62% des 25-34 ans envisagent sérieusement de se reconvertir
Juliette Laffont
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LA TRIBUNE - L'étude BVA montre que la crise sanitaire a suscité chez un actif sur cinq une réflexion quant à une reconversion. La crise a-t-elle réellement généré une augmentation notable des reconversions professionnelles et si oui dans quels secteurs?
FABRICE YEGHIAYAN- Il est évident que la pandémie a fait naître des velléités de reconversion, et en particulier des reconversions « forcées », notamment dans les secteurs frappés de plein fouet par la crise, comme l'hôtellerie-restauration. L'enquête de BVA en atteste d'ailleurs: parmi les 25% d'actifs concernés par le recours de leur entreprise au chômage partiel, ceux issus de l'hôtellerie-restauration sont désormais plus de 60% à envisager une reconversion. Néanmoins, de manière générale, la crise sanitaire n'a pas eu d'implications majeures sur la propension des actifs à se reconvertir. S'il est vrai que les chiffres des reconversions sont en hausse, cette tendance ne date pas d'hier. À l'AFPA, cela fait maintenant une dizaine d'années que nous constatons ce mouvement ainsi que la démocratisation des reconversions, à mesure que les actifs prennent conscience de la possibilité d'avoir plusieurs vies professionnelles. De plus, avec le CPF, les salariés et demandeurs d'emplois sont devenus encore plus acteurs de leurs évolutions professionnelles.
Quels sont aujourd'hui les secteurs qui recrutent le plus en France? Comment l'AFPA accompagne-t-elle les actifs souhaitant se reconvertir dans ces voies?
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Ces secteurs sont l'agroalimentaire, le bâtiment et les travaux publics (BTP), l'industrie, et bien sûr l'hôtellerie-restauration, qui est un secteur avec plein d'opportunités surtout à la veille de la coupe du monde de rugby en 2023 et des Jeux Olympiques en 2024. Beaucoup d'actifs qui travaillaient dans ce secteur ont changé de métier pendant la crise sanitaire, et doivent donc être remplacés pour reconstituer les équipes. A l'AFPA, nous sommes extrêmement sollicités et nous menons par exemple des opérations coup-de-poing pour former des serveurs. Jamais nous n'avons travaillé autant main dans la main avec les entreprises. En effet, la crise a freiné beaucoup de projets mais pas les départs à la retraite, et nous n'avons pas formé massivement pendant cette période. La situation est particulièrement difficile pour les secteurs qui avaient un déficit d'image ou d'attractivité.
Juliette Laffont
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