Retraites : la CPME plaide pour une meilleure prise en charge de l'usure professionnelle
latribune.fr
Le patron de la CPME plaide pour une meilleure prise en charge des métiers pénibles, à travers le Fonds d'investissement dans la prévention de l'usure professionnelle (FIPU).
Le président de la CPME François Asselin s'est dit mardi prêt à discuter avec les autres partenaires sociaux d'une amélioration de la réforme des retraites, suggérant de la cibler sur les métiers créant de l'usure professionnelle.
[Article publié le mercredi 8 janvier 2025 à 7h17, mis à jour à 11h05] Les partenaires sociaux défilent à Matignon depuis mardi pour s'entretenir avec le Premier ministre sur tous les sujets liés à la retraite. Le président de la Confédération des petites et moyennes et entreprises (CPME), François Asselin, a d'ailleurs soufflé une idée à François Bayrou : concentrer les efforts sur les métiers générant une usure professionnelle. Il a ainsi plaidé pour une meilleure prise en charge des métiers pénibles, à travers le Fonds d'investissement dans la prévention de l'usure professionnelle (FIPU). Ce fonds pourrait être utilisé pour intervenir dès le milieu de carrière, afin de prévenir les effets de l'usure.
De son côté, le président du Medef, Patrick Martin, souhaite aller au-delà de simples ajustements sur les retraites. Il propose d'ouvrir un débat plus large sur le financement de la protection sociale, en évoquant des pistes controversées telles que les régimes de retraite par capitalisation ou le transfert partiel des charges sociales vers la fiscalité, via des outils comme la TVA sociale ou la CSG. Il reconnaît que l'option de la TVA sociale est pour l'instant écartée par le gouvernement, mais estime qu'un véritable débat de fond sur la soutenabilité du système de protection sociale est indispensable.
L'âge de départ négociable
Reçue mardi en fin d'après-midi à Matignon, la numéro un de la CFDT Marylise Léon a confirmé que tous les sujets sont « sur la table ». Et notamment celui de l'âge légal de départ, « l'éléphant au milieu de la pièce », a-t-elle souligné ce mercredi sur LCI. François Bayrou a affirmé mi-décembre, peu après sa nomination comme Premier ministre, croire une autre solution possible pour le financement du système des retraites que le report de l'âge de 62 à 64 ans, acté dans la réforme de 2023.
« L'âge, il nous a été présenté comme un paramètre d'équilibre budgétaire. Nous, on dit qu'il y a d'autres solutions qui peuvent être regardées en termes de financement », a résumé Marylise Léon, insistant sur les exonérations de cotisations sociales ou l'emploi des seniors.
À la question de savoir si le gouvernement pouvait remettre en cause la réforme des retraites sachant qu'il est exposé à un risque de censure, la dirigeante de la CFDT a considéré qu' « une voie de passage doit être trouvée ». « Nos attentes dans le discours de politique générale (de François Bayrou), c'est d'avoir des annonces sur (...) la question de l'emploi, du travail, des retraites », a-t-elle ajouté.
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Un entretien« sympathique »
Marylise Léon a salué ce mercredi « un premier ministre qui était beaucoup à l'écoute ». De son côté,François Asselin a jugé l'entretien « sympathique ». Il a estimé que le Premier ministre avait un côté « méthode Coué où il se dit qu'il faut jouer toutes les chances possibles ». Mais « il y a ce qu'il faudrait faire pour que la France redresse la tête, et ce que le Premier ministre pourra faire dans le contexte politique actuel » a-t-il estimé.
La CPME a fait par ailleurs preuve de réalisme en acceptant le dernier arbitrage du gouvernement sur les allègements de charges patronales. Ces modifications, contenues dans le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS), limitent les suppressions d'allègements à 1,6 milliard d'euros, préservant ainsi les PME.
Le chef du gouvernement s'entretiendra ce mercredi à 19h avec la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet. La CGT a fait savoir à l'AFP qu'elle ira « avec plusieurs dossiers sur la table », citant notamment l'emploi et l'industrie, les retraites, et les services publics. Jeudi suivront le leader de FO Frédéric Souillot à 10h, celui de la CFE-CGC François Hommeril à 15h30 et le président de l'U2P (entreprises de proximité) Michel Picon à 18h. Le patron de la CFTC, Cyril Chabanier, sera reçu le lundi suivant, à la veille de la déclaration de politique générale de François Bayrou.