ENTRETIEN - L’élue francilienne se veut rassurante sur la protection du public et l’offre de transports.LA TRIBUNE DIMANCHE - À cinq jours de l'ouverture des Jeux olympiques, quel sentiment domine ?
VALÉRIE PÉCRESSE - La satisfaction du travail accompli. Nous sommes prêts, nous avons eu l'intelligence collective de surmonter tous les obstacles pour y arriver. Si j'avais un souhait, ce serait que cette « méthode olympique » perdure. L'administration n'a jamais été aussi aidante. Nous avons réussi à faire en cinq ans des projets pour lesquels il nous fallait quinze ans. C'est aussi un héritage, une énergie, qui ne doivent pas se perdre avec les Jeux.
Quel est le coût des JOP pour la Région ?
Cinq cents millions d'euros, bien investis. Ce qui va rester, ce sont des logements, avec le village des athlètes et des médias, qui vont changer le visage de la Seine-Saint-Denis. Dans tous les départements, nous aurons un très bel héritage sportif, des piscines notamment. Ce sont des Jeux sobres en argent public. L'investissement transports était déjà prévu. Le petit miracle, ce n'est pas d'avoir construit ces nouvelles infrastructures de transport, mais de les avoir terminées à l'heure. Et cela va redonner de l'attractivité à la Région.
Depuis hier, les transports franciliens sont passés en tarif JO. Êtes-vous agacée que votre contribution olympique soit associée à cette augmentation ?
La vraie responsabilité, c'est celle du comité d'organisation, qui avait promis la gratuité sans pouvoir la financer. Je porte le chapeau. Mais mon devoir, et je l'assume, c'est de ne pas laisser aux Franciliens une dette de 250 millions d'euros à rembourser en septembre. Je ne pratique pas la fuite en avant budgétaire. Nous avons 15 % de hausse en capacité de transports par rapport à un mois d'août normal. Nous avons mis en place 400 navettes pour les sites les moins accessibles et 150 minibus pour les personnes en situation de handicap. Ce sont les premiers Jeux 100 % accessibles en transports en commun, 100 % décarbo-nés. Je ne crois pas que Los Angeles puisse faire la même chose en 2028.
Propos recueillis par Solen Cherrier et Nicolas Prissette