Chine : l'inflation a légèrement augmenté et atteint son plus haut depuis six mois
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Produits fromagers exposes dans la section laitiere d'un supermarche a pekin, en chine. /photo prise le 13 juin 2024/reuters/florence lo
Florence Lo
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Produits fromagers exposes dans la section laitiere d'un supermarche a pekin, en chine. /photo prise le 13 juin 2024/reuters/florence lo
Florence Lo
Alors que les grandes économies mondiales luttent depuis des mois contre la flambée des prix, la Chine, elle, mène le combat inverse. Et l'a légèrement gagné en août, avec une inflation en augmentation. L'indice des prix à la consommation (CPI), principale jauge, a été de +0,6% sur un an, contre +0,5% en juillet, selon les données du Bureau national des statistiques (BNS) publiées ce lundi. Un chiffre toutefois en dessous des attentes des analystes sondés par l'agence Bloomberg, qui tablaient sur +0,7%.
Ce niveau est surtout le plus élevé depuis février, où la Chine est sortie de déflation. La déflation est l'opposé de l'inflation : elle correspond à la baisse des prix des biens et services, synonyme d'économie qui tourne au ralenti. La Chine y avait plongé durant quatre mois à partir de la fin 2023, avec en janvier la plus forte contraction des prix à la consommation depuis 14 ans.
En rythme mensuel, le CPI a grimpé de +0,4% en août, contre +0,5% le mois précédent, alors que les analystes anticipaient en moyenne une hausse de +0,5%.
Par ailleurs, le BNS a aussi publié ce lundi l'indice des prix à la production. Celui-ci a de nouveau baissé en août (-1,8%), pour le 23e mois consécutif. Il a fortement chuté par rapport à juillet, où il s'était établi à -0,8%, et bien plus d'ailleurs que ce qu'attendaient les analystes (-1,4%). Or cet indice, qui mesure le coût des marchandises sorties d'usines, donne également un aperçu de la santé de l'économie.
Force est donc de constater, une nouvelle fois, que la deuxième économie mondiale et première puissance économique asiatique est en souffrance. La croissance de l'Empire du milieu est convalescente depuis la levée fin 2022 des mesures anti-Covid. Ces dernières avaient lourdement pénalisé l'activité. Le Parti communiste chinois (PCC) au pouvoir s'est donc engagé à relancer la consommation, un des moteurs de l'économie chinoise. Mais la crise du secteur immobilier, les tensions commerciales, le taux de chômage élevé chez les jeunes (17,1% en juillet) et les incertitudes liées à la conjoncture ne font que la fragiliser.
Pour tenter de redresser la barre, les autorités chinoises multiplient les initiatives. L'été dernier, la banque centrale a baissé différents taux dans l'espoir de relancer l'activité. Ainsi le LPR à un an, qui constitue la référence des taux les plus avantageux que les banques peuvent offrir aux entreprises et aux ménages, est passé de 3,45% à 3,35%. Et le taux pour les prêts à moyen terme aux établissements financiers (MLF) a été abaissé de 2,5% à 2,3% fin juillet - une réduction inattendue et la plus importante depuis avril 2020.
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En parallèle, le gouvernement a présenté début août un plan de 20 mesures pour stimuler la consommation des ménages. Il prévoit notamment des réductions d'impôts sur le revenu mais aussi une augmentation de l'offre de services de soins aux personnes âgées et en matière de garde d'enfants, entre autres.
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L'objectif avec toutes ces mesures est simple, sur le papier : atteindre une croissance du produit intérieur brut (PIB) de +5% en 2024. Ce taux ferait rêver nombre de pays, mais il reste pour le géant asiatique bien loin de l'expansion fulgurante qui l'a propulsé ces dernières décennies vers les sommets de l'économie mondiale (+10% en moyenne entre 1980 et 2010). Pire encore : cette ligne de mire est considérée comme ambitieuse par de nombreux experts. Car la croissance de la Chine a été plus faible que prévu au cours du deuxième trimestre (+4,7% sur un an). Et les dernières données publiées cet été vont aussi dans le sens d'un ralentissement au troisième trimestre.
(Avec agences)
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