Les maires n'auront plus le choix l'année prochaine. Entre la ponction de 5 milliards d'euros sur l'ensemble des collectivités territoriales et le coup de rabot de 1,5 milliard sur le « Fonds vert » qui les touchera au premier chef, les élus locaux préférés des Français vont devoir se serrer la ceinture. D'aucuns édiles se mettent donc à rêver, tout haut, d'un impôt local dont s'acquitteraient tous leurs administrés. Et ce, afin de pouvoir continuer à faire tourner l'économie - le BTP en tête -, qui dépend de leur commande publique.
Et pour cause : depuis le 1er janvier 2023, l'ensemble des contribuables ne paie plus la taxe d'habitation pour le plus grand bonheur des locataires. A contrario, les propriétaires continuent de payer une taxe foncière sur leur résidence principale et une taxe d'habitation en cas de possession d'une résidence secondaire. Le tout en application de la promesse du candidat Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle de 2017.
Aussi, dès 2018, le chef de l'Etat avait annoncé une réforme de la fiscalité locale en 2020. Sauf que le Covid-19 est venu bousculer l'agenda politique. L'année suivante, en 2021, la grande réforme fiscale sort des écrans radars, mais la compensation de la taxe d'habitation s'invite en ouverture du congrès des maires.
Ces derniers affirment alors que 6.000 des 35.000 communes n'ont pas reçu la compensation promise par l'Etat « et ne la recevront pas ». En clôture du raout deux jours plus tard, le président Macron s'en défend et assure qu'« elle a été compensée conformément aux engagements à l'euro près ».