Menaces d'attentats : « Il y a 10.000 personnes à surveiller en France » (Driss Aït Youssef)
Propos Recueillis Par Pauline Delassus
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Interview avec Driss Aït Youssef
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Interview avec Driss Aït Youssef
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Selon le docteur en droit public, spécialiste en sécurité globale, les services de police font leur maximum mais butent sur un manque de moyens humains.
LA TRIBUNE DIMANCHE- Le corps enseignant est de nouveau attaqué. Pourquoi l'école est-elle prise pour cible par les terroristes islamistes ?
DRISS AÏT YOUSSEF- Parce que l'Éducation nationale est le berceau de la République. Ce sont les professeurs, ceux d'histoire notamment, qui transmettent les savoirs, qui développent l'esprit critique des élèves face aux thèses obscurantistes, complotistes et antisémites, qui apprennent ce qu'est la laïcité. Les islamistes opèrent ainsi partout dans le monde. En Afghanistan, les talibans ferment les écoles. En Irak et en Syrie, Daech a démoli les sites antiques. Ils savent que pour détruire une nation il faut d'abord détruire son histoire.
Combien d'individus présentent ce profil de radicalisé ?
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Il y a en France 5 300 fichés S pour islamisme ; 3 000 de la mouvance ultragauche et 1 300 d'ultradroite. Et il y a plus de 350 personnes condamnées dans des affaires terroristes en liberté sur le territoire après avoir purgé leur peine. Cela fait environ 10 000 personnes à surveiller. La DGSI a 5 000 agents, il en faudrait au moins 8 000 pour couvrir l'ensemble des menaces. D'autant que certains se radicalisent lentement et sont très difficiles à détecter. Rappelons qu'un fichage S n'est pas un délit, c'est un outil de travail pour les services de police. Les policiers prennent en charge, à plusieurs, un individu, essaient de lever les doutes, puis passent à un autre « fiché ».
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