Un "revenu d'engagement" pour les jeunes, suffisant pour les embarquer dans la relance ?
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"Un des coûts de la crise de la Covid, c'est fabriquer un gros écart intergénérationnel", observait l'économiste Patrick Artus.
Reuters
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"Un des coûts de la crise de la Covid, c'est fabriquer un gros écart intergénérationnel", observait l'économiste Patrick Artus.
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Emploi, accès au logement, précarité, moral... les conséquences de la crise du Covid-19 pour les jeunes sont profondes mais plutôt qu'un revenu de solidarité ou "RSA jeunes" réclamé par certains députés de l'opposition, l'Elysée a finalement opté pour un "revenu d'engagement" pour les 16-25 ans sans emploi ou sans formation. Autrement dit, c'est la poursuite du dispositif de "Garantie Jeunes" qui doit généraliser la rémunération des parcours vers l'emploi, qu'aura retenu le président Macron.
Or, dans un rapport publié en juillet, la Cour des comptes pointait le risque de "profusion de mesures à la rentrée 2021 au risque d'un certain éparpillement", estimant entre autres que le plan "un jeune, une solution" a déployé de nombreuses mesures "au risque d'une dispersion des moyens".
De même, sur le chômage, qui a le plus fortement progressé auprès des jeunes en avril 2021 (+3,2%) - alors que près d'un jeune de 15-24 sur cinq est sans emploi en France -, la Cour montrait encore que "le bilan s'avère médiocre faute d'un ciblage du dispositif en termes de publics et de contenus".
En 2020, pendant la crise, le taux d'emploi des 15 à 24 ans recule d'1,2 point, alors qu'il diminue seulement de 0,4 point pour les personnes âgées de 25 à 49 ans, indiquait la Dares-ministère du Travail.
Des conséquences sur l'emploi des jeunes, qui, au niveau mondial, risquent aussi de laisser "des séquelles durables", affirmait l'OCDE.
Créée sous le quinquennat Hollande, la Garantie jeunes est un dispositif d'insertion qui assure actuellement aux 16 à 25 ans qui ne sont "ni en emploi, ni en études ni en formation" (baptisés +NEET+) une allocation mensuelle, d'un montant maximal de 497 euros. En contrepartie, les bénéficiaires s'engagent à suivre un parcours d'insertion intensif et collectif en mission locale. C'est la logique de "devoirs et de droits" reprise par Emmanuel Macron lundi soir.
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De quoi réduire les inégalités pour cette génération ? "Un des coûts de la crise de la Covid, c'est fabriquer un gros écart intergénérationnel", observait l'économiste Patrick Artus, dans un entretien à l'AFP.
A cela s'ajoute un mal-être individuel provoqué par les confinements successifs. Dans une interview à La Tribune, Fabrice Yeghiayan, directeur du développement de l'Agence Nationale pour la Formation Professionnelle des Adultes (AFPA) affirmait que 62% des 25-34 ans envisagent une reconversion professionnelle suite aux périodes de télétravail et de restrictions.
Dans leurs logements, contraints de télétravailler suite à la fermeture des universités, les 18-26 ans se sont sentis moins efficaces à la tâche (27 % de la génération Z), selon une enquête de la chaire Workplace Management de l'ESSEC Business School.
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Enfin, entre 2019 et 2020, avec notamment l'arrêt des petits boulots, la part des 18-29 ans qui jugeait que leur situation s'est dégradée a quasiment doublé pour passer de 15% à 28%, selon un baromètre paru en juillet 2020 du ministère de la Santé (Dress). "Les jeunes qui pensent que leur situation est pire que celle de leurs parents au même âge deviennent plus nombreux que ceux qui jugent que leur situation est meilleure que celle de la génération précédente" indiquent les auteurs de la note.
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