La crise politique au Bangladesh semble prendre fin avec l'arrivée au pouvoir du Prix Nobel de la paix Muhammad Yunus, qui devient chef du gouvernement intérimaire. Le pays est toutefois l'un des principaux exportateurs mondiaux de vêtements et ses principaux clients restent inquiets.Après plus d'un mois de manifestations contre son régime et sa réforme de la sélection des fonctionnaires, la Première ministre bangladaise Sheikh Hasina a été contrainte à la démission le 5 août dernier. L'arrivée du Prix Nobel de la paix Muhammad Yunus, appelé à la remplacer, semble mettre fin aux troubles qui ont secoué le pays d'Asie du Sud.
Le retour d'une partie des salariés du textile dans leurs ateliers apparaît comme l'un des principaux signes de ce retour au calme. Dès les premiers jours du mois d'août, le gouvernement d'Hasina avait mis en place un couvre-feu, contraignant ainsi les usines de prêt-à-porter à fermer leur porte, suscitant l'inquiétude des grandes marques d'habillement mondiales qui s'y approvisionnent.
Des pertes difficiles à évaluer
Difficile toutefois de chiffrer les pertes de ces dernières semaines pour le secteur. Avant le retour au calme qui a suivi la fuite de la Première ministre, l'Association des usines textiles du Bangladesh avait évalué un coût de 58,8 millions de dollars. Un chiffre ridicule au regard des 38 milliards de dollars de vêtements qu'exporte le pays à travers le monde chaque année. Ce jeudi 8 août, le président de l'association a finalement avancé un montant d'un milliard de dollars et demandé un prêt au gouvernement afin de verser les salaires de juillet.
« Je pense que ça n'aura aucun impact », balaie Jean-François Limantour, expert dans le marché du textile et spécialisé dans la stratégie de développement international. Pour Audrey Millet, chercheuse dans le domaine de l'écosystème de la mode, la situation est à comparer avec celle vécue en Birmanie - autre pays producteur de vêtements - après le coup d'état de 2021 :