Au Venezuela, les nouveaux billets toujours introuvables dans la rue

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Des billets de 100 bolivars sont entreposés dans une cagette. A partir de la semaine prochaine, ils ne seront plus utilisables.
Des billets de 100 bolivars sont entreposés dans une cagette. A partir de la semaine prochaine, ils ne seront plus utilisables. (Crédits : REUTERS/Marco Bello)
En dépit de l'arrivée d'une nouvelle cargaison de 35,5 millions de billets de 500 bolivars, les nouvelles coupures sont très peu utilisées. Pour le moment, elles ne représenteraient même que 5% du total des billets de 100 bolivars en cours de retrait de la circulation.

Retirés de la circulation progressivement en décembre, les billets de 100 bolivars peinent à être remplacés. Une troisième cargaison de 35,5 millions de billets de 500 bolivars, introduits pour lutter contre l'inflation galopante (475% en 2016 selon le FMI) est arrivée mardi au Venezuela, a annoncé la Banque centrale, mais ces nouvelles coupures restaient introuvables dans les rues. "710 caisses de billets de 500 bolivars viennent d'arriver, en provenance de Stockholm", a déclaré à la télévision d'Etat le vice-président de la Banque centrale, José Khan.

La mesure surprise annoncée par Nicolas Maduro au début du mois tourne au chaos monétaire, en raison du retard de livraison des nouveaux billets, créant une pénurie d'argent liquide, de larges files d'attente face aux banques et des heurts ayant fait trois morts officiellement. Face à la colère populaire, le président avait dû différer le retrait du billet de 100 bolivars. Ce dernier sera en vigueur jusqu'à mardi prochain, laissant ensuite place à une nouvelle série de billets allant de 500 à 20.000 bolivars, reflet de l'inflation vertigineuse.

"5% des billets" nécessaires

Mardi, ces nouvelles coupures restaient très minoritaires, malgré l'arrivée des cargaisons. "Rien de rien, pour l'instant je ne les ai pas vus", a raconté Nicolas Flores, 40 ans, vendeur ambulant de plats à emporter, dans une rue de Caracas. "Les billets qui sont arrivés représentent juste un peu plus de 5% de ceux qu'ils retirent de la circulation", a expliqué à l'AFP l'économiste Asdrubal Oliveros.

Le Venezuela, un pays pétrolier dont les finances se sont effondrées avec la chute des cours du brut, est en pleine tourmente, entre graves pénuries d'aliments et de médicaments et guerre politique entre le gouvernement socialiste et le Parlement contrôlé par l'opposition de centre droit.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 28/12/2016 à 12:15 :
Mais non c'est la faute des méchants yankees qui domine le monde et qui empêche la révolution bolivarienne d'amener le progrès social. Après l'ennemi intérieur, voila le complot des américains et consort capitaliste, toujours la même histoire de l'extrême gauche pour rechercher des boucs émissaires et excuser 20 ans de politique économique et sociale aberrante et conserver le pouvoir a tout prix. A méditer ici quand on entend les promesses farfelues des prétendants a l'Elysée.
a écrit le 28/12/2016 à 11:11 :
Merci pour ce rare article sur le Venezuela, un pays pourtant en pleine déconfiture.
De fait, en plus généralement, on dirait que la presse française se garde bien de commenter les effets destructeurs d'un régime populiste sur l'économie d'un pays.
Déjà parée pour la dictature ?
a écrit le 28/12/2016 à 10:27 :
Ce n'est pas la baisse du pétrole qui a mis le Venezuela dans la panade mais la gestion désastreuse de la manne pétrolière à l'époque où elle était abondante. Au lieu d'investir dans la diversification de l'économie Chavez et consorts a préféré la dilapider en programmes clientélistes. Avec des conditions comparables mais beaucoup moins de pétrole, la Colombie voisine, très bien dirigée, s'en sort très bien économiquement.

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