Une femme présidente de l'Assemblée... encore raté

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François de Rugy devient président de l'Assemblée nationale après avoir été choisi par son groupe ultra dominant La République en Marche aux dépens de deux députées qui postulaient également. Ce choix qui a fait grincer des dents a en effet empêché encore une fois une femme de présider l'Assemblée... alors qu'elles n'ont jamais été aussi nombreuses à siéger.
François de Rugy devient président de l'Assemblée nationale après avoir été choisi par son groupe ultra dominant "La République en Marche" aux dépens de deux députées qui postulaient également. Ce choix qui a fait grincer des dents a en effet empêché encore une fois une femme de présider l'Assemblée... alors qu'elles n'ont jamais été aussi nombreuses à siéger. (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
François de Rugy a été élu président de l'Assemblée nationale avec 353 voix. Il avait préalablement été désigné par son groupe "La République en Marche" pour postuler. Et ce aux dépens de deux femmes députées. Une fois encore donc, la présidence de l'Assemblée nationale échappe à une femme alors qu'elles n'ont jamais étaient aussi nombreuses à siéger.

Caramba, encore raté ! Finalement, ce n'est pas une femme qui présidera l'Assemblée nationale pour devenir ainsi le quatrième personnage de l'Etat dans l'ordre protocolaire. Et pourtant, avec 223 femmes députées, soit près de 39% du total des 577 élus, l'occasion n'avait jamais été aussi belle de corriger cette anomalie : jamais une femme n'a présidé l'Assemblée Nationale ou le Sénat. Certes, il y a eu des vice-présidentes, la première d'entre-elles fût Marcelle Devaud, gaulliste, élue vice-présidente du Sénat en 1948 et la dernière Sandrine Mazetier, socialiste, vice-présidente de l'Assemblée nationale sous la précédente législature. Mais de présidente, donc, jamais. On se souvient que Ségolène Royal envisageait de briguer le poste en 2012. Mais à la suite d'un rocambolesque épisode, elle ne fût même pas élue députée.

Une occasion manquée avec 223 femmes à l'Assemblée

2017 avec son cortège de femmes députées laissait donc espérer la fin de cette « malédiction ». Hélas, la « vieille » politique, malgré ces temps de renouveau affiché, l'a emporté sur toutes les autres considérations au sein du groupe ultra dominant de « La République en marche » (LREM) à qui devait  donc revenir le « perchoir ». C'est en effet François de Rugy qui a été élu président avec 353 voix. Il avait été préalablement choisi au sein de son groupe, et élu dès le premier tour de scrutin avec 153 voix, contre 59 pour Sophie Errante, 54 pour Brigitte Bourguignon et 32 pour Philippe Folliot, pour postuler au poste de président de l'Assemblée nationale.

Alors certes, François de Rugy a « de l'expérience » puisqu'il a été élu pour la première fois député en 2007 mais, après tout, les deux candidates qui lui étaient opposées, sont toutes les deux des ex députées socialistes élues en 2012.

Statista Président assemblée

Un graphique de notre partenaire Statista

La nomination de de Rugy sévèrement commentée

Oui mais il fallait remercier François de Rugy. Ex Europe Ecologie Les Verts (EELV), il avait quitté son parti pour créer sa propre formation et se rapprocher des socialistes. Il avait concouru a la primaire de la gauche pour la présidentielle. Une fois Benoit Hamon désigné vainqueur, il a refusé de le soutenir pour se tourner vers... Emmanuel Macron. « L'opportunisme en politique et aujourd'hui récompensé » a grincé l'ancien député écologiste Noël Mamère. « Félicitations à François de Rugy, première femme à présider l'Assemblée nationale » a pour sa part ironiquement tweeté la députée socialiste Colombe Brossel. D'une façon générale, de très nombreux députés ont évoqué « une occasion manquée ». Car, in fine, aucune femme n'occupe un poste de présidente d'une haute institution : conseil d'Etat, conseil constitutionnel, Cour de cassation, cour des comptes, Sénat, Assemblée nationale, etc... Et dire que pendant sa campagne, Emmanuel Macron avait évoqué la possibilité de nommer une femme première ministre... Ce qui n'était arrivé qu'une fois avec Edith Cresson choisie par François Mitterrand.

Des soutiens parfois maladroits

Alors, quelques voix sont venues tenter défendre le choix de François de Rugy, parfois d'une façon un peu maladroite. Ainsi, la députée LREM, Barbara Pompili, compagnon de route de François de Rugy depuis EEL, a-t-elle déclaré qu' « aucune femme n'a la compétence de François de Rugy »... Quant au patron du groupe LREM à l'Assemblée, Richard Ferrand, il s'est engagé à « respecter la parité parfaite » à la tête des commissions parlementaires... Certes !. Il a aussi évoqué la possibilité de changements de têtes, y compris au perchoir de l'Assemblée, à mi-mandat... Certes encore. Christophe Castaner, lui, ministre des Relations avec le parlement, a rappelé que « il n'y a pas eu de décision de dire ce poste est réservé à une femme ». Réserver, non, ce serait d'ailleurs anticonstitutionnel, mais tout faire pour y parvenir n'était pas interdit et cela aurait été politiquement et symboliquement plutôt bien joué.

