Cigarette électronique: pourquoi vapoter est-il dangereux pour la santé selon l'OMS
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Le vapotage consiste à inhaler des vapeurs créées par le chauffage à haute température d'un liquide à l'intérieur de la cigarette électronique.
Les liquides contiennent, la plupart du temps, de la nicotine, substance fortement addictive qui peut affecter le développement du cerveau avant 25 ans et, selon certaines études, avoir un effet néfaste sur celui des adultes. En revanche, ils n'incluent pas de nombreuses substances dangereuses que l'on trouve lorsque l'on fume du tabac, comme le goudron (cancérigène) ou le monoxyde de carbone (facteur de maladies cardiovasculaires).
Mais la vapeur contient des particules fines qui pénètrent les poumons. Il y a de "nombreuses substances potentiellement toxiques", a conclu un rapport des Académies américaines des sciences, publié en 2018. Parmi elles, des métaux (nickel, plomb...) venant probablement de la bobine utilisée pour chauffer le liquide. Et des additifs considérés sûrs dans l'industrie agroalimentaire, mais liés à des maladies pulmonaires ou non étudiés sous leur forme vaporisée.
Il faudra toutefois attendre des études sur plusieurs décennies pour avoir la certitude des effets à long terme de ces substances sur les cellules du corps.
Les chercheurs ont peu de recul sur les cigarettes électroniques, vendues depuis le milieu des années 2000. Pour les personnes qui fument déjà, le consensus scientifique actuel est que remplacer la cigarette par le vapotage est moins nocif: la nicotine reste, mais les substances cancérigènes présentes dans les cigarettes ne sont plus inhalées.
L'OMS se montre plus prudente, prenant pour référence son rapport datant de 2014: "les SEAN (système électroniques d'administration de nicotine) sont probablement moins toxiques que les cigarettes mais il n'y a pas assez de preuves pour quantifier le niveau précis de risque", estime l'organisme international.
L'inquiétude vis-à-vis de ces produits concerne aussi leur adoption par des non-fumeurs, notamment les adolescents, cible du marketing de nombreuses marques. Plusieurs études montrent que les jeunes non-fumeurs qui se mettent au vapotage sont plus susceptibles de se mettre ensuite à fumer.
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Autre point de discorde: ces dispositifs aident-ils vraiment à arrêter le tabac ? Une étude britannique publiée en février dans le New England Journal of Medicine a observé que les e-cigarettes étaient plus efficaces que les patchs, gommes et autres produits de substitution. Mais on n'a pas encore assez de preuves, selon l'OMS, qui cite trois synthèses de 2016 et 2017. La possibilité que les vapoteuses jouent un rôle dans l'aide au sevrage tabagique "n'est pas claire" et diffère probablement selon les types d' e-cigarette, conclut l'organisme.
Pour toutes ces raisons, l'OMS ne fait pas figurer ce dispositif parmi l'arsenal recommandé pour arrêter le tabac et juge qu'il ne doit pas être promu comme tel tant qu'on ne dispose pas de plus de données. Cette position fait bondir les fabricants de e-cigarettes, qui parlent de "désinformation", mais aussi certains spécialistes de la lutte contre le tabac, qui défendent l'efficacité de la cigarette électronique.
Selon Santé publique France, près de la moitié des vapoteurs français en 2017 continuaient à fumer des cigarettes, tous les jours (40%) ou occasionnellement, une proportion toutefois en nette baisse par rapport à 2017.
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Le ministère de la Santé français, qui a fait de la lutte contre le tabac une priorité, s'est toujours montré prudent sur la question, attribuant plutôt la récente baisse du nombre de fumeurs à l'augmentation des prix, au remboursement des patchs et gommes et à l'opération Mois sans tabac.
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