François Bayrou est rassuré. À l'issue d'un numéro de haute voltige politique, le Premier ministre a réussi à faire adopter le budget 2025 tout en évitant la censure de son gouvernement. Ce texte, issu d'un compromis entre sénateurs et députés en commission mixte paritaire (CMP), doit permettre de baisser le déficit public de l'Hexagone à 5,4 % du PIB en 2025, après un dérapage à 6,1 % l'année dernière. Mais pour tenir l'engagement pris à Bruxelles de ramener le déficit en dessous des 3 % en 2029, le locataire de Matignon va devoir, dès ce printemps, repartir à la chasse aux économies. La préparation du budget pour 2026 s'annonce ardue.
Pour mener sa mission, le chef du gouvernement va peut-être consulter la note de François Ecalle, ancien magistrat à la Cour des comptes et président de l'association Fipeco, dévoilée ce lundi 10 février par La Tribune. À partir des chiffres 2023 de l'Insee sur les dépenses publiques, l'expert a reconstitué comment 1 000 euros de prélèvements obligatoires (impôts + cotisations) sont déboursés par l'État. Un éclairage loin d'être anodin quand on sait que, cette année-là, le total des dépenses publiques a atteint 1 608 milliards d'euros (57 % du PIB).
Un rapide coup d'œil au tableau ci-dessous permet de dresser un premier constat : le poids de la protection sociale (vieillesse, santé, famille, chômage, etc.) est massif en France. Sur 1 000 euros dépensés par les administrations publiques, 565 euros y sont consacrés. Et au sein de cet énorme poste budgétaire, les retraites occupent une place prépondérante (254 euros). Pour François Ecalle, il n'y a guère le choix : « La désindexation des pensions de retraite va être un enjeu clé pour trouver des sources d'économies budgétaires », prévient-il.