C'est ce qu'on appelle se faire couper l'herbe sous le pied. Alors que la CGT avait convié les quatre candidats du Nouveau Front populaire à une conférence de presse, ce 28 juin, pour dénoncer les risques qui pèsent sur le train des primeurs, celui-ci, dernier convoi avant une interruption de plusieurs mois, avait été annulé par le client, Primever...
Le train des primeurs faisait historiquement la navette entre le marché Saint-Charles, à Perpignan, et Rungis, en région parisienne. Il avait été menacé de disparition à l'orée de la décennie. De quatre trains quotidiens au début des années 2000, la fréquence était descendue à un seul convoi. La faute au transport routier, plus compétitif et plus souple que le train, mais aussi « au démantèlement de l'entreprise publique SNCF et à la privatisation rampante du fret », explicite Michaël Meusnier, délégué CTG et conducteur du train, ajoutant qu'« en plus on l'a vu, la privatisation ne fait pas augmenter le nombre de trains qui roulent ».
Sauvé in extremis en 2021, il est de nouveau à l'arrêt pour un an, en raison de travaux effectués à Rungis, et l'État n'a pas trouvé de repreneur pour la concession arrivée à échéance le 30 juin. Le risque est donc grand qu'il ne redémarre jamais, selon le syndicat de cheminots.