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Commentaires
a écrit le 28/06/2017 à 18:48 :
Auraient-elles génétiquement plus de compétences que les hommes?
a écrit le 28/06/2017 à 15:04 :
Il voulait quoi de Rugy comme candidat pendant la primaire de la gauche :

François de Rugy veut conserver la loi Travail introduite par le gouvernement Hollande, mais la transformer en expérimentation menée sur une période de 5 ans. “À l’issue de ce délai, sur la base de l’expérience et non de postures idéologiques, il sera possible d’en tirer vraiment le bilan, et d’adopter un texte définitif”, conclut-il. Ah,ah
a écrit le 28/06/2017 à 13:39 :
Un socialo chasse l'autre rien de bien nouveau dans tout ça.
a écrit le 28/06/2017 à 11:48 :
C est vrai qu on aurait eut Segolene, ca aurait ete nettement mieux !

Pourquoi diable faire une fixation sur le sexe de l elu ? On pourrait aussi se plaindre que le president de l assemblee n a jamais ete corse, savoyard ou breton !


PS: pour les admirateur de Segolene, je les rassurent, Macron lui a trouve un poste pepere ou elle pourra voyager aux frais de la princesse. Elle va devenir ambassadrice des poles (mais pas question de l envoyer terre adelie hein !)
a écrit le 28/06/2017 à 9:41 :
A vouloir à tout prix respecter la parité on risque de s'entourer d'incompétents !
a écrit le 28/06/2017 à 8:37 :
François de Rugy obtient également un doublement de sa rémunération. Il gagnera désormais 7 209,74 euros bruts, comme les autres députés, mais également 7 267,43 euros, au titre de son élection. Soit un total de 14 477,17 euros bruts. A noter que cette deuxième partie de la rémunération avait été diminuée de 30% à la demande de l’un de ses prédécesseurs, Claude Bartolone, en 2012. Autre avantage pour François de Rugy, son indemnité perçue en tant que président de l’Assemblée est entièrement défiscalisée.
a écrit le 28/06/2017 à 8:06 :
Mesdames, consolez-vous: dans la plupart des organismes, il est prévu que l'on élise UN PRESIDENT qui exerce LA PRESIDENCE. LE ROYAUME DE FRANCE est devenu LA REPUBLIQUE "française" représentée par MARIANE; LE DROIT qui régit nos faits et gestes n'est-il pas défini par LA LOI? Et il existe même LA PARTHENOGENESE. N'est-ce pas reconnaître la supériorité du genre (ou sexe) féminin? Seul nous reste DIEU, à nous les hommes, qui demeure masculin par la grâce de LA RELIGION...
a écrit le 28/06/2017 à 6:46 :
Hé oui la recyclerie en Marche c'est comme au siècle dernier du blabla. Mais ils vont nous donner des leçons de morale. Nous faire les poches nous sanctionner nous condamner comme au millénaire dernier. Ou est le changement? Dans cinq ans comme pour le roi d'avant?
a écrit le 27/06/2017 à 22:59 :
Attendez, ça va venir...le nb de femmes députées a déjà augmentée significativement...on ne peut pas tout obtenir en si peu de temps...les françaises sont trop gourmandes...
a écrit le 27/06/2017 à 22:34 :
Au royaume des aveugles, un borgne est roi... L'Assemblée Nationale française se met vraiment à ressembler au Parlement européen.
a écrit le 27/06/2017 à 19:54 :
Un parlement avec un président d' une formation mais pour quoi faire ..?

Pour transposer les directives de la commission européenne en droit français, ne pourrait-on pas s' en passer définitivement en regard de ce que nous coûte ce déploiement ..?

https://www.upr.fr/videotheque-upr/viviane-reding-il-ny-politiques-interieures-nationales


Ou bien l' autre solution préconisée par l' URP, assumer un FREXIT et retrouver la démocratie parlementaire en même temps qu' une belle source d' économie en réduisant les fonctionnaires régionaux de manière drastique ...
a écrit le 27/06/2017 à 19:29 :
La trahison récompensée. Apres avoir signé un engagement decsoutenir le vainqueur de la primaire de la gauche, il est allé soutenir Macron après la victoire de Benoit Hamon... on peut sans aucun doute compter sur ses compétences pour prendre le sens du vent à touts occasions. Le perchoir pour une girouette opportuniste sans conviction. Quelle rénovation de la vie parlementaire. C est exemplaire
a écrit le 27/06/2017 à 19:03 :
c'est un peu choquant de la part de l'auteur de l'article de traiter d'anomalie un vote démocratique ; quand on examine les chiffres il n'y a pas que des hommes qui ont votés pour f.de rugy
a écrit le 27/06/2017 à 17:46 :
Une bonne opération pour cet écolo , salaire , faste et petits fours , il va pouvoir enfin pouvoir parler de la morale en politique et avoir un compte en banque qui passe au vert.
a écrit le 27/06/2017 à 17:02 :
"aucune femme n'a la compétence de François de Rugy " Barbara Pompili

Merci beaucoup, au moins on devrait bien rigoler pendant 5 ans !

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