Suppression d'un deuxième jour férié : l'exécutif favorable à un débat
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Laurent Saint-Martin, le ministre du Budget, n’est pas le seul membre du gouvernement à s’afficher favorable à un débat sur cette mesure.
Reuters
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Laurent Saint-Martin, le ministre du Budget, n’est pas le seul membre du gouvernement à s’afficher favorable à un débat sur cette mesure.
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Les Français vont-ils perdre encore un jour férié ? « Cela fait partie des débats qu'on aura au Parlement », a reconnu le ministre du Budget, Laurent Saint-Martin, ce mardi sur TF1. « Je pense que tout ce qui permet à notre pays de montrer qu'on peut travailler davantage pour participer à l'effort de redressement va dans le bon sens », a-t-il avancé.
Le ministre a rappelé que ce n'est pas le gouvernement qui a proposé cette idée. Elle a en effet été relancée à la fin du mois de septembre par des parlementaires, dans un rapport du Sénat. Le motif ? Permettre de financer la reconstruction du modèle des Ehpad. Plus concrètement, la mesure consisterait à transformer un deuxième jour férié en jour de solidarité travaillé, à l'instar du lundi de Pentecôte. À la clé, selon ce document : « 2,4 milliards d'euros de recettes supplémentaires ».
À la question de savoir si le gouvernement doit choisir un jour en particulier ou laisser la décision aux entreprises, le ministre s'est affiché favorable à la deuxième option. « Il faut souvent laisser de la souplesse pour que ça marche. À l'expérience, c'est quand même ça qui fonctionne », a estimé Laurent Saint-Martin.
Le ministre du Budget n'est pas le seul membre de l'exécutif à s'afficher favorable à un débat sur cette mesure. Son homologue à l'Économie, Antoine Armand, a lui aussi jugé « la proposition très intéressante, à regarder de près », dimanche sur LCI. Des parlementaires se sont aussi déjà exprimés pour. À l'image de Gérald Darmanin, ancien ministre de l'Intérieur désormais député. Le président du Medef est aussi partant. « Il ne faut rien s'interdire » pour financer la protection sociale, a-t-il indiqué début octobre.
Depuis 2004 et l'instauration de la première journée de solidarité, la plupart des Français ont déjà un jour férié en moins. Elle a été créée consécutivement à la canicule de l'année précédente, qui avait fait quelque 15.000 morts dans le pays, surtout des personnes âgées.
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Concrètement, les actifs effectuent une journée supplémentaire de travail sur une journée normalement fériée. Soit l'équivalent de sept heures sans être rémunérés. En contrepartie, les entreprises versent une contribution de solidarité autonomie (CSA), équivalente à 0,3% de leur masse salariale. Elle abonde un fonds de solidarité publique destiné à financer des actions en faveur de l'autonomie des personnes âgées ou handicapées. En 2023, la journée de solidarité a rapporté 3,2 milliards d'euros, selon la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie.
C'est bien souvent le lundi de Pentecôte qui est choisi par les entreprises et les administrations pour ce jour de solidarité, jour initialement fixé par le gouvernement. Mais, depuis 2008, de la souplesse a été instaurée. Elles peuvent déterminer elles-mêmes la date et le déroulement de cette journée. Reste à voir si un deuxième jour viendra compléter ce premier.
Le ministre du Budget s'est par ailleurs exprimé ce mardi sur une mesure inscrite au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) : l'alignement des indemnisations d'arrêt de travail des agents du public sur ceux du privé. Elle consisterait à passer d'un à trois jours de carence et de moins bien rémunérer les arrêts des fonctionnaires. À la clé : 1,2 milliard d'euros d'économies.
Pour Laurent Saint-Martin, c'est une « mesure de bon sens, d'équité ». « On ne comprend pas pourquoi il y a encore des différences entre le secteur public et le secteur privé », a estimé le ministre. A contrario, les syndicats sont contre. C'est une « proposition populiste », a notamment dénoncé ce mardi la secrétaire générale de la CGT. Sophie Binet a appelé à « arrêter le fonctionnaire bashing » et à contrer la dégradation des conditions de travail.
Plus globalement, Laurent Saint-Martin a confirmé l'intention du gouvernement de laisser les débats budgétaires aller à leur terme à l'Assemblée. Outre le PLFSS, les députés ont démarré la semaine dernière l'examen du projet de budget pour 2025 avec la partie recettes. N'ayant pu aller au bout, de nombreux amendements ayant été déposés, les débats ont été mis en pause cette semaine. Ils reprendront dès le 5 novembre prochain. Mais le ministre a rappelé que, si le Parlement « dispose d'autant d'amendements qu'il le veut », le texte devra quand même être transmis au Sénat au bout du délai constitutionnel de 40 jours.
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Le ministre a par ailleurs laissé entendre que le gouvernement avait bien l'intention de réintroduire ultérieurement des mesures supprimées lors des débats. À l'instar de la hausse de la taxe sur l'électricité ou le malus automobile. Sur la baisse envisagée des aides à l'achat d'un véhicule électrique, Laurent Saint-Martin a justifié : « Si le rôle de l'Etat c'est de toujours dire "je branche de la subvention et je ne sais pas la retirer quand le mécanisme a fait ses preuves" ce n'est pas de la bonne gestion ».
(Avec AFP)
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