Blocus des ports ukrainiens : la Russie autorise un premier navire céréalier à livrer des « pays amis »

Un premier navire céréalier a été autorisé par la marine russe à quitter le port de Berdiansk à destination « de pays amis » d'après les autorités pro-russes de la région. D'autres cargaisons céréalières pourraient suivre dans les prochains jours, Berdiansk pouvant exporter jusqu'à « 1,5 million de tonnes » d'après la nouvelle administration locale. Les puissances occidentales exhortent toujours Moscou à lever le blocus militaire sur les ports ukrainiens où sont retenus des tonnes de céréales, dont le cours flambe et menace de faim des centaines de milliers de personnes.
Géant agricole, l'Ukraine était avant la guerre le quatrième exportateur mondial de blé et de maïs.
Géant agricole, l'Ukraine était avant la guerre le quatrième exportateur mondial de blé et de maïs. (Crédits : EDGAR SU)

Simple opération de communication ou début de la fin du blocus des ports ukrainiens ? Un premier navire contenant 7.000 tonnes de céréales escorté par la marine russe a quitté le port ukrainien de Berdiansk sur la mer d'Azov d'après les autorités locales pro-russes.

« Après plusieurs mois d'arrêt, un premier navire marchand a quitté le port commercial de Berdiansk, 7.000 tonnes de céréales partent vers des pays amis », a expliqué sur Telegram le chef de la nouvelle administration de la région nommée par Moscou Evguéni Balitski sans préciser la destination finale de la cargaison. Autrement dit, le Kremlin utilise les ressources pour conforter sa zone d'influence auprès de ses alliés. précisant que « la sécurité du navire cargo est assurée par les bâtiments et vedettes de la base militaire maritime de la flotte de la mer Noire de Novorossiisk ».

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 D'autres navires pourraient suivre dans les prochains jours. Un autre responsable des autorités mises en place par Moscou, Vladimir Rogov, a expliqué à l'agence russe Ria Novosti que 1,5 million de tonnes de céréales pourraient être exportées via ce port de Berdiansk qui permet d'accéder à la mer d'Azov puis à la mer Noire via le détroit de Kertch.

Ces annonces interviennent dans un moment de grande tension sur le marché des céréales. L'armée russe a fait des ressources céréalières un instrument de pression sur les puissances occidentales qui lui infligent des sanctions économiques. Les forces russes occupent d'importantes régions agricoles dans l'est de l'Ukraine où elle s'accapare des récoltes selon Kiev et détruisent des infrastructures agricoles. Surtout, Moscou impose un blocus en mer Noire qui empêche l'exportation de céréales depuis l'Ukraine, ce qui contribue à faire flamber les prix du blé et menace de faim des millions de gens dans le monde.

Condamnations internationales du blocus céréalier

La situation inquiète la communauté internationale. Le G7 a appelé lundi la Russie à autoriser les exportations de céréales depuis l'Ukraine pour éviter d'exacerber la crise alimentaire mondiale, dans une déclaration commune à l'occasion de leur sommet dans le sud de l'Allemagne.

« Nous appelons de toute urgence la Russie à cesser, sans condition, ses attaques contre les infrastructures agricoles et de transport et à permettre le libre passage des marchandises agricoles depuis les ports ukrainiens de la mer Noire », ont exprimé les dirigeants des sept pays.

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Lors d'une conférence internationale sur la faim dans le monde à Berlin vendredi dernier, l'Allemagne avait déjà accusé la Russie de prendre « le monde entier en otage » en utilisant la faim « comme arme de guerre », alors que le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell qualifie le blocage de céréales par la Russie en Ukraine de « crime de guerre ».

Début juin, Vladimir Poutine déclarait qu'« il n'y a pas de problème pour exporter les céréales d'Ukraine », dans une interview télévisée, évoquant plusieurs moyens d'exporter les céréales via des ports ukrainiens, d'autres sous contrôle russe ou via l'Europe centrale et orientale. Il avait affirmé que les Occidentaux faisaient du « bluff » en accusant Moscou d'empêcher les exportations de céréales d'Ukraine.

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Commentaire 1
à écrit le 30/06/2022 à 12:49
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Une fois que Poutine aura atteint son objectif, il n'y aura plus que la Russie qui produira du blé, sur les terres ex-ukrainiennes, et alimentera l'Afrique, etc, tous les pays amis, étant le bienfaiteur nourricier de la planète. C'est une crainte à a...

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