Blocus russe sur les céréales ukrainiennes : Kiev dénonce un « faux prétexte » de Moscou

Navires russes en mer Noire près de Sébastopol en Crimée
ALEXEY PAVLISHAK

Navires russes en mer Noire près de Sébastopol en Crimée
ALEXEY PAVLISHAK
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, est "profondément préoccupé" par la situation concernant l'accord sur les exportations de céréales ukrainiennes en mer Noire suspendu par la Russie, a indiqué dimanche son porte-parole dans un communiqué.
M. Guterres est engagé dans "d'intenses consultations" afin que la Russie revienne sur sa décision de suspendre l'accord qui est vital pour l'approvisionnement alimentaire mondial et a décidé, de ce fait, de reporter d'une journée son départ en vue de participer au sommet de la Ligue arabe à Alger mardi, a ajouté le porte-parole Stéphane Dujarric. Il s'est notamment entretenu avec le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, qui a appelé dans un tweet la Russie "à revenir à l'accord" permettant l'exportation de céréales ukrainiennes.
L'UE « exhorte la Russie à revenir sur sa décision » de suspendre l'accord sur les exportations de céréales des ports ukrainiens, vitales pour l'approvisionnement alimentaire mondial, a déclaré dimanche dans un tweet Josep Borrell.
Le président américain Joe Biden a jugé quant à lui la décision russe "scandaleuse".
Les inspections des cargos chargés de céréales ukrainiennes vont se poursuivre "aujourd'hui et demain" à Istanbul, a annoncé dimanche le ministère turc de la Défense, après que Moscou a suspendu sa participation à l'accord signé le 22 juillet en Turquie.
Selon le communiqué de l'ONU, le secrétaire général continue à travailler « au renouvellement de l'accord et sa pleine mise en oeuvre afin de faciliter l'exportation de nourriture et de pesticides d'Ukraine, ainsi qu'à la levée des obstacles restants à l'exportation de céréales et de pesticides russes ».
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L'Ukraine a dénoncé dimanche des exportations de céréales devenues "impossibles" du fait du blocus russe réinstauré par la Russie après sa sortie la veille de l'accord permettant leur acheminement, après une attaque sur sa flotte en Crimée, que Moscou a imputé à Kiev avec l'aide de Londres.
L'armée russe a assuré dimanche que cette attaque menée à l'aide de drones aériens et marins et qui a touché au moins un navire militaire russe en baie de Sébastopol avait notamment utilisé la zone sécurisée vouée au transport des céréales ukrainiennes. Elle a assuré avoir récupéré des débris d'engins et les avoir analysés.
Kiev a dénoncé samedi un "faux prétexte" et appelé la communauté internationale à faire pression pour que Moscou "respecte de nouveau ses obligations". Londres a démenti toute responsabilité dans l'attaque en Crimée et Washington et l'UE ont condamné le retrait russe de cet accord essentiel pour l'approvisionnement alimentaire mondial, conclu en juillet sous égide de l'ONU et de la Turquie.
Dimanche, le ministre ukrainien de l'Infrastructure Oleksandre Koubrakov a assuré qu'un navire chargé de 40 tonnes de céréales aurait dû partir d'Ukraine dimanche pour l'Éthiopie, « mais à cause du blocus du couloir céréalier par la Russie, les exportations sont impossibles ».
La Turquie, autre garant de l'accord, a assuré de son côté que les inspections de cargos déjà chargés de céréales et qui attendent à Istanbul allaient se poursuivre dimanche et lundi, mais "qu'aucun navire ne quittera l'Ukraine".
Selon le président Volodymyr Zelensky, ce sont en fait, au moins 176 navires transportant plus de deux millions de tonnes de céréales chargées en Ukraine qui sont bloquées par Moscou.
Le Centre de coordination conjointe chargé de superviser cet accord a confirmé qu'aucun mouvement de cargos n'avait été validé pour la journée de dimanche.
L'accord céréalier avait permis de débloquer des millions de tonnes de produits issus de l'agriculture coincés depuis des mois dans les ports ukrainiens du fait de l'invasion russe. Ces dernières semaines, la Russie avait multiplié les critiques du texte, soulignant que ses propres exportations souffraient du fait des sanctions.
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Moscou a assuré être prêt à remplacer les exportations ukrainiennes avec les siennes pour les pays pauvres et offert de leur donner gratuitement 500.000 tonnes de céréales dans les prochains mois.
(Avec AFP et Reuters)
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