Les greniers à blé russes seront bien remplis cet hiver : la production record de céréales en Russie

Vladimir Poutine a déclaré s'attendre à une récolte « record » de 150 millions de tonnes de céréales en Russie en 2022. Le président russe continue d'accuser les Occidentaux de faire obstacle à ses exportations via leurs sanctions en réponse à la guerre qu'il mène en Ukraine. Un blocage qui « risque de conduire à une crise alimentaire mondiale » selon lui.
D'après Vladimir Poutine, 138,7 millions de tonnes de céréales ont déjà été récoltées en Russie. Les estimations préliminaires pour 2022 s'élèvent déjà à 150 millions.
D'après Vladimir Poutine, 138,7 millions de tonnes de céréales ont déjà été récoltées en Russie. Les estimations préliminaires pour 2022 s'élèvent déjà à 150 millions. (Crédits : DR)

La Russie devrait confirmer en 2022 son statut de grande puissance céréalière, une année que Vladimir Poutine annonce déjà comme « record ».

« 138,7 millions de tonnes de céréales ont déjà été récoltées (...) et les estimations préliminaires (pour 2022) s'élèvent déjà à 150 millions, dont 100 millions de tonnes de blé. Ce sera un record dans l'histoire de la Russie », a déclaré le président russe ce mardi 27 septembre lors d'une réunion gouvernementale retransmise à la télévision.

De quoi confirmer les craintes de la France d'être concurrencée par la Russie sur les marchés exports avec des prix cassés. « Une arrivée massive du blé russe en deuxième partie de campagne ne peut pas être exclue », prévoyait il y a une dizaine de jours Marc Zribi, chef de l'unité grains et sucre de FranceAgriMer. « On attend une très forte présence du blé russe à l'export », ajoutait-t-il.

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La Russie, grande puissance céréalière, accuse depuis plusieurs mois les pays occidentaux d'entraver ses exportations de produits alimentaires et d'engrais, estimant que cette situation crée un risque pour la sécurité alimentaire mondiale.

Selon Moscou, si les sanctions prises par les États-Unis et l'Europe pour punir la Russie de son offensive contre l'Ukraine ne visent pas directement le secteur agricole russe, elles gênent le financement et l'écoulement des exportations en ciblant des banques et des sociétés de transport. « Les livraisons de nos céréales et de nos engrais à l'étranger restent (...) difficiles », a déploré le président russe. « Les sanctions contre la Russie risquent de conduire à une aggravation supplémentaire de la situation, à une crise alimentaire mondiale », a-t-il ajouté.

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Accusation contre désinformation

Pour Vladimir Poutine, cette crise alimentaire serait aussi causée par les Occidentaux. Le président russe n'a de cesse de critiquer l'accord dit de la « mer Noire », qui permet d'acheminer par bateau les céréales ukrainiennes dont dépendent nombre de pays du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord et qui avaient été stoppées par le conflit. Un accord qui a été conclu en juillet par la Russie et l'Ukraine et qui a été validé par les Nations unies et la Turquie.

D'après Vladimir Poutine, ces exportations ne vont pas vers les pays pauvres mais majoritairement vers des pays européens. « Les céréales d'Ukraine continuent de contourner les pays les plus pauvres. À la date du 23 septembre, seulement quatre navires sur 203 sont allés vers de tels pays », a-t-il affirmé ce mardi.

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Des accusations qu'il tient depuis plusieurs semaines déjà et auxquelles le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, a répondu la semaine dernière. « Contrairement à la désinformation en provenance de Moscou, ces céréales et autres produits alimentaires vont là où il le faut, soit aux pays les plus vulnérables, globalement dans le Sud », a-t-il assuré. Selon lui, cet accord a aussi permis de faire « baisser les prix » et « doit être reconduit, et urgemment ».

Menace pour la sécurité alimentaire des pays pauvres

Reste que, déjà précédemment affectés par la pandémie qui a fortement perturbé les circuits de distribution ainsi que par la crise climatique, les pays pauvres sont aujourd'hui lourdement impactés par les conséquences de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, qui contribue à aggraver les pénuries alimentaires.

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Selon un rapport américain du Conflict Observatory publié mi-septembre, environ 15% de la capacité de stockage de céréales de l'Ukraine a été perdue depuis le début de la guerre avec la Russie, provoquant des effets néfastes pour la sécurité alimentaire mondiale. Soit environ 8,5 millions de tonnes de céréales perdues. Sur les quelque 58 millions de tonnes en capacité de stockage en Ukraine, les Russes ont ainsi pris le contrôle de 6,24 millions et 2,25 millions ont été détruit, précise le rapport.

Ces pertes importantes remettent en cause la capacité de l'Ukraine à poursuivre son rôle de grenier à blé de nombreux pays, qui dépendent du pays pour leurs approvisionnements en blé, maïs et tournesol notamment. « Des millions de personnes dans le monde comptent sur les produits agricoles ukrainiens et sont directement touchés par la brutale hausse des prix sur le marché des matières premières, provoquée par des pénuries liées à l'invasion russe de l'Ukraine », peut-on encore lire dans ce rapport.

Selon le Conflict Observatory, ce manque de place complique le travail des agriculteurs ukrainiens, qui ont du mal à stocker leur récolte de cette année - et pourrait aussi les dissuader de semer pour la saison prochaine.

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(Avec AFP)

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Commentaires 2
à écrit le 27/09/2022 à 17:57
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Une excellente récolte par le pillage de l'Ukraine par les vandales russes...

à écrit le 27/09/2022 à 17:25
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La Russie est devenue la Suisse céréalière; gageons que la Suisse est toujours le coffre-fort et le terrain de jeux de ce qui reste des oligarches russes... et des privilégiés du monde communiste.

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