Chine : le nombre de grèves a doublé en un an

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Les autorités chinoises mènent une campagne de répression dans le sud du pays, où l'interdiction de toute activité syndicale indépendante et le ralentissement économique exacerbent les tensions sociales.
Les autorités chinoises mènent une campagne de répression dans le sud du pays, où l'interdiction de toute activité syndicale indépendante et le ralentissement économique exacerbent les tensions sociales. (Crédits : Reuters)
Le nombre de mouvements sociaux a quasiment doublé en un an. Avec les fermetures d'usines et les relocalisations en réponse à une hausse des salaires, de nombreux travailleurs se retrouvent avec des mois de salaires impayés.

Effervescence dans le monde ouvrier en Chine. Entre janvier et novembre, on dénombre 2.354 grèves ou mouvement de protestations de travailleurs. Elles ont quasiment doublé comparativement à celles recensées en 2014 (1.207), a indiqué le China Labour Bulletin, une ONG basée à Hong Kong.

Et novembre a été le mois le plus agité, assure l'ONG. Durant cette période, 301 grèves et incidents ont été dénombrés. Plus qu'en janvier, alors que traditionnellement, ce mois précédant le nouvel an chinois. connait un pic traditionnellement, note le China Labour Bulletin. Dans le détail, le mois dernier, les secteurs où les mouvements de travailleurs ont été les plus nombreux sont la construction avec 133 mouvements observés, devant l'industrie manufacturière (91) .

Grèves et mouvements de travailleurs en CHine

Localisation et nombre de mouvements sociaux recensées par le China Labour Bulletin de janvier à décembre 2015. Pour visualiser la carte interactive, cliquez ici.

"Les ouvriers sont laissés sur la touche"

Cette montée des tensions sociales survient notamment car les"usines ferment ou sont relocalisées ailleurs", note l'ONG, sur fonds le ralentissement économique chinois. Selon Caixin, l'emploi industriel recule depuis 25 mois. Et en septembre, l'activité industrielle était au plus bas depuis 2009, selon l'indice Markit et a connu une lègere remontée depuis.

Ainsi, de nombreuses usines se relocalisent en Asie du sud-est où les coûts du travail sont moins élevés, en particulier au Vietnam, dans les Philippines et le Bangladesh. Résultats : "les ouvriers sont laissés sur la touche, avec des mois de salaires impayés, sans aucune indemnité", explique China Labour Bulletin.

Ces dernières années, la hausse des salaires a été forte notamment dans des endroits stratégiques pour l'industrie chinoise. Comme le note Libération, par exemple la hausse des salaires pour un ouvrier non qualifié a été multipliés par trois en dix ans au Guangdong, province surnommée "l'atelier du monde", principal foyer de la production manufacturière chinoise.

Arrestations de militants

Face à ces mouvements, les autorités chinoises mènent une politique répressive. La police chinoise a arrêté au moins trois éminents militants des droits des travailleurs au début du mois, dans le cadre d'une campagne menée dans le sud du pays, où l'interdiction de toute activité syndicale indépendante et le ralentissement économique exacerbent les tensions sociales.

Zeng Feiyang, directeur d'un centre d'aide aux travailleurs migrants, et Zhu Xiaomei, une activiste de longue date, ont été déclarés vendredi 5 décembre en état d'arrestation par la police de Canton, a indiqué China Labour Bulletin.

Ces deux figures reconnues se battent activement pour aider des ouvriers -notamment des migrants venus des zones rurales- à obtenir de leurs employeurs le versement de salaires impayés, primes ou cotisations sociales garanties par le droit chinois.

Les autorités "voient ces protestations comme une menace pour l'ordre social" note Anita Chan, spécialiste des mouvements sociaux, interrogée par le Wall Street Journal.

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Commentaires
a écrit le 15/12/2015 à 17:01 :
Nous accordons à la Chine un programme spécial pour entrer dans la modernité comme dirait l'autre, pour le moment le pays n'est redevable que d'à peine plus de 53% de contreparties à ses exportations dans la lignée d'une longue progression. Comme tout le monde peut le constater nous subissons les effets de cette facilité, particulièrement nos petites entreprises puisque seules les grandes bénéficient des contreparties. Pourtant le gouvernement américain comme celui des européïstes, réunis dans une politique dite des "blocs caucasiens" compte augmenter encore la pression pour accompagner la Chine dans son émergence. Il reste 14 ans de pression forte, ensuite, théoriquement, la Chine sera devenue une nation à part entière assumant ses entières obligations dans le commerce mondial. Les chinois pour obtenir ces avantages et en partie parce que c'est une réalité ont tout intérêt à nous montrer que chez aux aussi "ça chauffe" comme le fait cet article. D'ici la normalisation, la libéralisation du yuan par rapport au dollar va permettre une dévaluation considérable de cette devise, environ 25%, afin d'augmenter les exportations (ajoutées de la production de nouvelles populations urbanisées dans le pays, plusieurs centaines de millions de personnes) et de réduire les obligations d'importations du pays. Ce mouvement s'accompagne de la montée en qualité des productions chinoises qui adressent désormais de nouveaux segments de production. La baisse du pétrole est alors fortement nécessaire pour amortir une partie si petite soit-elle de l'énorme choc. On comprend également la difficulté de la Fed pour augmenter les taux qui amplifieraient la casse, mais comment prétendre aider en freinant la main qui donne. Nous connaîtrons demain la résultat de ce choix cornélien, si peu économique. Bien entendu je préconise qu'ils ne soient pas augmentés. Cet accompagnement occidental à la Chine se veut un remerciement nécessaire aux années de blocage "communiste" qui ont sorti le pays du commerce mondial et évité à nos entreprises de l'avoir comme concurrent. Pour réchauffer ce gel de connivence du passé, on fait brûler nos entreprises d'aujourd'hui et comme tout cela n'est pas bien catholique on s'en doute, il est pris soin de ne leur parler de rien.

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