Ceta : avec l'échec belge, la signature du traité part-elle en fumée ?

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Paul Magnette, Ministre-président de la Wallonie.
Paul Magnette, Ministre-président de la Wallonie. (Crédits : FRANCOIS LENOIR)
Après l'échec d'une énième réunion de concertation entre les représentants des différentes régions et communautés linguistiques de Belgique, le gouvernement canadien a finalement annoncé mercredi soir le report du déplacement de la délégation canadienne à Bruxelles.

Depuis plusieurs jours, le gouvernement fédéral belge tente en vain de convaincre la région francophone de Wallonie, la Région de Bruxelles-Capitale et la "Communauté française" de revenir sur leur veto, qui bloque la signature du CETA par la Belgique et, en conséquence, par l'Union tout entière.

"Nous attendons toujours une réponse concrète de la part des entités fédérées", pour l'instant divisées sur le CETA, n'a pu que constater mercredi soir le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders.

Les parties doivent se retrouver jeudi "à 10h pour définir ce qui va être dit au niveau de la Belgique lors des réunions européennes", a ajouté le ministre fédéral belge, qui s'est refusé à parler d'"échec".

La Belgique doit envoyer sa position dans la foulée aux ambassadeurs des 27 États-membres de l'UE à Bruxelles qui se réuniront une heure plus tard.

"Les textes sont là. La seule chose que le gouvernement fédéral attend maintenant, c'est que les régions nous disent exactement quelle est leur réponse", a répété M. Reynders en sortant de la dernière session de concertation.

Justin Trudeau ne prendra pas l'avion jeudi pour Bruxelles

"Le Canada reste prêt à signer cet important accord quand l'Europe sera prête", a déclaré Alex Lawrence, porte-parole de la ministre du Commerce, Chrystia Freeland.

Cameron Ahmad, porte-parole du Premier ministre canadien, a indiqué que "la délégation canadienne" n'irait pas au sommet censé se tenir jeudi. Le bureau de Justin Trudeau avait confirmé peu de temps avant que le Premier ministre resterait finalement à Ottawa pour des "rencontres privées".

"On le regrette, mais ce ne sera pas possible de tenir le sommet demain", a lancé le ministre-président de la région francophone de la Wallonie, le socialiste Paul Magnette, chef de file des opposants au CETA, en quittant, laconique, la réunion.

"Je garde un bon espoir qu'il est possible de trouver un accord intra-belge et avec la Commission européenne afin de pouvoir soumettre une position belge aux autres pays membres de l'Union européenne", a renchéri de son côté Oliver Paasch, le ministre-président de la communauté germanophone.

"Au-delà de la date de signature, ce qui est important c'est que la Belgique trouve un accord", a estimé Jean-Claude Juncker devant le Parlement européen mercredi à Strasbourg. Quoi qu'il en soit, le Canada, lui, est disposé à "signer cet accord important lorsque l'Europe sera prête", a réitéré mercredi soir la ministre du Commerce international, Chrystia Freeland.

Et plus tôt au Parlement à Ottawa Justin Trudeau s'était dit "optimiste" sur les chances de trouver "une issue positive à cet accord historique"

(Avec l'AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 31/10/2016 à 23:30 :
Bravo les gaulois belges ,vous nous avez redonné de l'espoir ,vous avez pris le chemin que nous aurions dû prendre ,mais la France est elle toujours la France?
a écrit le 27/10/2016 à 12:37 :
Il a dit à Trudeau "fume, c'est du belge". Ceci mis à part, des rapports commencent à émerger au Canada, pour dire qu'après 1 an au pouvoir, Trudeau semble être un clown médiatique plutôt qu'autre chose :-)
a écrit le 27/10/2016 à 12:35 :
Ce que nous ne voulons pas: Nous ne voulons pas de cour internationale d'arbitrage qui serait au dessus des états, comprenez nous bien, nous ne voulons pas d'autorité privée au dessus des états qui auraient le pouvoir invraisemblable de pouvoir faire condamner un état au nom d'intérêts privés . Alors MERCI à la Wallonie de stopper la fuite en avant de la dérégulation néolibérale , qui n'a rien à voir avec le libéralisme, (lisez Catherine Audard) L'idéologie néolibérale a pour mot d'ordre "plus on dérégule plus on crée de richesses" . Cela a fonctionné un peu au siècle dernier , mais aujourd'hui cela n'a plus de sens, cela crée des bulles délirantes, cela construit une économie purement spéculative qui nuit aux vrais investissements , à ce qu'ils appellent eux-mêmes 'l'économie réelle". Les combines à cash délirantes que les néolibéraux ont inventé sont : les produits dérivés, les effets de levier (x200 !) le high frequency trading, et le plus grand détournement fiscal de l'histoire , les "paradis fiscaux" , tout cela n'a aucun rapport avec l'économie réelle , ni avec l'économie tout court, ce sont des combines à cash ! La solution des néolibéraux? encore déréguler! Non messieurs la route néolibérale est terminée , le Big krach obligataire se rapproche nous attendons juste sa date , l'utilisation de la planche à billets ( les QE) a toujours fini très très mal . Alors MERCI aux Wallons de stopper le délire néolibéral , instaurer des tribunaux au dessus des états est une folie pure qui ne doit pas devenir réelle ...
a écrit le 27/10/2016 à 11:17 :
TOUS CES ACCORDS COMMERCIAUX SONT CONTREGNIENT POUR CERTAIN PAYS QUI ONT BESOIN DE SE PROTEGE CELA SE COMPREND. ?MAIS CETTE GRISE DE BLOQUAGE D UN ACCORD PAR UN SEUL PAYS PROUVE ENCORE UNE FOIS QUE L EUROPE FONCTIONNE TRES MAL ET NE PEUT PAS AVANCE? IL FAUT REVOIR LA DEMOCRATIE EUROPEENE QUI NE PEUT CONTINUEZ COMME CELA? ET CELA FAIT QUINZE ANNEES QUE CELA DURE???
a écrit le 27/10/2016 à 10:34 :
L'oligarchie à peur, les peuples européens soufflent, mais connaissant l'oligarchie européenne ils nous le mettrons forcément dans l'os.

C'est ça la démocratie européenne.

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