LA TRIBUNE - Au moment de la présentation du budget 2024 fin septembre, le gouvernement a répété son mantra d'éviter toute hausse de la fiscalité. Pourtant, l'Etat s'apprête à augmenter les taxes sur le gazole non routier des agriculteurs, des entreprises du BTP. Les taxes sur le gaz devraient également augmenter l'année prochaine. Existe-t-il un risque d'embrasement social ?
PIERRE BOYER- La France est dans une situation inflammable. Les décideurs publics ont en tête ce risque d'embrasement. Ils prennent des mesures court-termistes pour permettre de passer ces moments difficiles. L'indexation du barème de l'impôt sur le revenu va clairement dans ce sens. Beaucoup de contribuables des classes moyennes peuvent potentiellement basculer dans l'impôt sur le revenu sans cette indexation. Ce qui pourrait générer du mécontentement. La dernière enquête du Conseil des prélèvements obligatoires montre que trois Français sur quatre pensent que le niveau général des impôts est trop élevé en France. Avec l'inflation, l'Etat doit prendre des mesures pour limiter ce choc sur les plus modestes.
Sur le budget, il y a un enjeu clair sur la qualité de la dépense. La lutte contre le gaspillage de l'argent public peut avoir un effet vertueux sur les marges de manœuvre budgétaires et dans le même temps assurer aux Français que chaque euro collecté est utilisé à bon escient. Cela permet de mieux expliquer le niveau élevé des prélèvements obligatoires qui correspond à des besoins dans la santé, l'éducation, la défense, la transition écologique et à la fin il est possible que cela favorise le consentement à l'impôt des citoyens.