Textile : vers un retour du chanvre dans nos armoires
Nathalie Jourdan et Olivier Mirguet
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En Normandie, la French Filature, spécialisée dans le lin, file désormais aussi le chanvre.
Natup Fibres
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En Normandie, la French Filature, spécialisée dans le lin, file désormais aussi le chanvre.
Natup Fibres
Il entre dans la composition de parpaings écolos, de crèmes de jour, de préparations culinaires ou d'huiles relaxantes. Depuis quelques années, le chanvre -cannabis sativa de son nom savant- se départit de sa réputation sulfureuse jusqu'à se réimplanter dans nos campagnes.
Avec quelque 20.000 hectares cultivés, la France est même devenue la première productrice européenne de cette plante libérienne, moins sensible que son cousin le lin aux épisodes de sécheresse et à qui l'on prête de superpouvoirs agronomiques. « La culture du chanvre est bonne pour les sols. Ses racines, puissantes et profondes, font remonter les minéraux. Cette plante est une solution écologique », vante par exemple Estelle Delangle, directrice dans l'Aube du pôle européen du chanvre.
Après avoir conquis le bâtiment et la cosmétique, chanvriers et transformateurs misent désormais sur le secteur du textile pour élargir leurs débouchés. Objectif : fixer dans l'Hexagone la totalité de la chaîne de valeur de cette filière naissante. Cela en prend le chemin. Ces deux dernières années, quelques pionniers ont élaboré avec succès de nouvelles méthodes de récolte et de première transformation. Un autre pas important a été franchi, il y a quelques semaines.
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Direction le riant village de Saint-Martin-du-Tilleul dans l'Eure. C'est là que la French Filature, filiale de la coopérative agricole Natup, est parvenue, pour la première fois sur le Vieux continent, à filer industriellement les fibres longues du cannabis sativa. Et ce sur les mêmes bobineuses que celles qui moulinent pour le lin. Un petit exploit, à écouter son président Karim Behlouli. « Cela fait au moins huit ans que les filateurs européens s'y essaient sans succès. Nous avons réussi à lever un verrou technologique ».
Ici, le chanvre est traité avec un procédé dit « au mouillé » qui confère au fil une très grande finesse adaptée au tissage ou au tricotage de vêtements et de linge de maison.
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