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Semaine de quatre jours: « Il convient de laisser les entreprises choisir » (Assemblée)

latribune.fr

Publié le 16 octobre 2024 à 15:21 - Mis à jour le 16 octobre 2024 à 22:01

En France, le nombre d'accords collectifs prévoyant « une répartition de la durée du travail hebdomadaire sur moins de cinq jours évolue à la hausse », selon le ministère du Travail (photo d'illustration).

En France, le nombre d'accords collectifs prévoyant « une répartition de la durée du travail hebdomadaire sur moins de cinq jours évolue à la hausse », selon le ministère du Travail (photo d'illustration).

AMANDINE IBLED

Le Quotidien Numérique

04 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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Organiser le travail sur quatre jours par semaine peut présenter des avantages pour les salariés et les entreprises, selon un rapport parlementaire. Ses auteurs estiment toutefois que le choix ou non d'opter pour cette façon de fonctionner ne doit pas être imposé par la loi mais décidé par les entreprises elles-mêmes.

Alors que l'idée du passage de cinq à quatre jours travaillés grossit ces dernières années, dans les entreprises privées comme les administrations publiques, ce mode d'organisation n'est toutefois « ni un remède universel aux maux qui affectent le monde du travail, ni une fausse bonne idée sans avenir », selon un rapport d'information parlementaire rendu public ce mercredi. Il « peut contribuer, dans certains cas et sous certaines conditions, à l'amélioration des situations professionnelles et personnelles des travailleurs d'une part, des performances économiques des entreprises d'autre part », peut-on lire. Sans que ce ne soit cependant assuré.

Ne pas l'imposer par la loi

C'est pourquoi, selon les auteurs de ce rapport, « l'intervention du législateur ne paraît pas nécessaire » pour mettre en place ce type d'organisation. Ils se disent ainsi « résolument hostiles » à toute contrainte en vue de généraliser « son déploiement dans les sociétés privées ou les administrations publiques ».

« Il convient de laisser les entreprises choisir, dans le respect des règles d'ordre public, le mode d'organisation du temps de travail le plus approprié pour elles »,soulignent les auteurs, dont le rapport a reçu un vote favorable en commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale

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Un avis partagé par Andrea Garnero, spécialiste du marché du travail à l'OCDE. « La réflexion sur le temps de travail est opportune, mais ça ne veut pas dire que la meilleure manière est de légiférer sur quatre jours. Quatre jours, ça peut ne pas convenir à certaines personnes s'il faut travailler une heure de plus » le reste des autres jours, mettait-il déjà en avant il y a deux ans, interrogé par l'AFP.

« L'organisation de la semaine optimale n'est écrite nulle part. On peut penser à diverses organisations du travail, mais l'important est de procéder au cas par cas en respectant les spécificités des secteurs et des entreprises, en passant par la négociation collective plutôt que par la loi »,estimait-il.

En France, la semaine de quatre jours se répand progressivement. Le nombre d'accords collectifs prévoyant « une répartition de la durée du travail hebdomadaire sur moins de cinq jours évolue à la hausse », avec 147 accords d'entreprise traitant de cette question entre 2017 et le 1er mai 2024, selon le ministère du Travail.

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La semaine de quatre jours, une fausse bonne idée ?

Une mesure plébiscitée par les Français

Les Français plébiscitent en tout cas ce type d'organisation du temps de travail. Selon un sondage réalisé par l'institut Ifop en mars, ils sont 70% à être favorable à l'instauration de la semaine de quatre jours - 32 heures payées 35 heures - dans les entreprises publiques et privées en France, dont 37% qui y sont « tout à fait » favorables. Parmi les actifs, 77% se déclarent favorables à cette mesure, dont près de la moitié (45%) « tout à fait » favorables.

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Une proportion qui varie assez fortement selon les générations. Ainsi, 84% des moins de 35 ans y sont favorables contre 65% des 35 ans et plus, dont seulement 49% des 65 ans et plus - les seuls à être minoritaires sur cette question parmi l'ensemble de la population. Parmi les actifs, les écarts sont en revanche moins flagrants selon les âges : 85% des moins de 35 ans contre 74% des 35 ans et plus.

Les femmes actives sont par ailleurs plus nombreuses à se montrer favorables à l'instauration de la semaine de 4 jours : 81% contre 73% des hommes actifs. « Sans doute en lien avec la "double voire triple journée" qu'elles effectuent et les inégalités dans la répartition des charges domestiques et de la charge mentale », estime l'étude.

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La semaine de quatre jours gagne du terrain en Europe

En Belgique, depuis novembre 2022, les salariés peuvent faire un temps plein à durée de travail inchangée condensé sur quatre jours tout en conservant leur salaire. Une mesure qui n'aurait toutefois pas séduit beaucoup d'actifs pour le moment, selon le média belge RTBF.

Une expérimentation a été lancée en Espagne l'année dernière, pour les petites entreprises de moins de 250 salariés du secteur industriel, pendant deux ans. Elle consiste à réduire le temps de travail, d'au moins 10%, et de passer au minimum à quatre jours et demi par semaine, sans toucher au salaire. Selon ses résultats, elle pourrait être généralisée à toutes les entreprises du pays.

Phase de test aussi mise en place outre-Rhin pour une cinquantaine d'entreprises. Avec une règle simple : 100% de la performance, 80% du temps de travail, 100% de la rémunération. Lancée en février dernier, cette expérimentation devait durer six mois.

Du côté du Royaume-Uni, le test, mené entre juin et décembre 2022 dans 61 entreprises employant près de 3.000 personnes dans divers secteurs, s'est avéré concluant. Là aussi, le principe reposait sur un maintien à 100% de la rémunération et de la productivité, et d'un temps de travail réduit de 20%. À son issue, 92% des entreprises ont voulu maintenir la nouvelle organisation, qui a permis de réduire le stress, l'épuisement professionnel et la fatigue, ainsi que le taux d'absentéisme et de démission, malgré une intensification du rythme de travail pour 62% des salariés.

(Avec AFP)

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