Il est bien loin le rêve de faire carrière dans la même entreprise, d'y gravir les échelons jusqu'à la retraite. Les temps ont changé. Vite. Très vite même. Au point que le fait d'exercer des métiers différents au cours de sa vie professionnelle est en train de devenir la norme.
Mais derrière ce changement de paradigme se cache comme souvent un mal-être sous-jacent que d'aucuns, et encore moins les managers et les dirigeants, semblent vouloir cerner à sa juste mesure. Pour certains, ils contourneraient même le problème, voire essaieraient d'y remédier avec les méthodes de l'Ancien Monde. Entendez par là le temps où les ressources humaines étaient considérées bien souvent comme une forme de carburant pour l'entreprise. Vieux réflexes dont il est encore difficile de se débarrasser. Et à lire le dernier baromètre que l'éditeur de solutions RH et finances Lucca publie jeudi avec l'institut Augmented Talent, la situation ne s'améliore pas.
Le constat est clair : un Français sur deux envisage de changer de métier. Un syndrome encore plus marqué chez les 26-34 ans qui sont 60% à le souhaiter.
Voilà qui est dit, rudement peut-être, mais avec l'envie de faire bouger les lignes. Car bien sûr, il y a celles et ceux qui veulent changer de métier et qui peuvent le faire, et donc démissionnent. Mais ils ne représentent pas la majorité. Ceux qui restent sont de fait, confrontés à un mal-être qui, en s'installant doucement, peut entraîner des risques psycho-sociaux.