VIDEO - Arnaud Montebourg : « Je veux faire une politique du made in France taille XXL »
Propos recueillis par Marc Endeweld et Philippe Mabille
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... nancée par la création d'une taxe sur la valeur ajoutée, un bras de fer avec l'Europe au nom d'un Made in France XXL. Retrouvez ici le replay de l'interview vidéo du candidat, disponible aussi sur Spotify et Deezer.
LA TRIBUNE - Ce début de campagne est dominé par le thème de l'immigration, imposé par la possible candidature d'Eric Zemmour. Vous y avez pris part avec votre position sur l'interdiction des transferts d'argent à l'étranger pour les travailleurs immigrés, pour faire pression sur les Etats et les forcer à reprendre leurs ressortissants expulsés. Vous regrettez désormais cette initiative. Pourquoi l'avoir proposé alors et l'excluez-vous désormais ?
Arnaud Montebourg - J'ai retiré cette mesure, parce qu'elle ne correspondait pas avec ce que je voulais exprimer. Ma vision de l'immigration, c'est celle de l'histoire de France, un pays qui a accueilli, intégré, fabriqué des Français. La France est une machine à intégrer qui constitue la nation politique que nous sommes. Vous avez d'un côté un projet identitaire, celui de l'extrême-droite, qui vise à constituer une nation ethnique ; et une position anti-identitaire, la mienne, qui consiste à rappeler que nous sommes au contraire une nation politique et civique : notre ciment n'est pas dans nos origines, notre sang, ou notre religion, mais dans ce que nous faisons ensemble de notre diversité.
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C'est le projet qui nous rassemble et nous construit comme nation. Et si la France se déchire aujourd'hui, c'est parce qu'elle n'a pas de projet autre que d'obéir aux injonctions extérieures de l'Europe ou des contraintes de la mondialisation débridée. La « remontada » que je propose est au contraire un projet de rassemblement du pays : se retrousser les manches pour reconstruire notre force. J'y mets beaucoup d'ambition, de l'audace, de l'imagination et j'ai pour objectif de nous rassembler autour. Saint Exupéry disait des Français : « Donnez-leur des cathédrales à construire, ils s'aimeront ». Des cathédrales, il y en a beaucoup à reconstruire et pas seulement celle de Notre-Dame, abîmée par un dramatique incendie. C'est l'objet de mon projet de « nation politique », dans lequel je suis engagé dans cette candidature.
Propos recueillis par Marc Endeweld et Philippe Mabille