17,7 milliards d'euros aux caisses des retraites d'ici à 2030 et pourrait créer 100.000 emplois d'ici à 2025, selon le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. En revanche, le gouvernement a fait l'impasse sur les surcoûts engendrés par le décalage de l'âge de départ à la retraite de 62 ans à 64 ans (assurance-chômage, minima sociaux, pensions d'invalidité). Beaucoup de Français ne passent pas directement de l'emploi à la retraite. Entre un tiers et la moitié des...Le gouvernement a enfin levé le voile sur « la mère des réformes ». Après des mois de tergiversations et un report de la présentation de décembre, la Première ministre Elisabeth Borne a dessiné les contours de l'épineuse réforme des retraites ce mardi 10 janvier dans les bâtiments du Ségur à Paris dans le VIIème arrondissement. En compagnie du ministre de l'Economie Bruno Le Maire, celui du Travail Olivier Dussopt et celui de la Fonction publique Stanislas Guérini, la cheffe du gouvernement a tenté d'éteindre la gronde sociale qui va monter d'un cran dans les prochains jours. Elle a répété à six reprises le terme « justice » et à sept reprises le mot « progrès » lors de son allocution préparée par ses conseillers.
Le souvenir des longues grèves de décembre 2019 et janvier 2020 pour s'opposer au projet de système à points est resté marqué dans les esprits.« Nous voulons préserver notre système de retraite par répartition. C'est-à-dire un système où ceux qui travaillent financent les pensions des retraités. C'est pour le préserver que des majorités, de droite comme de gauche, ont mené des réformes ces dernières années. Et c'est pour le préserver, que nous devons le faire évoluer », a déclaré la Première ministre.
« Ramener le système à l'équilibre »
Derrière ces éléments de langage, le gouvernement n'a pas caché sa volonté « de ramener le système à l'équilibre ». « La France possède l'un des systèmes parmi les plus généreux au monde [...] Mais compte tenu du vieillissement de la population, l'équilibre de ce régime est menacé, » a martelé le ministre de l'Economie devant un parterre de journalistes. Bruno Le Maire poursuit ainsi son récit sur la baisse des dépenses publiques entonné récemment lors de ses vœux aux acteurs du monde économique et à la presse.
Après le « quoi qu'il en coûte » mis en oeuvre durant la pandémie, le ministre de l'Economie a promis récemment de tenir des « revues » annuelles de la dépense publique et des assises des finances publiques, une nouvelle méthode pour tenter de faire baisser la dette tricolore atteignant des sommets depuis la crise sanitaire (114% du produit intérieur brut). Pour rappel, le déficit du système de retraites en France est estimé à 13,5 milliards d'euros en 2030 par le gouvernement.