LA TRIBUNE DIMANCHE - Bercy a identifié 5,6 milliards d'euros de trésorerie dans les caisses des universités, préconisant d'en prélever une part pour réduire le déficit. Que répondez-vous ?
GUILLAUME GELLÉ - Au moment où un nouveau gouvernement s'installe, je rappelle avec force le rôle majeur joué par l'université dans la formation de la jeunesse, la réponse aux besoins des entreprises, la croissance durable, la réindustrialisation, la souveraineté et le rayonnement de la France. Le niveau du déficit public oblige certes l'exécutif à la prudence. Mais il ne faut pas se tromper de diagnostic. La proposition de l'Inspection générale des finances [IGF] consiste à réduire les financements des opérateurs de l'État au motif de leurs excédents de trésorerie. Cela ne peut s'appliquer aux universités, sauf à les contraindre à des gels massifs d'emplois ou à l'arrêt de projets scientifiques, lorsque cet argent est fléché. Cette trésorerie n'est pas de l'argent qui dort !
Une grande partie est gagée par les projets liés à France 2030 ou à l'Europe, et l'IGF reconnaît elle-même qu'elle n'est pas en mesure d'estimer cette part. Les universités, ne pouvant emprunter, sont contraintes d'épargner pour investir. Cette trésorerie n'obéit pas non plus à un principe de vases communicants d'un établissement à l'autre. Une politique d'austérité casserait la dynamique positive dans laquelle nous sommes, reconnue au niveau international. La recherche et la formation doivent constituer un investissement prioritaire pour l'État.