Chine : l'inflation grimpe sur fond de flambée des prix du porc

L'inflation en Chine a augmenté en juin, selon des données officielles publiées samedi, en raison de la hausse des prix des denrées alimentaires et notamment de la viande de porc, la plus consommée dans le pays.
(Crédits : Jason Lee)

Alors que la Chine a été relativement épargnée par la flambée mondiale des prix des produits alimentaires provoquée par la guerre en Ukraine, cette relative stabilité pourrait être compromise. En effet, l'inflation a augmenté en juin dans la deuxième économie mondiale, selon des données officielles publiées samedi. En cause : la flambée des prix de la viande de porc, la plus consommée dans le pays.

En juin, l'indice CPI ("Consumer Price Index") - mesurant l'inflation dans le commerce de détail - a ainsi augmenté de 2,5% en glissement annuel, conformément aux attentes des analystes. Il a baissé de 0,2 % par rapport à mai en raison d'une baisse des prix de la plupart des aliments, à l'exception du porc.

Si les prix des fruits et légumes frais, des œufs et des fruits de mer ont diminué, grâce à "une offre accrue et à l'amélioration de la logistique", selon le Bureau national des statistiques, "les prix du porc ont continué à augmenter de 2,9%" en raison de "la stabilisation de la pandémie et de l'augmentation de la demande des consommateurs".

L'inquiétude est telle que les autorités chinoises envisagent de puiser dans les réserves nationales de porc pour stabiliser les prix, qui ont bondi le mois dernier de plus de 30% sur un an.

Pour faire baisser les cours, le gouvernement remet ponctuellement sur le marché des stocks de porc, notamment pendant les périodes pic de la demande comme au Nouvel An lunaire. Et pour cause, les autorités gardent un œil attentif sur les cours, depuis qu'une épidémie de peste porcine a décimé le cheptel chinois en 2019. Il y a quelques jours, elles ont ainsi pressé une douzaine de grands éleveurs porcins d'abattre leur cheptel à un rythme régulier, les mettant en garde contre la spéculation et les prix artificiellement gonflés.

L'inflation des prix à la production ralentit

Néanmoins, l'augmentation des prix à la production a globalement ralenti le mois dernier à son rythme le plus faible en 15 mois, alors que les restrictions liées à l'épidémie de coronavirus ont pesé sur la demande et que les ventes de métaux ferreux ont pâti des craintes d'une récession mondiale.

En effet, l'indice PPI des prix à la production - mesurant le coût des marchandises sorties d'usine - a augmenté de 6,1 % par rapport à l'année précédente, un peu moins que les chiffres de mai (6,4%). Mais davantage toutefois que les prévisions des analystes, qui tablait sur une hausse de 6 %. Par ailleurs, l'indice des prix à la consommation (CPI) a augmenté de 2,5% sur un an en juin, contre une hausse de 2,1% en mai. Le consensus ressortait à +2,4%.

Les variations des cours internationaux du brut "ont entraîné une hausse des prix dans les industries nationales connexes", explique-t-on au Bureau national des statistiques. Parmi lesquelles les industries d'extraction et de traitement des combustibles fossiles. Cependant, les prix ont chuté dans les secteurs de l'acier, du ciment en raison de la baisse de la demande et du "ralentissement de la croissance des investissements".

(Avec agences)

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Commentaires 6
à écrit le 10/07/2022 à 17:07
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Qui peut croire les chiffres officiels chinois … quand sur les marchés / commerces l’homme de pekin ou Shanghai constate 5 a 10% d augmentation …..selon les produits … c est pas la guerre en Ukraine qui en est responsable c est le décrochement dès l’...

à écrit le 09/07/2022 à 17:07
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En pareil cas, la logique voudrait que l'Etat français encourage nos éleveurs à vendre du porc en Chine. Mais la Commission fera tout pour que ce soit compliqué ou impossible, sauf si elle reçoit l'autorisation de Biden.

à écrit le 09/07/2022 à 13:41
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Pauvres animaux....moi je ne mange plus de viande depuis des années....et je ne vais pas plaindre les chinois, ils mangeaient leur propre m......si ils pouvaient. Les animaux en chine c'est l'enfer.

à écrit le 09/07/2022 à 11:51
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Vu que l'obésité gagne du terrain notamment chez les asiatiques de petite taille, la Chine ferait mieux de soutenir la consommation de volaille contenant une proportion plus faible d'acide gras saturé que porc, boeuf ou mouton...

le 09/07/2022 à 19:18
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….et le pangolin? C’est facile,je sais!😜

à écrit le 09/07/2022 à 11:26
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Le porc, on peut s'en passer surtout le porc industriel qui est un désastre écologique, sanitaire, gustatif. Le problème de la Chine est sa population qui nécessite des quantités astronomiques de porcs et de nourriture en général. Pourvu que ça dur...

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