Au cimetière de woodlawn park, lézards et couleuvres serpentent entre les arbres tropicaux et les pierres centenaires. Les tombes reposent à l'ombre de drapeaux américains et cubains qui flottent d'un même rythme dans la brise moite. Sur les épitaphes, l'espagnol épouse l'anglais. Ici sommeillent des présidents cubains, nicaraguayens, des premières dames latino-américaines, des vétérans du débarquement de la baie des Cochons... Et autant d'autres exilés, morts en rêvant de rentrer un jour chez eux. « Miami est une collection des échecs de la politique étrangère américaine », explique Eduardo Gamarra, politologue à l'université internationale de Floride.