Aides à l'achat de voitures électriques: la volte-face britannique

Le gouvernement du Premier ministre Keir Starmer a fixé un objectif de 28 % de ventes de véhicules électriques en 2025 (photo d'archive).
Alberto Pezzali

Le gouvernement du Premier ministre Keir Starmer a fixé un objectif de 28 % de ventes de véhicules électriques en 2025 (photo d'archive).
Alberto Pezzali
Coup de pouce aux voitures électriques outre-manche. Le gouvernement britannique a annoncé ce mardi débloquer un programme de subventions de 650 millions de livres (750 millions d'euros) pour baisser le prix d'achat des véhicules à batterie. Concrètement, les réductions démarreront à 1 500 livres (1 700 euros) et pourront grimper jusqu'à 3 750 livres (4 300 euros) pour les véhicules « les plus respectueux de l'environnement », selon le ministère britannique des Transports. Elles s'appliqueront à une liste de modèles électriques neufs dont le prix est inférieur ou égal à 37 000 livres (42 600 euros), jusqu'en 2029.
« Cette réduction signifie que les voitures zéro émission sont désormais moins chères à l'achat et à l'entretien que jamais auparavant. Elle s'ajoute à des taux d'imposition préférentiels, ce qui permet aux familles actives de réaliser de réelles économies », met en avant l'exécutif dans un communiqué.
Les premiers véhicules à prix réduits, bien qu'encore élevés, devraient être disponibles dans les concessions britanniques dans les prochaines semaines.
Avec ces nouvelles mesures, le gouvernement de Keir Starmer rétablit en fait un système d'aides qui existait précédemment. Lancé en 2011 sous la mandature du conservateur David Cameron, ce dispositif reposait déjà sur des subventions destinées à rendre plus abordables les nouveaux véhicules électriques. De 5 000 livres (5 700 euros) au départ, son montant avait progressivement été réduit jusqu'à plafonner à 1 500 livres (1 700 euros) avant d'être supprimé en 2022 sous la direction toujours des conservateurs, cette fois menés par Boris Johnson.
L'exécutif de l'époque avait justifié cet arrêt par le fait que les subventions n'avaient eu que « peu d'effet sur l'accélération rapide des ventes » de véhicules électriques dans le pays. Et que les automobilistes optant pour l'électrique bénéficiaient d'économies réalisées sur le carburant, d'une taxe routière nulle et de taux d'imposition favorables sur les voitures de société. Le gouvernement souhaitait plutôt réorienter son aide sur d'autres types de véhicules électriques tels que les taxis, les motos ou les camionnettes.
Cette décision avait été largement critiquée par les acteurs du secteur. Ces derniers ont donc accueilli la volte-face de ce mardi avec beaucoup d'enthousiasme. « Le déploiement et la mise à disposition rapides de cette subvention au cours des prochaines années contribueront à donner l'élan nécessaire pour faire passer le marché des véhicules électriques de seulement 1 sur 4 aujourd'hui à 4 sur 5 d'ici la fin de la décennie », a notamment salué Mike Hawes, le directeur général de SMMT, l'association du secteur automobile britannique.
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Cette annonce complète une autre officialisée seulement deux jours plus tôt. Le gouvernement a, en effet, promis dimanche d'investir 63 millions de livres (72,5 millions d'euros) dans le financement de bornes de recharge pour véhicules électriques. Car leur faible nombre — 82 000 — fait partie des freins à l'achat d'un véhicule électrique, selon la ministre des Transports. « Nous savons que l'accès à la recharge constitue un obstacle pour ceux qui envisagent de passer à l'électrique. C'est pourquoi nous nous y attaquons de front », a prôné Heidi Alexander.
Sur cette somme, 25 millions de livres (28,8 millions d'euros) seront consacrés au déploiement de la recharge à domicile. Y compris pour les foyers ne disposant pas de garage ou d'allée, grâce à un système de câbles passant sous les trottoirs pour relier directement les habitations. « Cela permettra aux ménages d'accéder à des tarifs plus avantageux, permettant aux consommateurs d'économiser jusqu'à 1 500 livres [1 700 euros] par an par rapport à une voiture essence ou diesel », assure le gouvernement.
En parallèle de ces aides destinées aux particuliers, l'exécutif prévoit des subventions pour les entreprises afin de les inciter à installer des bornes de recharge. Il espère ainsi atteindre le seuil des 300 000 bornes de recharge d'ici 2030.
Ces mesures devraient profiter au marché de l'électrique, déjà florissant au Royaume-Uni. Les ventes de véhicules électriques ont en effet progressé de +21,4 % sur l'ensemble de 2024, s'affichant comme la meilleure dynamique du continent européen. En volume, cela a représenté plus de 380 000 nouvelles voitures zéro émission immatriculées, soit 19,6 % de part de marché pour cette motorisation.
Reste que l'engouement du grand public pour les voitures électriques s'explique par les importantes remises à l'achat proposées par les constructeurs. Ces derniers ont réduit les prix de leurs modèles en accordant pas moins de 6,5 milliards de livres (7,5 milliards d'euros) de rabais au cours des 18 derniers mois, selon SMMT.
Une mesure non pas altruiste mais contrainte : le gouvernement britannique a, en effet, imposé des objectifs de vente à la grande majorité des constructeurs, hormis les plus petits, sous peine de sanctions financières. Les véhicules électriques devaient ainsi représenter 22 % du total des ventes de véhicules neufs de chacune de leur marque l'année dernière. Ce seuil a même été monté à 28 % pour 2025, qu'il aurait été impossible d'atteindre sans un coup de pouce gouvernemental, selon les professionnels du secteur.
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L'objectif à plus long terme de l'exécutif est d'interdire la vente de voitures essence et diesel dans le pays en 2030 — une échéance que la précédente majorité conservatrice avait décalée à 2035. Autrement dit : dans moins de cinq ans, tous les véhicules neufs vendus au Royaume-Uni devront être électriques. Avec un niveau actuel d'environ un sur cinq, cet objectif peut paraître très (trop ?) ambitieux. L'avenir le confirmera, ou non.