Retraites : pour le syndicat FO, l'exécutif prend le dossier « par le bon bout »
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Frédéric Souillot, secrétaire général de FO, appelle à « parler de l'emploi des 55-64 ans ».
Reuters
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Frédéric Souillot, secrétaire général de FO, appelle à « parler de l'emploi des 55-64 ans ».
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Les consultations vont bon train à Matignon autour des questions sociales. FO, qui réclame comme l'ensemble des syndicats l'abrogation de la réforme des retraites de 2023, a ainsi été reçu jeudi par le Premier ministre François Bayrou, notamment pour évoquer ce très sensible dossier et le recul de l'âge du départ.
À l'issue de ce rendez-vous, Frédéric Souillot, secrétaire général de FO, a estimé qu'« il n'y a pas d'équilibre financier » dans la réforme des retraites de 2023, notamment parce que « encore aujourd'hui, 50 % de ceux qui liquident leur retraite ne sont plus en emploi, mais soit à l'assurance chômage, soit en maladie professionnelle, et 18 % d'entre eux sont au RSA ».
En conséquence, le syndicaliste a appelé à « parler de l'emploi des 55-64 ans » et a demandé la transposition dans la loi de l'accord sur l'emploi des seniors et la retraite progressive signé entre partenaires sociaux en novembre dernier. Il a néanmoins estimé que le gouvernement prenait « les choses par le bon bout ».
De son côté, François Bayrou a confirmé vouloir ouvrir des concertations sur la réforme des retraites sans « aucun tabou », y compris sur l'âge légal de départ selon les propos rapportés par la numéro un de la CFDT, Marylise Léon.
François Hommeril, président de la CFE-CGC, a jugé lui que le dialogue engagé par François Bayrou avec les partenaires sociaux « commence mal » concernant les retraites. À l'issue de son entretien avec le chef du gouvernement, il a reproché au locataire de Matignon de « raisonner globalement, comme s'il n'y avait qu'un seul système » de retraite entre le secteur privé et celui du public, « qui n'est pas un régime par répartition ».
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D'après le responsable, le Premier ministre considère que « ce n'est pas à l'État de payer le coût, finalement, du régime des fonctionnaires ». Or, pour le dirigeant syndical, il est impossible de « traiter de la même façon la question du régime de la Sécurité sociale, de l'Agirc-Arrco (retraites complémentaires) et des différents régimes séparés ». Il a rappelé que « la question est liée à l'engagement nécessaire de l'État à payer les pensions des fonctionnaires en retraite ».
En décembre 2022, alors qu'il était Haut Commissaire au Plan, François Bayrou avait rédigé une note affirmant que « pour leurs fonctions publiques, l'État, les collectivités territoriales et les hôpitaux assument des cotisations en moyenne presque trois fois plus élevées que pour les employeurs du reste de l'économie française ».
Sur le plan politique, le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, tente d'obtenir la suspension de la réforme des retraites en échange d'une absence de motion de censure. Cette stratégie pourrait permettre une victoire symbolique pour la gauche, mais complique ses relations avec La France insoumise (LFI), qui a déjà annoncé une motion de censure après la déclaration de politique générale de François Bayrou le 14 janvier.
Le leader de LFI, Jean-Luc Mélenchon, a vivement critiqué cette négociation, dénonçant sur X une « forfaiture » et une « servilité » des représentants socialistes, écologistes et communistes. LFI accuse également ces formations de « reniements » par rapport au programme du Nouveau front populaire (NFP). Les communistes et les écologistes exigent, comme préalable à tout accord, une abrogation ou une suspension de la réforme.
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« Au vu des discussions que nous avons eues à ce stade, nous n'avons aucune raison de ne pas voter la censure », a déclaré Cyrielle Chatelain, cheffe des députés écologistes, lors des journées parlementaires de son parti à Rennes. Selon elle, l'abandon de la réforme est « une condition nécessaire si ce gouvernement ne veut pas tomber, mais ce n'est pas un geste suffisant ».
(Avec AFP)
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