Aléna : ce que les Etats-Unis veulent renégocier avec le Mexique et le Canada

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La longue file des camions à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique au poste frontière de Tijuana, le 18 juillet 2017.
La longue file des camions à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique au poste frontière de Tijuana, le 18 juillet 2017. (Crédits : Reuters)
Même si le Canada est impliqué, la bête noire de Trump reste le Mexique avec lequel les Etats-Unis affiche un déficit commercial abyssal de 64 milliards de dollars, contre un excédent de plus de 1 milliard à l'origine, en 1994. Voici les principaux objectifs que Washington vient d'annoncer pour la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (Alena), à un mois du début des discussions.

L'administration Trump a dévoilé lundi ses objectifs pour la renégociation de l'accord nord-américain de libre-échange (Aléna*) avant le début des discussions qui devraient commencer à partir de la mi-août avec le Canada et le Mexique.

Pour mémoire, en avril, alors que des rumeurs laissaient entendre que les Etats-Unis allaient se retirer rapidement de l'Accord de libre-échange nord-américain, Donald Trump avait tenu à rassurer ses homologues mexicain Enrique Peña Nieto et canadien Justin Trudeau mais à la condition de renégocier rapidement l'accord "dans l'intérêt des trois pays", avait alors annoncé la Maison-Blanche.

Un déficit de 64 milliards de dollars avec le Mexique

Lundi soir, le représentant spécial au Commerce extérieur américain (USTR), Robert Lighthizer, a expliqué dans un communiqué que, depuis la signature de l'accord en 1994, la balance commerciale avec le Mexique est passée d'un excédent pour les Etats-Unis de 1,3 milliard de dollars à un déficit de 64 milliards de dollars.

Avec le Canada, l'autre partenaire de l'accord, "il y a des problèmes sur les produits laitiers, le vin, les céréales et d'autres produits", affirme l'USTR.

Numérique, social et environnement entrent dans le périmètre

Les objectifs des négociations vont par ailleurs comprendre un chapitre sur l'économie numérique et s'intéresser au volet social et environnemental de l'accord, qui sont pour l'instant traités en annexe.

L'administration Trump entend aussi "éliminer les subventions inéquitables et les pratiques des entreprises publiques, génératrices de distorsion sur les marchés".

A l'assaut des restrictions sur la propriété intellectuelle

Elle affirme qu'elle va également s'attaquer "aux lourdes restrictions" portant sur les droits de propriété intellectuelle, a-t-il ajouté.

L'USTR a indiqué que le gouvernement américain avait déjà lancé des consultations publiques, recevant "12.000 réponses" et entendu "140 témoins".

Fermetures d'usines américaines et lutte antidumping

"Le président Trump va tenir ses promesses de renégocier l'Aléna afin d'obtenir un bien meilleur 'deal' pour tous les Américains", a affirmé Robert Lighthizer. "Trop d'Américains ont souffert de la fermeture des usines, de l'exportation des emplois et des promesses politiques non-tenues."

Au cours de sa campagne électorale, le président Donald Trump avait multiplié les attaques contre le Mexique et contre l'Aléna, qu'il avait qualifié de "pire accord" de l'histoire et qu'il avait menacé de quitter purement et simplement.

| Lire : Aléna : vers un nouvel accord sans le Mexique ?

Il n'a toutefois pas mis sa menace à exécution et a préféré enclencher un processus de renégociation qui commencera au plus tôt à la mi-août et qui s'annonce épineux.

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(*) ou Nafta en anglais pour North American Free Trade Agreement, ou TLCAN en espagnol pour Tratado de Libre Comercio de América del Norte.

(avec AFP)

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a écrit le 18/07/2017 à 15:49 :
La finance pompe toutes les richesses que génère naturellement le libre échange afin de les entasser dans des endroits qui ne redistribuent rien du tout, il est donc logique qu'à terme les problèmes s'accumulent parce que ce que souligne trump vis à vis du dumpings social est totalement juste ce qu'il oublie de dire par contre c'est que lui et ses amis milliardaires en ont largement profiter et en profitent encore.

Nous avons exactement le même problème en europe, sous couvert de la loi européenne sur le travail détaché les investisseurs génèrent un dumping social qui a envahi l'europe de l'ouest, les profiteurs principaux étant trop puissants on les laisse tranquillement faire et ce depuis des années, depuis 2007 en fait quand ils nous ont imposé le traité constitutionnel que nous avions refusé par référendum.

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