Retraites : le Medef veut ouvrir le débat sur la capitalisation
latribune.fr

Le président du Medef a rencontré le Premier ministre François Bayrou à Matignon ce mardi.
Abdullah Firas/ABACA
latribune.fr

Le président du Medef a rencontré le Premier ministre François Bayrou à Matignon ce mardi.
Abdullah Firas/ABACA
À son arrivée à Matignon, François Bayrou a proposé aux forces politiques et syndicales de rouvrir une discussion, pendant neuf mois, sur la réforme controversée des retraites de 2023, sans pour autant la suspendre. Le patron du MoDem estime que le financement peut passer par une autre solution que le report de l'âge légal de 62 à 64 ans, et notamment via un système à points - idée qui figurait déjà dans la réforme portée en 2019 et avortée en raison de la crise sanitaire. Visiblement, le message a été bien reçu.
Lundi 6 janvier, lors des premières consultations budgétaires menées à Bercy, les représentants du PS n'ont pas manqué d'évoquer l'épineux dossier. À la sortie du rendez-vous, Patrick Kanner, le président du groupe socialiste au Sénat a indiqué qu'il y avait eu « une proposition de modification, d'évolution de la réforme des retraites », de la part du ministre de l'Economie Eric Lombard.
Ce mardi 7 janvier, le Medef a évoqué le dossier avec le Premier ministre, rue de Varenne. « Saisissons cette opportunité (d'une discussion sur les retraites, NDLR) pour aller très au-delà d'un simple rafistolage de ces régimes qui sont, disons les choses, à bout de souffle », a affirmé le représentant du patronat, Patrick Martin, à la sortie de son entretien.
Mais le président du Medef défend ses lignes rouges. Il s'est dit dans ce cadre « prêt à (...) une discussion sur l'aménagement de la dernière réforme des retraites » moyennant certaines « réserves ». « Il ne faut pas que (les entreprises) soient assommés d'impôts » ou de « charges sociales » par ailleurs, « ces travaux ne doivent pas édulcorer le rendement financier de cette réforme », et « il ne faut pas que ça se traduise par un alourdissement du coût du travail » pour les entreprises, a-t-il développé.
Plus largement, et bien au-delà des retraites, c'est tout le système de protection sociale que le Medef veut remettre à plat. Patrick Martin souhaite « faire levier de ces travaux (...) pour poser beaucoup plus fondamentalement le sujet du niveau et du financement de notre protection sociale, pas seulement des retraites ».
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

En effet, Bercy a fait savoir lundi qu'il espérait réaliser 50 milliards d'euros d'économies dans le budget en cours d'élaboration. Mais interrogée par Le Parisien, la ministre du Budget, Amélie de Montchalin, a écarté d'emblée la piste d'une hausse de la TVA.
À lire également
« Il faut un PLF, il faut un PLFSS (projet de loi de financement de la Sécurité sociale, NDLR) en naviguant entre des écueils qui sont assez rapprochés » pour « apporter au pays de la stabilité, de la visibilité » et « autant que possible de la confiance », a plaidé Patrick Martin. Alors que l'absence de loi de finances provoqué par le vote de la motion de censure contre le gouvernement Barnier, a plongé en fin d'année nombre de chefs d'entreprises dans l'incertitude.
(Avec AFP)
latribune.fr