Climat : John Kerry appelle à une nouvelle « coopération » entre les États-Unis et la Chine

Le réchauffement climatique exige « une nouvelle définition de la coopération » entre la Chine et les États-Unis, a plaidé ce mardi à Pékin l'émissaire américain pour le climat John Kerry. Ce alors que des vagues de chaleur touchent en ce moment de nombreuses régions du monde. Le dialogue entre les deux grandes puissances mondiales au sujet du climat reprend ainsi doucement, après avoir été interrompu il y a près d'un an. De façon générale, leurs relations diplomatiques se réchauffent après plusieurs mois de refroidissement.
John Kerry, l'émissaire américain pour le climat, est en visite en Chine jusqu'à mercredi pour tenter de relancer les discussions à ce sujet.
John Kerry, l'émissaire américain pour le climat, est en visite en Chine jusqu'à mercredi pour tenter de relancer les discussions à ce sujet. (Crédits : FLORENCE LO)

À Pékin pour relancer le dialogue entre la Chine et les États-Unis au sujet du climat, la visite de John Kerry intervient alors que l'impact du changement climatique se fait particulièrement ressentir dans le monde, avec des vagues de chaleur un peu partout sur le globe. Y compris en Chine : un record de température a ainsi été franchi dans la région semi-désertique du Xinjiang (ouest) avec 52,2°C enregistrés dimanche.

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L'émissaire américain pour le climat, arrivé dimanche en terres chinoises, a rencontré ce mardi le plus haut responsable du pays pour la diplomatie, Wang Yi. Les deux hommes se sont serré la main et ont échangé quelques mots avant d'entamer une réunion au Palais du peuple, un imposant bâtiment qui domine la place Tiananmen.

« Le climat, vous le savez, est un problème mondial, pas un problème bilatéral. C'est une menace pour l'humanité », a déclaré John Kerry à son interlocuteur.

Il a appelé à une « action urgente » en matière de climat entre la Chine et les États-Unis, les deux plus gros émetteurs de gaz à effet de serre de la planète. « Nous (Américains) espérons que cette rencontre marquera le début d'une nouvelle définition de la coopération (en matière de climat) et de la capacité à résoudre les différends qui nous opposent », a insisté John Kerry.

Sur la même longueur d'onde

Une vision partagée vraisemblablement par Wang Li. « La coopération sur le changement climatique progresse entre la Chine et les États-Unis, et nous avons donc besoin du soutien conjoint des peuples des deux pays », a-t-il affirmé. « Il faut une relation saine, stable et durable entre la Chine et les États-Unis », a-t-il cependant prévenu.

John Kerry a ensuite été reçu par le Premier ministre chinois, Li Qiang, qui a tenu des propos dans la droite lignée du plus haut responsable chinois pour la diplomatie. « Tous les pays du monde, y compris la Chine et les États-Unis, doivent renforcer la coopération, former un consensus, et accélérer les réponses » face au changement climatique, a-t-il souligné.

« Nous pouvons maintenant, je l'espère, faire des progrès d'ici à la réunion de décembre aux Émirats arabes unis de la COP28 », lui a assuré John Kerry, en référence à la prochaine conférence de l'ONU sur le climat à Dubaï.

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 « La visite de John Kerry et la reprise des échanges sur le climat soulignent l'importance cruciale des efforts coordonnés pour faire face à la crise climatique », explique Chunping Xie, chercheur à l'Institut de recherche Grantham sur le changement climatique et l'environnement. « Cela est également la preuve de leur détermination commune à naviguer dans une relation géopolitique complexe pour promouvoir le bien commun », poursuit-elle, dans une réponse écrite à l'AFP.

Le charbon et le méthane au cœur des débats

John Kerry a enchaîné les rencontres depuis son arrivée en Chine dimanche. Lundi, il s'est entretenu pendant quatre heures avec son homologue chinois Xie Zhenhua, selon la télévision d'État CCTV. Washington et Pékin « doivent prendre des mesures urgentes sur un certain nombre de fronts, en particulier en ce qui concerne la pollution par le charbon et le méthane », avait-il ensuite souligné sur Twitter.

Le président Xi Jinping a déjà assuré que son pays réduirait son recours au charbon dès 2026. Mais les autorités chinoises ont depuis donné leur feu vert à une nouvelle hausse de la capacité de production d'électricité à partir du charbon, faisant planer le doute sur le respect de ses objectifs en matière de climat.

Des relations qui se réchauffent

Le dialogue entre les deux grandes puissances mondiales au sujet du climat avait été interrompu il y a près d'un an. La Chine l'avait suspendu pour protester contre le déplacement à Taïwan de Nancy Pelosi, alors présidente de la Chambre des représentants des États-Unis. L'ambiance semble désormais à la reprise des échanges, même si Washington veut afficher sa fermeté dans ce domaine.

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En parallèle, les relations entre les deux pays se sont notoirement dégradées en raison notamment de différends dans les échanges commerciaux sur fond de rivalité technologique. L'administration américaine du président Joe Biden a imposé l'an dernier des restrictions à l'exportation vers la Chine de semi-conducteurs et composants technologiques américains. Elle maintient par ailleurs des surtaxes douanières imposées par l'ancienne administration de Donald Trump sur des centaines de milliards de dollars de produits exportés par la Chine vers les États-Unis. La Chine a répliqué début juillet en dégainant ses propres mesures, à savoir l'imposition de restrictions sur les exportations de deux métaux rares dont elle est le principal producteur et indispensables pour les semi-conducteurs.

Pour tenter de réchauffer les relations diplomatiques, les visites de hauts responsables américains se sont multipliées ces dernières semaines. Le secrétaire d'État américain Antony Blinken y est ainsi allé en juin, puis la secrétaire américaine au Trésor Janet Yellen début juillet.

(Avec AFP)

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Commentaire 1
à écrit le 19/07/2023 à 8:26
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Ben déjà franchement avec la crise économique qu'ils nous imposent au monde ils sont plus efficaces que toutes les cop réunies qui génèrent plus de GES à inviter aux frais de la princesse des dirigeants peu éclairés et grassouillets qu'il faut nourri...

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