L'histoire montre qu'en cas de baisse de la TVA, sa plus grand part est captée par les entreprises et leurs salariés, avec comme conséquence un impact réduit sur les prix de vente. Seulement 10% d'une baisse de la TVA des produits alimentaires...
Le pouvoir d'achat des ménages les plus modestes pourrait être amputé de 2,1% si l'inflation alimentaire atteignait 10%, comme le prévoient les scénarios les plus pessimistes. Mais une suppression de la TVA sur les produits alimentaires de premières nécessité n'améliorerait leur pouvoir d'achat que de 0,07%, calcule une étude.
L'ensemble des analystes en conviennent: l'inflation va continuer de grimper tout au long de 2022, et toucher aussi de plus en plus les produits alimentaires. Les prévisions les plus optimistes tablent sur +4% à la fin de l'année. Mais des scénarios bien plus pessimistes commencent à voir le jour.
C'est le cas de ceux publiés le 13 avril par Asterès. Le cabinet de conseil économique estime que, malgré les incertitudes concernant l'impact de la guerre en Ukraine sur la production et les exportations de Kiev, ainsi que sur les restrictions à l'exportation de la Russie, elle "devrait conduire à un choc important sur les prix de l'alimentation" non seulement au niveau mondial, mais aussi en France.
Cet impact, qui se fera sentir plus tard dans l'année, en raison du décalage temporel entre les variations des prix des matières premières alimentaires et ceux pratiqués par les industriels et les distributeurs de l'agro-alimentaire, pourrait impliquer une inflation alimentaire allant jusqu'à 10% en 2022, si la France devait suivre le rythme des Etats-Unis.
En fonction aussi des choix des entreprises de l'agro-alimentaire - entre reporter leurs hausses de coûts sur le client final ou bien réduire leurs marges -, l'inflation pourrait être contenue à 6% (comme lors de la crise alimentaire de 2007 et 2008), voire à 4%, calcule le cabinet.
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L'impact sur le pouvoir d'achat des ménages français serait de -1,1% selon l'hypothèse la plus pessimiste, de -0,7% selon le scénario médian et de -0,4% selon le scénario le plus optimiste. Mais l'effet serait bien plus fort pour les ménages modestes que pour les ménages aisés: leur pouvoir d'achat serait amputé respectivement de 2,1%, de 1,3% et et de 0,9%.
La baisse de la TVA captée surtout par les entreprises
Or, la proposition de supprimer la TVA sur les produits alimentaires de première nécessité, formulée par Marine Le Pen, est non seulement incompatible avec les traités de l'Union européenne. Mais encore, elle ne soulagerait que très modestement ces ménages les plus précaires, selon Astères. La candidate à la présidentielle n'ayant pas précisé les produits qui seraient concernés par la mesure, le cabinet en a estimé l'impact sur le pain et les aliments à base de céréales, le lait, le fromage, les œufs, les huiles et les graisses, les fruits et les légumes.