La dette publique pourrait frôler les 190 % du PIB d’ici 2050 à politique inchangée, selon le scénario central du Haut-Commissariat au Plan. Un sévère avertissement pour les candidats à la présidentielle de 2027.À quoi la dette et le déficit de la France pourraient-ils ressembler en 2050 ? C’est à cette question sensible que le Haut-Commissariat à la stratégie et au plan (HCSP) a tenté de répondre dans une note présentée ce jeudi 16 juillet. Et les scénarios tracés par les économistes sont alarmants, quelles que soient les hypothèses retenues.
À politique inchangée, le scénario central repose sur une trajectoire de dette en pourcentage du PIB de 186 % d’ici à 2050 contre 116 % fin 2025. Le déficit pourrait alors se creuser à 6,2 % en 2035 et 8,3 % en 2050. Dans une projection favorable, la dette rapportée au PIB bondirait à 146 %. À l’opposé, le scénario le plus sombre aboutit à une dette à 245 % du PIB d’ici à 25 ans. « On voit bien le risque de grave dérive, voire de perte de contrôle des finances publiques. Ce sont des chiffres préoccupants », a martelé Clément Beaune, haut-commissaire à la stratégie et au plan, lors d’un point presse.
En plein débat sur le budget 2027 et à quelques mois de la présidentielle, cet exercice de scénario inédit pourrait peser sur les programmes des candidats engagés dans la course à l’Élysée.
Vieillissement de la population et changement climatique
Comment expliquer une telle spirale ? Les économistes retiennent principalement le vieillissement de la population française qui contribuerait de manière négative (-1,4 point de PIB) au déficit public. Les dépenses de santé pourraient bondir d’un point de PIB sur les 25 prochaines années, notamment en raison des affections de longue durée et des pathologies chroniques. Quant à l’autonomie, ses dépenses pourraient augmenter de 0,4 point de PIB, passant de 1,1 % à 1,5 %.