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ÉconomieFrance

Un 1er mai tendu, sous le signe de la loi Travail

Photo de Ivan Best

latribune.fr

Publié le 01 mai 2016 à 09:14 - Mis à jour le 02 mai 2016 à 05:14

Le Quotidien Numérique

05 juin 2026

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L'opposition à la loi travail a amené la CGT et FO à défiler ensemble, une première depuis 2009. 17.000 personnes ont défilé à Paris, selon le gouvernement, 70.000 selon la CGT. Au total, on comptait 84.000 manifestants dans toute la France, selon le ministère de l'Intérieur

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé dimanche dans toute la France pour un 1er Mai placé sous le signe de la lutte contre le projet de loi travail et marqué à Paris par de nouveaux débordements de groupes violents.

Dans la capitale, alors que des milliers de personnes marchaient dimanche après-midi dans le calme entre Bastille et Nation (70.000 selon la CGT, entre 16.000 et 17.000 selon la préfecture de police), des jeunes cagoulés, casqués, ont lancé des projectiles sur les forces de l'ordre, qui ont riposté par des tirs de gaz lacrymogène. Toutefois, la majorité manifestait dans le plus grand calme, avec pour mot d'ordre principal: "Retrait, retrait, de la loi travail. Ni amendable ni négociable".

Il faisait écho aux slogans scandés dans les défilés ayant eu lieu plus tôt dans d'autres villes, généralement paisibles, à Strasbourg, Bordeaux, Toulouse, Lyon, Limoges ou Lille.

Le 1er mai syndical, qui a vu la CGT et FO défiler côte à côte pour la première fois en sept ans, était dirigé cette année contre la loi travail, dans un climat tendu après deux mois de contestation et de manifestations émaillées de violence.

De Nouvelle-Calédonie, le Premier ministre Manuel Valls avait adressé dimanche une ferme mise en garde aux éventuels "casseurs" et appelé les organisateurs des manifestations à prendre "leurs responsabilités". La veille, son ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait envoyé des consignes aux préfets sur les mesures à prendre pour éviter les débordements.

FO et CGT défilent ensemble, une première depuis 2009

Les manifestations de jeudi contre le projet de loi travail, à Paris et en province ont fait 78 blessés chez les forces de l'ordre, tandis qu'un étudiant de 20 ans, atteint par un projectile à Rennes, a perdu la vision d'un oeil. Gouvernement et syndicats se renvoient la balle des responsabilités des violences. Le Parti de Gauche a de son côté demandé samedi "des comptes" à M. Cazeneuve face à une "escalade de la violence" policière lors des manifestations, appelant à l'abandon des lanceurs de balles de défense.

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Soudés dans leur refus du projet de loi travail, examiné à l'Assemblée nationale à partir de mardi, FO et CGT, ont défilé ensemble ce dimanche pour la première fois depuis 2009. Les leaders de FSU, Solidaires et des organisations étudiantes (Unef) et lycéennes (UNL et FIDL) étaient aussi présents. Des manifestations et rassemblements ont eu lieu partout en France.

Dans la matinée, M. Mailly se rend au Mur des Fédérés, au cimetière du Père Lachaise, en hommage à la Commune, une tradition de FO, avant un apéritif républicain place Gambetta, dans le 20e arrondissement à Paris.

Convergence des luttes

De leur côté, les réformistes (CFDT, CFTC et Unsa) se sont retrouvés dans la matinée, pour des tables rondes, dont l'une porte sur la loi travail. Pour ce camp, pas question de "demander le retrait d'un texte porteur de progrès pour les travailleurs", rappelle Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT qui loue, entre autres, la mise en place du compte personnel d'activité (CPA) prévue dans cette loi.

Depuis 2013, CGT et CFDT ne défilent plus ensemble le 1er mai, leur relation s'étant dégradée après l'approbation par la centrale de Laurent Berger de l'accord sur la sécurisation de l'emploi, dénoncé par la CGT. La loi travail n'a fait qu'aggraver la division entre les deux premiers syndicats français.

Nuit debout, plus de 400.000 personnes dans 250 villes

Le 1er mai cette année a pris une tournure spécifique avec l'avènement de "Nuit debout", lancé au soir du 31 mars, jour de la plus grosse mobilisation contre la loi travail (390.000 personnes dans 250 villes, selon les autorités; 1,2 million selon les organisateurs). Dimanche, des responsables syndicaux avaient prévu de se rendre place République, mais pas les numéros uns.

Jeudi, Philippe Martinez y est intervenu pour la première fois, pour évoquer la "convergence des luttes", à un moment où 63% des Français estiment que ni Nuit debout, ni les syndicats, ni les partis ne sont "en phase avec les salariés", selon un récent sondage Odoxa. En revanche sept Français sur dix considèrent que "la lutte des classes est une réalité en France".

La journée des travailleurs, célébrée dans de nombreux pays, est née à Chicago en 1886 à l'initiative d'un mouvement syndicaliste réclamant la journée de travail de huit heures. Mais "c'est d'abord un jour férié aujourd'hui et le sens historique ou politique est perdu. C'est lié à la baisse de la représentativité syndicale dans toutes les entreprises, pas qu'en France", relève Sylvain Niel, avocat spécialiste du droit du travail.

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L'année dernière, les rassemblements du 1er mai avaient réuni plusieurs dizaines de milliers de manifestants (110.000, selon la CGT, 76.000 selon la police) un peu partout en France, dont 9.000 à 12.000 à Paris.

AFP

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