Valeo poursuit son vaste plan d'économies, 2.000 postes supprimés en France

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(Crédits : CHARLES PLATIAU)
Le groupe a publié une perte nette de 1,2 milliard d'euros de janvier à juin. Le chiffre d'affaires a chuté de 28% sur les six premiers mois de l'année. Les suppressions de postes concernent essentiellement des contrats intérimaires qui n'ont pas été reconduits, précise le sous-traitant français.

L'équipementier automobile Valeo a annoncé mardi avoir supprimé 12.000 postes dans le monde au premier semestre, dont près de 2.000 en France, pour réduire ses coûts et s'adapter à la chute des ventes provoquée par la crise sanitaire.

Ces réductions d'effectifs ont touché "toutes les régions du monde", a expliqué le PDG Jacques Aschenbroich, lors d'une audioconférence avec des journalistes.

En Europe, où "un peu plus de 4.000" emplois ont été supprimés, dont "un peu moins de 2.000" en France, il n'y a cependant pas eu de licenciements secs. Il s'agit essentiellement de contrats d'intérimaires qui n'ont pas été reconduits, a précisé l'entreprise.

Pour rappel, en avril 2019, l'État français décidait de monter au capital de l'équipementier dont l'action était bousculée sur les marchés, devenant le premier actionnaire. La puissance publique détient ainsi 7,34% du capital de l'équipementier automobile français. BPI France était passé de 2,99% du capital à 5,2%, auxquels s'additionnent 2,14% détenus par la Caisse des dépôts (également premier actionnaire de BPI).

Lire aussi : Valeo et les marchés : petite histoire d'une rupture

Près de 200 millions d'euros en moins pour la R&D

Valeo, spécialiste notamment des motorisations électriques et des assistances à la conduite pour l'automobile, a publié mardi une perte nette de 1,2 milliard d'euros de janvier à juin. Le chiffre d'affaires a chuté de 28% sur les six premiers mois de l'année, à 7,06 milliards d'euros.

"Les programmes de réduction de coûts (...) sont une réaction aux conditions de marché qui sont épouvantables", a expliqué M. Aschenbroich.

Valeo, qui a chiffré à 248 millions d'euros les économies liées à la réduction des effectifs, estime que le marché automobile sera durablement affecté par la pandémie de Covid-19.

Les suppressions d'emplois font partie d'un plan d'économies de 570 millions d'euros mené au cours du premier semestre. Ce plan inclut aussi une baisse de l'effort de recherche et développement de 196 millions d'euros et une réduction des frais généraux de 97 millions d'euros.

L'entreprise est par ailleurs engagée dans des négociations avec les partenaires sociaux en France pour améliorer sa compétitivité. Selon la CFDT de Valeo, la direction aurait mis sur la table plusieurs mesures dont l'annulation de l'intéressement, une réduction des congés, ou encore un gel des salaires et même une réduction de la rémunération de base pour les ingénieurs et les cadres.

Interrogé mardi, M. Aschenbroich n'a pas souhaité faire de commentaire sur ces discussions en cours.

Lire aussi : Pourquoi l'État français est devenu le premier actionnaire de Valeo

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a écrit le 22/07/2020 à 11:40 :
tous les secteurs ne sont pas touchés de la même manière, mais il est fort a craindre que nombre de contrat en cdd ou en interim deviennent de purs inscription à pole emploi, tant dans les métiers de l industrie que dans ceux du service
Réponse de le 26/07/2020 à 18:17 :
PAs d'inquiétude, le PDG s'octroiera une grosse augmentation en fin d'année pour les bon chiffres de l’entreprise, Et aussi merci à Macron d'avoir plafonné les indemnités de licenciement, encore une fois il facilite les grandes entreprises du cac 40 à délocalisé de notre pays...

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