Salaires : le nombre de cadres bénéficiant d'une augmentation pourrait exploser en 2022

Dans un contexte de forte inflation,un nombre record de cadres pourrait être augmenté en 2022 dans la droite ligne de ce que l'on observait déjà en 2021. Pour autant, l'insatisfaction concernant la rémunération gagne du terrain et l'écart de salaires hommes-femmes ne se résorbe pas.
(Crédits : DR)

La rémunération des cadres connaît une belle embellie. Selon le baromètre annuel de la rémunération publié ce jeudi par l'Association de l'emploi pour les cadres (Apec), 46% d'entre eux ont obtenu une augmentation en 2021, en nette hausse par rapport à 2020 (38%). Leur rémunération annuelle brute médiane a ainsi atteint 51.000 euros (contre 50.000 en 2020) alors qu'elle stagnait entre 2018 et 2020.

 Les hommes bien mieux rémunérés que les femmes

Autre enseignement, il y a encore du chemin pour atteindre la parité. Fin 2021, la rémunération annuelle brute des hommes cadres se situait à 54.000 euros contre 47.000 pour les femmes cadres, un écart de 15% stable depuis plusieurs années. A profil et poste équivalents, l'écart est de 7,4%, il oscille entre 7 et 8% depuis de nombreuses années.

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Les jeunes cadres ont été 62% à être augmentés en 2021, soit 12 points de plus qu'en 2020 et un niveau supérieur à 2019 (60%). Si la rémunération des moins de 30 ans s'était rétractée en 2020 pour la première fois au cours des 10 dernières années, « la situation semble revenue à la normale ».

En 2022, dans un contexte de tensions sur le recrutement et d'inflation inédite depuis des décennies, la part de cadres augmentés devrait se situer à  « un niveau historiquement élevé ».

Des cadres néanmoins de plus en plus insatisfaits par leur salaire

En effet, interrogés en mai 2022, 41% des cadres indiquaient avoir déjà perçu une augmentation depuis le début de l'année et 18% pensaient en percevoir une d'ici à la fin de l'année. « Le niveau record de 51% de cadres augmentés de 2018 pourrait être dépassé cette année », observe l'Apec.

Malgré ces efforts salariaux, la rémunération est devenue en mai l'un des principaux sujets d'insatisfaction des cadres, notamment chez les moins de 35 ans (29%, +5 points par rapport à 2021). L'insatisfaction concernant la rémunération progresse aussi chez les 35-54 ans (27%, +4 points) mais reste stable chez les plus âgés (25%, -1 point).

Une augmentation globale des salaires

Au-delà des cadres, d'après une étude menée par la Banque de France, les hausses de salaire négociées pour 2022 varient en moyenne entre 2,5% et 3,5% selon les secteurs contre 1% depuis 2014. Dans l'automobile, la revalorisation atteint même 4,5% en 2022.

Quant au secteur de la restauration, les travailleurs ont obtenu une augmentation moyenne de l'ensemble de la grille salariale de 16,33% et une rémunération minimum supérieure à 5% du Smic. Le salaire des 5,7 millions d'agents publics va être revalorisé de 3,5% dès le 1er juillet. Reste que ces revalorisations sont, dans l'ensemble, bien en deçà de la hausse des prix qui grève le pouvoir d'achat.

Indexer les salaires sur l'inflation, une fausse bonne idée

Gilbert Cette, professeur d'économie à Neoma Business School, s'inquiète que ces augmentations installent la France dans une spirale inflationniste. Il évoque la « courbe de Phillips », un phénomène se produit lorsque la hausse des salaires alimente la hausse des prix. Les entreprises revalorisent la rémunération de leurs employés ce qui augmente leurs coûts de production et elles sont alors contraintes de les répercuter sur leurs prix de vente pour ne pas réduire leurs marges de manière trop importante. C'est pourquoi, depuis 1983 et le gouvernement Pierre Mauroy, l'indexation des salaires sur l'inflation est interdite.

Si la banque centrale européenne (BCE) est opposée à une telle indexation -qui n'est guère pratiquée en Europe, sauf en Belgique et au Luxembourg selon des modalités différentes -, c'est bien toujours par crainte d'une spirale inflationniste.

 Néanmoins, quelque deux millions de salariés restent protégés de l'inflation, ceux payés au Smic. Un dispositif de revalorisation automatique, y compris en cours d'année, assure que le salaire minimum progresse au moins aussi vite que les prix. De mai 2021 à mai 2022, le Smic aura ainsi augmenté de 5,9%.

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Commentaires 4
à écrit le 30/06/2022 à 9:56
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Ce sont des augmentations à la Schroeder... Jonathan Hart ouoh oh oh, Jenifer Hart des justiciers milliardaires... ah ah ah (les fameuses lois Hartz...). Les oligarques vous dominent outrageusement.

le 30/06/2022 à 12:57
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L'aaaaaamour du fisc ! Johnathan & Jennifer, faire la vie dure aux gangsters ! ha ah ah ah

à écrit le 30/06/2022 à 8:59
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Il y a bien deux solutions: soit un "statut quo" par un blocage des prix a la consommation, soit un "jeu du chat et de la souris" par l'augmentation tout azimut!

le 30/06/2022 à 12:11
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Ne restez pas bloquer sur une idée qui ne tient pas une seconde une analyse approfondie. Le blocage des prix c'est le blocage de l'économie toute entière.

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